Allemagne : l’aide à la Grèce fait débat

Le Professeur Dr. Wilhelm Hankel

22/07/2011 – 10h00
BERLIN (NOVOpress) — Outre-Rhin, les mesures visant au renflouement de l’économie grecque ne sont pas seulement sujettes à controverse sur le plan politique, mais aussi sur celui de leur légalité. La cour de justice constitutionnelle allemande étudie actuellement la question. Les chances pour le ministre des finances Wolfgang Schäuble de sortir indemne de cette procédure sont plutôt minces, car l’examen se fera à l’exclusion de toute argumentation économique.

Wolfgang Schäuble, un ministre sur la sellette
Wolfgang Schäuble, un ministre sur la sellette

Un de leurs opposants notoires et aussi plaignant devant la cour de justice est un éminent professeur d’économie, le Docteur Wilhelm Hankel (photo ci-dessus).

Selon lui, “l’argument du ministre des Finances qui a agit de sa propre initiative en prétextant une situation d’urgence ne tient pas. Il avoue d’ailleurs, toujours selon Hankel, avoir passé outre les traités européens. Ceux-ci interdisent en effet les subventions entre états membres. Il s’y rajoute en droit privé l’obstruction de la faillite et en ce qui concerne le ministre, il ne s’agit pas d’une entreprise privée, mais d’un état, la Grèce, dont la solvabilité est arrivée à son extrême limite.”

D’après Wilhelm Hankel, la faillite de l’État grec était déjà évidente il y a un an. “La politique européenne n’a pas voulu l’accepter et envoya des milliards d’argent public vers le sud. Mais les marchés financiers ne se laissèrent pas duper. La Grèce et ses créanciers ne pourront faire autrement que de réduire la dette : il est clairement question d’en annuler une partie.”

Un des juristes constitutionnels rajoute que Schäuble a non seulement ignoré l’intérêt de ses concitoyens, mais aussi l’avis du Parlement. “Le ministre, dit Hankel, a engagé des centaines de milliards sur des années pour des aides dont il ne peut pas même prouver qu’elles sont nécessaires, et à qui elles profitent. Le Parlement, ignoré, n’a pu exercer son devoir de contrôle que de manière insatisfaisante. Comment expliquer autrement que Schäuble soit  encore à son poste ?” Hankel affirme qu’avec un tel dossier, tout ministre serait déjà mort politiquement en tout autre pays que l’Allemagne, et que cela pourrait également affaiblir voire faire tomber Angela Merckel.

Si les mesures d’aide à la Grèce sont devenues un sujet de politique intérieure de premier plan en Allemagne, des doutes s’installent quant au devenir de l’euro dans la majeure partie des pays d’Europe, qui pour beaucoup apparaît comme incertain.

Schöllnstein, ou le “mini” Lampedusa bavarois

Schöllnstein, ou le "mini" Lampedusa bavarois

21/07/2011 – 11h30
MUNICH (NOVOpress) — Ubu roi de Bavière ? Le service régional en charge des demandes d’asile submerge un paisible village sous un afflux de postulants. Sur place, tout le monde est furieux et les tensions sont palpables.

Évincées par la médiatisation de l’île de Lampedusa, d’autres régions d’Europe, que l’on pensait jusqu’à présent épargnées par la question des flux de “réfugiés”, connaissent un destin curieux.

Connaissez-vous Schöllnstein ? Paysage de carte postale, ce petit village typique de Bavière niché dans les collines, surplombé des restes d’un château médiéval et dont les chalets de bois sont ornés de volets multicolores, s’est vu du jour au lendemain gratifié d’une centaine de réfugiés en provenance d’Afghanistan, de Somalie ou d’Irak. Au grand dam des habitants (71 âmes), qui n’ont rien demandé, mais semble-t-il également au désespoir desdits réfugiés : car à Schöllnstein, il n’y a rien. Ou du moins pas grand chose, mis à part quelques fermes, une église, une caserne de pompiers et une onéreuse ligne de bus qui relie 2 fois par jour le petit village à la ville la plus proche.

Choc des civilisations

Si différents témoignages font état d’une cohabitation de plus en plus difficile entre les nouveaux arrivants, qualifiés “d’agressifs” et “oisifs” et la population locale, il ne semble pas pour autant exister la moindre solution à ce problème à l’échelon régional. « C’était une urgence. Nous devions accueillir beaucoup de monde très rapidement », explique simplement Michael Bragulla, porte-parole du gouvernement de Basse-Bavière, au sujet des réfugiés dont l’installation date maintenant d’une année.

Schöllnstein n’est pas un cas isolé : 15 “zones rurales” abritent environ un millier de réfugiés dans le district de Basse-Bavière, la plupart du temps parachutés sans véritable concertation avec les élus locaux et la population, avec les conséquences que l’on devine. Si le porte-parole du gouvernement affirme que le maire était au courant, ce dernier affirme avoir appris la nouvelle par les journaux…

La situation difficile que traversent les habitants de Schöllnstein est, dans un contexte plus général, l’illustration parfaite de l’abîme qui sépare les grands principes abstraits et universels que sont les “terres d’asile”, de leur application concrète, pour le malheur des populations locales comme des expatriés.

