Tolkien, le refondateur

Tolkien

La revue Nouvelle École vient de faire paraître un numéro haut en couleur, pour la deuxième fois après celui sur la paléogénétique des Indo-Européens (2019). Il est consacré à une figure littéraire essentielle, occupant dans l’univers mental de l’Européen actuel une place fondamentale : John Ronald Reuel Tolkien (1892-1973). L’auteur britannique, renommé pour son Hobbit, son Seigneur des Anneaux ou encore son Silmarillion, a largement puisé son inspiration dans les traditions européennes, offrant ainsi au lecteur contemporain un nouveau récit fondateur européen, à la manière de l’Iliade, des Eddas, de l’Énéide, du Kalevala ou encore de Beowulf.

Grâce aux efforts d’Armand Berger qui a coordonné ce dossier, nous disposons aujourd’hui d’un nouvel apport en matière de critique tolkienienne. Que l’on ne s’y trompe pas : les contributeurs, lecteurs avertis de Tolkien, proposent tous ici de nouveaux éclairages sur un auteur que l’on pense parfois bien connaître ; qu’il suffise en cela de se rapporter à l’immense bibliographie qui lui est consacré, notamment dans les pays anglo-saxons, rivalisant avec celle de Carl Schmitt. Le dossier Tolkien se clôt d’ailleurs sur une impressionnante bibliographie de l’auteur (1910-2021) dans laquelle le lecteur trouvera nécessairement son bonheur. Il va sans dire que les articles proposés dans ce Nouvelle École apporteront aussi bien aux néophytes qu’aux férus de hobbits matière à réflexion. Le volume comporte également sept articles sous la rubrique Varia qui méritent d’être lus ; ainsi, parmi ces