[box class”info”]Crédit photo : www.schoellnstein.de[/box]

La Ligue du Nord vote pour l’arrestation d’un proche de Berlusconi

La Ligue du Nord vote pour l’arrestation d’un proche de Berlusconi / crédit photo : camera.it

21/07/11 – 09h32
ROME (NOVOpress)
– Nouvelle déconvenue pour le « cavaliere » : la Chambre des députés a autorisé l’arrestation d’Alfonso Papa, un député du parti de Silvio Berlusconi et proche de ce dernier, pour son implication dans une affaire de corruption.

Ce vote favorable à l’arrestation a bénéficié des voix de la Ligue du Nord, nouveau signe des graves divisions qui agitent actuellement la majorité.

Au cours d’un vote à bulletin secret, 319 députés ont voté en faveur de l’arrestation du député tandis que 293 ont voté contre.

Ce vote est un nouveau revers pour le chef du gouvernement Silvio Berlusconi qui avait appelé à voter contre l’arrestation d’Alfonso Papa impliqué dans une vaste affaire de corruption et de conflits d’intérêt.

[box class=”info”]Crédit photo : camera.it[/box]

Pour David Lasar du FPOe (Autriche), son parti est proche du Likoud (Israël)

David Lasar du FPOe (Autriche) revendique son attachement à Israël

20/07/2011 – 21h00
VIENNE (NOVOpress) – Le conseiller municipal de la ville de Vienne et membre du FPÖ David Lasar (au centre sur la photo à droite de Heinz-Christian Strache, avec des lunettes noires et portant la gerbe de fleurs, note de Novopress) revendique également son attachement à Israël et affirme qu’il ya des points d’accord entre le Likoud (parti de la droite israélienne et du Premier ministre actuel Benyamin Netanyahou) et le FPÖ.

C’est en tout cas ce qu’il a indiqué via une lettre parue sur le site du Likoud : “Je suis né à Vienne en tant que fils de survivants de l’Holocauste. Mon père, Siegfried, (…), a servi comme président du parti Hérout [une des branches du Likoud, note de Novopress] à Vienne jusqu’au milieu des années soixante-dix (…). J’ai appris de mon père l’existence du Parti de la Liberté [le FPÖ, note de Novopress] et sa place dans la politique autrichienne. Il m’a encouragé à rejoindre et à m’intégrer à ce parti. Le Parti de la Liberté a ses racines idéologiques dans la révolution démocratique et civile de 1848 et incarne à la fois le libéralisme et le nationalisme.”

De manière volontaire, David Lasar utilise le terme hébreu “Hérout” (“liberté”) tant pour le parti israélien que pour le FPÖ.

De plus, son père n’a jamais été un membre du FPÖ, seulement du Hérout.

Quant à la lettre, elle a été une réponse cinglante à M. Muzicant, le président de la communauté religieuse juive de Vienne (connu pour sa relation étroite avec le SPÖ, parti au pouvoir à Vienne), qui avait écrit à Netanyahou, quand il a appris la visite surprise à Israël d’une délégation FPÖ en décembre 2010, pour le mettre en garde contre Heinz-Christian Strache et le FPÖ.

La presse israélienne a commenté ironiquement en indiquant que “le Premier ministre n’a pas encore eu le temps de lire la lettre de M. Muzicant”.

Quant au site Hagalil, très critique à l’égard du FPÖ, il précise : “David Lasar, bien sûr, a été particulièrement enthousiaste d’avoir organisé la réunion FPÖ-Israël avec ses contacts du Likoud. Moins que Lieberman [ministre des Affaires étrangères israélien et chef de la droite nationaliste israélienne, note de Novopress], c’est Netanyahou qui est partenaire de Mölzer et Strache. […] Et qui a soutenu Israël dans la crise de la flottille de Gaza ? Le Likoud sait comment traiter ses amis.”

Les écologistes britanniques reprochent au couple Beckham d’avoir eu un quatrième enfant

Les écologistes britanniques reprochent au couple Beckham d'avoir eu un quatrième enfant

20/07/11 – 19h30
LONDRES (NOVOpress)
– La plupart du temps, la naissance d’un enfant est source de joie, notamment quand il s’agit d’un quatrième. Et plus particulièrment quand cet enfant vient agrandir la famille de personnes mondialement connues tels les Beckham, Victoria et David.

Mais, patatras, les écologistes britanniques ne se réjouissent guère de cette naissance. Ainsi, le quotidien britannique The Guardian indique que la député écologiste Caroline Lucas souhaiterait briser “l’absurde tabou de la taille des familles britanniques”. Caroline Lucas précisant même : “Nous devons débattre de la démographie, savoir si nous devons nous concentrer sur la nécessité d’améliorer le contrôle des naissances, ou réduire les inégalités, et à nouveau réfléchir à nouveau à notre façon d’aborder la tension sur nos ressources naturelles.” D’autres écolos britanniques abondent dans son sens.

D’autant que ce n’est pas la seule écologiste à invoquer une politique malthusienne pour réduire les pollutions d’origines humaines et leur impact sur l’environnement. En France, il y a la fondation Terra Nova pour proposer un contrôle des naissances digne de la Chine actuelle. Sans oublier le député vert Yves Cochet, qui avait indiqué un jour, lors d’un colloque organisé par la revue décroissante Entropia, qu’un enfant européen avait “un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New York” (sic). Précisant même que les prestations familiales devaient baisser à partir du troisième enfant.

Plus préoccupés du maintien d’un sytème économique défaillant par principe, même en réduisant le nombre d’habitants sur la Terre, que de l’avenir de l’Europe et des Européens, ces écologistes ne font qu’accompagner la déliquescence moderne. A aucun moment, ils ne remettent en cause les voyages en avion à bas coût, le tourisme de masse, les circuits longs de provenance des produits (même bios), etc.

De plus, leur antihumanisme s’accompagne d’un colonialisme bien paternaliste dans les pays sous-développés où, face à la misère, ces écolos ne prônent pas des circuits d’échanges locaux permettant une indépendance alimentaire et économique, mais la haine des Européens, expliquant que rien ne doit empêcher ces populations d’atteindre notre “niveau de vie”.

Rupert Murdoch a failli être entarté [vidéo]

Rupert Murdoch a failli être entarté

Interrogé hier par une commission du parlement britannique, le magnat des médias Rupert Murdoch a failli être entarté. Mais il y a échappé de peu. En tout cas, une tentative qui n’a pas été du gôut de l’épouse de Rupert Murdoch, qui a soufflé l’entarteur. Les images

Turquie / UE : gel des relations pendant la présidence chypriote de l’UE

La "ligne verte" de démarcation au nord de Nicosie - crédit photo : Matthias Kabel

20/07/11 – 11h35
PARIS (NOVOpress)
– La position du gouvernement turc sur la question chypriote est sans appel : le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan envisage de geler les relations de son pays avec l’Union européenne, quand Chypre assumera la présidence de l’Union Européenne au second semestre 2012. « Pendant six mois, il n’y aura pas de relations entre la Turquie et l’UE », a déclaré hier R. T. Erdogan.

Les relations entre la Turquie et l’Île de Chypre, coupée au Nord avec une “République turque de Chypre du Nord” uniquement reconnue par la Turquie, se posent donc clairement comme un obstacle à la poursuite du rapprochement entre la Turquie et l’UE.

La recherche d’un « accord global »

Selon le droit international, si Chypre est membre de l’Union européenne depuis 2004, les règles de l’Union ne s’appliquent pas actuellement à la partie nord de l’île, occupée par la Turquie. Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a donc exigé qu’un « accord global » sur les modalités d’une réunification de l’île soit trouvé d’ici la fin de l’année. L’objectif est que Chypre puisse assumer la présidence de six mois de l’Union européenne comme un État unifié en juillet 2012.

Si les résolutions de l’ONU exigent la réunification de l’île comme un État fédéral « bi-zonal et bi-communautaire », le responsable de la partie turque exige quant à lui une « confédération de deux États » plus souple.

Le conflit nord-irlandais vu par un journaliste présent sur place depuis 22 ans [audio]

Le conflit Nord-Irlandais vu par un journaliste présent sur place depuis 22 ans

“Couleurs Irlandaises”. Pour tous les francophones intéressés par l’étude du conflit nord-irlandais, ce blog est incontournable. Réactualisé fréquemment, il a été créé par François Vincent, un journaliste français travaillant pour une gazette locale depuis plusieurs années.

Alors que de nombreuses émeutes ont émaillé les derniers jours dans différentes villes d’Ulster à l’occasion des traditionnelles marches orangistes, il nous paraissait intéressant d’interviewer l’envoyé spécial francophone numéro 1.

Propos recueillis par Yann Vallerie

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Iphone 5 : sortie dans moins d’un mois ?

L'iPhone 5 pourrait ressembler à cela / Source photo : iphone-original.com

19/07/2011 – 20h00
PARIS (NOVOpress) — De forums en sites spécialisés, la nouvelle se propage comme une traînée de poudre sur la toile : le tout nouveau smartphone de la “firme à la pomme”, devenu phénomène de société, sortirait dans moins d’un mois en Europe. Apple a en effet annoncé il y a quelques semaines le lancement prochain de la version 5 de son fameux iPhone.

Dans le concert de rumeurs plus ou moins probables qui va croissant autour de cette sortie, nous avons retenu un fait : la mise en ligne d’offres d’emploi à destination des “Apple Stores” du Royaume-Uni. L’Angleterre serait donc le premier pays d’Europe à vendre l‘iPhone 5, pour des postes à pourvoir en CDD à partir du 16 août.

Le design et les fonctionnalités de l'iPhone 5 donnent lieu à de multiples spéculations. Source photo : i-actu
Le design et les fonctionnalités de l'iPhone 5 donnent lieu à de multiples spéculations. Source photo : i-actu

Au menu des nouvelles fonctionnalités, les spéculations vont bon train. Citons en quelques unes : un plus grand écran, la suppression du bouton central, une caméra HD 1080, le stockage de données sur cartes SD, une batterie à plus longue durée, un clavier physique et non plus tactile, un processeur dual-core…

Symbole consumériste, outil de travail ou gadget de luxe, l’iPhone n’en reste pas moins une grande réussite industrielle et technologique pour une marque dont le capital de sympathie va croissant parmi ses utilisateurs, et ce malgré la très rude concurrence des HTC et systèmes tournant sous Android.

Allemagne : quand l’extrême gauche s’en prend à la Bundeswehr

Allemagne : quand l'extrême gauche s'en prend à la Bundeswehr

19/07/2011 – 17h30
BERLIN (NOVOpress) — Les attaques de plus en plus fréquentes dont l’armée fédérale allemande est la cible de la part de militants de gauche “dure” fournissent la preuve de la propension évidente à la violence de la part de l’extrême-gauche.

Le Bureau fédéral de la police criminelle allemande (BKA, Bundeskriminalamt) a en effet alerté les autorités sur la possibilité d’actes de sabotage venant à frapper l’armée fédérale allemande, dans un rapport circonstancié constatant que l’extrême-gauche fait preuve d’un « niveau d’agressivité élevé » et d’un « faible seuil d’inhibition » par rapport à l’usage de la violence depuis quelques mois.

Le quotidien régional rhénan Rheinische Post fait état de plus de 84 actes de sabotage commis sur des véhicules privés et des véhicules de service, dont les dégradations vont jusqu’à mettre la vie des personnes en danger. Des mises en garde dans ce sens ont déjà été adressées aux membres du personnel de l’armée fédérale ainsi qu’à des employés civils. L’hebdomadaire Junge Freiheit n’hésite pas à parler d’attentats, dont les motifs seraient politiques.

Des camionnettes et des minibus avaient été la cible d’incendies criminels à Rostock au mois de mai. Une attaque du même acabit avait, en 2009, détruit 42 bus à Dresde en provoquant au passage un sinistre pour un montant de 3 millions d’euros au moins. Trois activistes d’extrême-gauche membres d’un groupe de militants qualifié “d’association de malfaiteurs”, ont été condamnés en 2007 pour des faits similaires, à des peines de prison allant de trois ans à trois ans et demi.

Moment magique à l’Opéra de Rome : Silvio Berlusconi renversé par Giuseppe Verdi

Moment magique à l'Opéra de Rome : Silvio Berlusconi renversé par Giuseppe Verdi

(Source : AGORAVOX) — Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité. L’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.

Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l’épisode de l’esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 – époque où l’opéra fut écrit – était opprimé par l’empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu’à la création de l’Italie unifiée.

Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du gouvernement. Et ce, alors qu’Alemanno est un membre du parti au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi.

Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour l’Italie, allait produire un effet inattendu, d’autant plus que Silvio Berlusconi en personne assistait à la représentation…

Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef d’orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».

Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler (places tout en haut de l’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques – certains demandant « Muti, sénateur à vie ».

Bien qu’il l’eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986, Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va pensiero. Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière. », raconte-t-il.

[youtube width=500]G_gmtO6JnRs[/youtube]

Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s’est produit :

[Après que les appels pour un « bis » du « Va Pensiero » se soient tus, on entend dans le public : « Longue vie à l’Italie ! »]
Le chef d’orchestre Riccardo Muti : Oui, je suis d’accord avec ça, « Longue vie à l’Italie », mais…
[applaudissements]
Muti : Je n’ai plus 30 ans et j’ai vécu ma vie, mais en tant qu’Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j’ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j’acquiesce à votre demande de bis pour le « Va Pensiero » à nouveau. Ce n’est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Chœur qui chantait « O mon pays, beau et perdu », j’ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l’histoire de l’Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie serait vraiment « belle et perdue ».
[Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]
Muti : Depuis que règne par ici un « climat italien », moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant… nous devrions, donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théâtre de la capitale, et avec un Chœur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.

C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves. « J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’opéra. »

« Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des politiciens. »

Les identités discrètes : “Atlas des nations sans État en Europe”

Les identités discrètes : "Atlas des nations sans État en Europe"

Les identités ne se commandent pas et elles ne s’acquièrent pas par décret. On est d’où l’on naît ou d’où l’on vient si on a le malheur de naître loin des siens. Le plus souvent, l’identité est évidente. On naît allemand ou russe et cette identité est visible, palpable et indiscutable.

La chose est moins évidente dans les Etats-nations composites, fruit des ambitions expansionnistes de grandes familles régnantes, passées à la moulinette du nationalisme issu de la Révolution française.

Ces étiquettes héritées du XIXème siècle sont trop étroites et trop vagues pour accueillir les vieilles nations que l’on crut un moment disparues.

Qui aujourd’hui se dit Belge ? Plus grand monde. Les populations des Pays-Bas méridionaux s’enrochent dans leur identité flamande ou wallone. En Espagne, les Catalans, le Basques ou encore les Galiciens revendiquent un destin national propre.

Dans toute l’Europe, peu ou prou, on retrouve ces nations sans État qui sont une composante essentielle de nos identités européennes.

Pour mieux connaître ces peuples minoritaires qui ne veulent plus disparaître, les éditions Yoran Embanner ont publié un très utile Atlas des nations sans État en Europe, de Mikael Bodlore-Penlaez qui fait un inventaire détaillé des minorités nationales sur notre continent.

Illustré de plus soixante cartes inédites, cet atlas, novateur et intelligent, dresse le portrait de plus de trente nations sans État. Chacune d’elles est décrite avec précision : fiche d’identité, cartes, zoom historique et géographique, situation politique, vitalité des langues pratiquées.

Autant de clefs pour comprendre l’un des enjeux géopolitiques majeurs de l’Europe du XXIème siècle et une des bases du renouveau identitaire de nos pays.

[box class=”warning”]Atlas des nations sans État en Europe, peuples minoritaires en quête de reconnaissance, Mikael Bodlore-Penlaez, 160 pages grand format en couleurs, 25 euros. Disponible chez votre libraire ou en ligne : yoran-embanner.com[/box]

Il y a dix-neuf ans était assassiné le juge antimafia Paolo Borsellino

19/07/2011 – 14h50
PALERME (NOVOpress) – L’année 1992 a été une année très dure pour les juges antimafia en Sicile. En effet, le 23 ami Giovanni Falcone (à gauche sur la photo ci-dessus) est assassiné lors d’un attentat à la bombe qui visait sa voiture et le convoi qui l’accompagnait. La femme du juge Falcone meurt également lors de cet attentat. et le 19 juillet 1992, c’est au tour de Paolo Borsellino (à droite sur la photo ci-dessus) d’être victime d’un attentat à la voiture piégée.

Tous les deux issus du quartier popualire la Kalsa à Palerme, ces juges avaient obtenu plusieurs succès et étaient à l’origine de procès contre la mafia, dont le maxi-procès de 1986, où l’on comptera 465 accusés, 360 condamnations et 2 665 années de prison cumulées par les condamnés.

En 1986, alors que Giovanni Falcone reste à Parleme, Paolo Borsellino est nommé à Marsala, dans la région sicilienne de Trapani, où il poursuit sa lutte contre la mafia.

hommage à Paolo BorsellinoLes deux juges bénéficient d’une protection polocière. Qui ne sera guère utile lors de leur assassinat.

Pour la mort de Paolo Borsellino et celle de Giovanni Falcone Salvatore, “Toto” Riina, le chef de la famille mafieuse des Corleone, purge aujourd’hui une peine de prison à perpétuité, ainsi que pour de multiples autres meurtres.

A noter que Rita Borsellino, la sœur de Paolo Borsellino, est présidente honaire depusi 2005 de l’association Libera, qui a pour objet la la gestion des biens saisies aux mafias. Notamment par le biais de coopératives qui produisent des matières premières sur les terres confisquées, afin de promouvoir la légalité.

Et un hommage à Paolo Borsellino a lieu aujourd’hui à Palerme organisé par Giovane Italia (photo ci-contre).

De même, le Progetto Cervantes (Catane, Sicile) a également tenu à honorer la mémoire de ces juges antimafia.

 

Berlusconi débloque 200 millions pour l’immigration clandestine

Berlusconi débloque 200 millions pour l’immigration clandestine [cc] crédit photo : Sicilia Today

19/07/2011 – 12h30
ROME (NOVOpress) – L’Italie est au bord de la faillite. Le gouvernement vient de faire adopter un plan d’austérité draconien, qui prévoit notamment un ticket modérateur de 10 euros sur les consultations médicales, le gel des salaires dans la fonction publique, une importante réduction des dotations des collectivités locales… Les déductions fiscales, en particulier pour les enfants à charge, vont être très fortement plafonnées, ce qui va se traduire par une augmentation de la pression fiscale de l’ordre d’1,2% du PIB.

Le patrimoine historique est à l’abandon, les maisons de Pompéi s’effondrent faute d’entretien. La semaine dernière, l’Institut national des statistiques a annoncé que la pauvreté touchait désormais 2 millions 734 000 familles, 11% des familles, soit 8 millions 272 000 personnes, 13,8% de la population italienne.

Mais le gouvernement italien sait trouver de l’argent quand il s’agit des immigrés clandestins. Une ordonnance de Silvio Berlusconi, publiée aujourd’hui au Journal Officiel, a débloqué 200 millions d’euros « pour faire face à l’urgence migratoire ». La mesure, proposée par le chef de la Protection civile, Franco Gabrielli, chiffre à un total de 728 millions d’euros l’ensemble des ressources qui seront nécessaires pour l’immigration clandestine jusqu’au 31 décembre 2011. 40 millions d’euros sont destinés à la mise en œuvre de l’accord avec la Tunisie. 50 millions sont affectés au « commissaire délégué à l’urgence migratoire », M. Gabrielli soi-même. Les associations immigrationnistes et les multinationales qui se partagent le juteux business des centres d’accueil peuvent se frotter les mains.

L’ordonnance autorise aussi, entre autres, l’emploi de vingt militaires pour « concourir au rétablissement et au maintien des conditions hygiéniques sanitaires sur le territoire de l’île de Lampedusa compromises par le flux migratoire exceptionnel qui s’est vérifié durant l’état d’urgence humanitaire ».

N’y a-t-il vraiment, face à l’invasion de l’Europe, pas d’autre mission à confier à l’armée que de ramasser les ordures des clandestins ?

[box class=info]Photo sous licence creative commons – Sicilia Today[/box]

Serons-nous obligés de couler des sous-marins « Made in France » ?

Serons-nous obligés de couler des sous-marins « Made in France » ?

19/07/11 – 07h00
BRASILIA (NOVOpress)
– Le samedi 16 juillet 2011, la présidente du Brésil Dilma Rousseff a donné le coup d’envoi au programme franco-brésilien de construction de quatre sous-marins d’attaque conventionnels. Cet important effort d’armement naval aura dans les années à venir de profondes implications géostratégiques qui ont certainement échappé au ministre de la Défense français présent à la cérémonie. En lançant le programme de construction de sous-marins d’attaque français de la classe Scorpène (photo), le Brésil modifie largement les rapports de force en cours dans l’Atlantique sud. L’ère de l’impuissance maritime des nations du sud du continent américain s’achève.

Si à court terme, la présidente brésilienne ne voit dans ce programme qu’«un nouveau pas vers le statut de pays développé, avec une industrie sophistiquée », insistant sur les retombées technologiques et industrielles qu’apportera le transfert de technologie accepté par la France, il est indubitable qu’une flotte de sous-marins d’attaque dernier cri au sud de la base anglo-américaine de l’Ascension, change radicalement la donne. Le premier des quatre sous-marins à propulsion classique sera opérationnel en 2017, la livraison des autres s’échelonnera jusqu’en 2023. Selon la Direction des constructions navales : « Les Scorpène, d’une longueur d’environ 75 mètres, sont des sous-marins océaniques polyvalents conçus pour tous types de missions, y compris la lutte contre les navires de surface, la guerre anti-sous-marine, les opérations spéciales et le recueil du renseignement ».

Comme le déclare le gouvernement brésilien, ces premiers sous-marins à propulsion classique sont le galop d’essai pour la mise en chantier des Sous-Marins d’attaque à propulsion nucléaire (SNA) à partir d’une base technologique fournie par la France. L’objectif du Brésil est qu’une trentaine d’entreprises brésiliennes, mobilisant 9000 personnes, soit en mesure de produire le maximum des 36 000 pièces du gigantesque puzzle technologique que représente un sous-marin d’attaque.

Le choix du Scorpène, dernier-né des sous-marins océaniques conventionnels français, n’est guère étonnant. Il est capable d’effectuer tout type de mission imaginable pour un sous-marin, il peut tout aussi bien chasser d’autres sous-marins, mettre en œuvre des commandos ou encore faire du recueil de renseignement. Il dispose d’une autonomie en plongée de plus de trois semaines.

Les nouvelles venues du Brésil ont suscité une forte inquiétude à Londres où le déclin accéléré de la Royal Navy contraste fortement avec la montée en puissance du Brésil. Il n’est pas besoin de pousser bien loin l’analyse pour comprendre les craintes des Britanniques.

Durant la guerre des Malouines en 1982, un seul SNA anglais, le HMS Conqueror, avait suffi à  consigner la flotte de surface argentine dans ses ports, assurant ainsi à peu de frais une maîtrise totale de l’Atlantique sud à la Royal Navy.

Or, le programme d’armement brésilien a une dimension lourde de menaces pour la souveraineté britannique de l’archipel contesté. La chaudière nucléaire qui propulsera le premier SNA brésilien résultera d’une coopération entre le Brésil  et l’Argentine car ce dernier pays a une avance notable dans ce domaine. Cette entraide militaire est complétée par un soutien diplomatique. Brasilia appuie sans faiblir les revendications de Buenos Aires sur l’archipel des Malouines. En janvier 2011, un navire de soutien anglais en route vers les Malouines s’est vu refuser l’autorisation d’accoster dans un port brésilien.

A Londres , l’Amirauté envisage déjà des scénarios catastrophe. Par exemple, un gouvernement argentin réussit à envahir une nouvelle fois les Malouines en se jouant de défenses britanniques très affaiblies. Le Brésil par solidarité américaine se range aux côtés de la république du Plata et mobilise sa marine. En quelques jours, ses sous-marins d’attaque prennent la mer.

La Royal Navy, sans porte-avions, manquant de navires de surface, privé du soutien des États-Unis, se retrouve dépourvue pour se lancer à la reconquête des îles. Ne pouvant accepter une défaite sans combattre, Londres requiert l’aide de Paris.  La France, embarquée dans des programmes de coopération militaire ambitieux avec le Royaume-Uni, ne peut refuser cette demande d’aide et accepte de fournir des moyens aéronavals à son nouvel allié.

Voilà comment, sans l’avoir prévu au départ, la France peut, à partir de 2017, se retrouver à combattre des sous-marins dont elle aura avec soin supervisé la construction.

Selon l’ancien Premier ministre britannique John Major, l’indépendance écossaise est possible

Selon l'ancien Premier ministre britannique John Major, l'indépendance écossaise est possible

18/07/2011 – 21h30
LONDRES (NOVOpress Breizh)
– Le succès du Scottish National Party aux récentes élections britanniques fait évoluer les réflexions des politiques, en particulier chez les Conservateurs. Mais l’Union européenne pourrait voir d’un mauvais œil les projets séparatistes.

John Major en 1996 ; il était alors Premier ministre du Royaume Uni.Imaginerait-on la déclaration suivante dans la bouche d’un Lionel Jospin ou d’un Jacques Chirac : « Pourquoi ne pas régionaliser toutes les responsabilités hormis les affaires étrangères, la défense et la direction de l’économie ? Pourquoi ne pas laisser à la Bretagne une plus grande marge de liberté fiscale pour financer ses politiques et, corrélativement, abolir les enveloppes budgétaires actuelles, réduire le nombre d’élus bretons à l’Assemblée nationale et alléger la charge législative du Palais Bourbon ? »

Remplacez « Bretagne » par « Écosse » et vous aurez la position exprimée par John Major (photo), Premier ministre britannique de 1990 à 1997, devant la Ditchley Foundation, le 9 juillet dernier. Du temps où il dirigeait le gouvernement de Sa Majesté, Major, chef du parti Conservateur, refusait la « dévolution » de pouvoirs à l’Écosse, au Pays de Galles et à l’Irlande du Nord. Il reconnaît à présent qu’il avait tort. « Les séparatistes, dit-il, sont de fiers Scots qui pensent que l’Écosse peut se gouverner elle-même : sur ce plan, ils ont sûrement raison. »

Major n’est pas devenu pour autant un partisan de l’indépendance écossaise. « Ce serait une folie, assure-t-il. Mais si les Écossais la veulent vraiment, l’Angleterre ne peut pas – et ne doit pas – la leur refuser. » Parmi les obstacles qu’il cite, l’un mérite d’être noté. L’Écosse pense-t-il, aurait du mal à se faire admettre par l’Union européenne « car des pays comme l’Espagne – qui craint de perdre la Catalogne – ne verraient sans doute pas les séparatistes d’un bon œil ».

Les nationalistes hongrois du parti Jobbik remportent l’élection municipale partielle de Gyöngyöspata

Les nationalistes Hongrois du parti Jobbik remportent l’élection municipale partielle de Gyöngyöspata

18/07/2011 – 17h30
BUDAPEST (NOVOpress) – Petite ville de 2500 habitants située au nord-est de Budapest, Gyöngyöspata a été évoquée dans les médias du monde entier ces derniers mois : après plusieurs assassinats commis par des personnes issues de l’importante communauté Rom, des milices civiles liées pour certaines d’entre elles au parti Jobbik étaient venues défiler à Gyöngyöspata et y assurer l’ordre et la sécurité.

Gyöngyöspata
Gyöngyöspata

La communauté rom avait même été un temps déplacée du village, en raison de la tenue d’un camp d’entraînement paramilitaire d’une autre milice, Véderő, non liée au Jobbik (en Hongrie, les milices civiles municipales sont autorisées ; elles n’existent toutefois que là où elles ont leur utilité… en particulier dans le nord-est du pays).

Ces événements avaient provoqué des réactions politiques et une campagne médiatique extraordinaire autour de ce village, les médias ne cessant d’évoquer d’effroyables milices d’extrême droite venues terroriser les Roms, mais se gardant bien de mentionner l’épouvantable insécurité régnant à Gyöngyöspata.

La succession d’événements a ainsi amené le maire à démissionner, provoquant ainsi une élection municipale anticipée, qui a eu lieu ce dimanche 17 juillet 2011.

À la surprise générale des médias, c’est Oszkár Juhász, le candidat du Jobbik qui l’a assez largement emporté, avec 33% des votes, devançant le maire-adjoint sortant soutenu par le Fidesz (actuellement au pouvoir) qui a receuilli 26% des voix. Le leader de la milice nationaliste Véderő a quant à lui reçu plus de 10% des voix.

Les nationalistes Hongrois du parti Jobbik remportent l’élection municipale partielle de Gyöngyöspata
Les nationalistes Hongrois du parti Jobbik remportent l’élection municipale partielle de Gyöngyöspata

Cette nette victoire du Jobbik a montré le décalage conséquent qui peut exister entre une présentation médiatique extrêmement partiale des événements, et la réalité du vécu quotidien de la population. C’est aussi une grande avancée au niveau national pour le Jobbik, tandis que certains observateurs politiques prédisaient que l’exercice du pouvoir par les conservateurs du Fidesz amoindrirait le poids politique des nationalistes.

Juste après sa victoire, Oszkár Juhász, qui n’a cessé de recevoir applaudissements et accolades tout au long de la soirée, a déclaré à la presse qu’il s’emploierait “à débarrasser sa commune de l’insécurité et à rétablir la concorde civile entre tous les habitants de Gyöngyöspata (sous-entendu entre Hongrois et Roms), et que tous ceux désireux de s’insérer et de travailler auraient leur chance.”

[box class=”info”]Photos : barikad.hu[/box]

Les Allemands, plus les bienvenus dans certains quartiers de Berlin ?

Les Allemands, plus les bienvenus dans certains quartiers de Berlin ?

18/07/2011 – 16h30
BERLIN (NOVOpress) — Mardi dernier, la journaliste Güner Balci fit un tour dans Berlin avec Thilo Sarrazin pour tourner une émission de la série « Aspekte (aspects) », diffusée par la ZDF (seconde chaîne publique allemande). Ce tour comprenait aussi une visite du « Kulturzentrum anatolischer Aleviten e.V. » (Centre culturel des Alévites d’Anatolie). Mais devant ce bâtiment, un comité d’accueil constitué de membres de cette communauté l’a accueilli en scandant « Dégage ! ». Un incident que Sarrazin a commenté sèchement : « Ils se comportent de manière antidémocratique et confortent ainsi les préjugés envers eux ».

On pouvait jusque-là défendre l’opinion selon laquelle les Alévites ne seraient en fait pas de vrais musulmans, que leur conception de la religion serait modérée, qu’ils seraient bien intégrés, qu’ils participeraient activement au marché du travail et qu’ils s’insèreraient bien dans la société…

Les Allemands, plus les bienvenus dans certains quartiers de Berlin ?Güner Balci rapporte ainsi dans Welt.de : « Il se constitue, parallèlement à cela, un autre groupe qui ne cesse de hausser le ton, qui n’est absolument pas intéressé à nouer un dialogue et qui n’est pas disposé à permettre que d’autres le fassent. Car pour eux Sarrazin n’est ni plus ni moins qu’un raciste. Le fait que presque un million et demi de personnes aient acheté son livre et que chacune de ses conférences soit archicomble ne les intéresse pas. Ils vivent dans un monde où il y a des amis et des ennemis, et rien entre les deux. L’Allemagne, un pays rempli de racistes. Et parce que beaucoup partagent ce sentiment, notre visite à Kreuzberg a tourné court, le döner prévu n’a pas pu être consommé (…). Le groupe qui braillait devant son restaurant l’a menacé d’une émeute s’il acceptait de servir Sarrazin. Il s’était pourtant préparé des jours à l’avance à cette rencontre et avait pensé poser des questions intéressantes à l’ancien sénateur en charge des finances. »

La communauté alévite est restée murée

Juste un peu plus loin que le restaurant turc Hasir, situé Oranienstraße, se trouve la centrale berlinoise des nationalistes turcs, également appelés les loups gris. Leurs membres aiment manger au Hasir et Dieu sait qu’ils ne sont pas spécialement connus pour leur amour de la bonne entente entre les peuples. Mais cela n’a jamais gêné personne ici. Même la communauté alévite, si libérale et ouverte à tous, nous a fermé la porte au nez. On nous a fait savoir qu’après une discussion approfondie, on aurait changé d’idées et que l’on ne veut pas accueillir quelqu’un comme Sarrazin. Finalement, le chœur des agités entame un « Sarrazin doit quitter Kreuzberg », crie de plus en plus fort et de plus en plus vite et je sens, chez ces braillards, le sentiment que l’on éprouve lorsqu’on tient un « méchant » : “Nous sommes les gentils et nous nous serrons les coudes lorsqu’il le faut, même avec nos brebis galeuses – contre les autres.” »

Une vidéo de l’événement, tournée par les membres de la communauté turque, est disponible sur Youtube

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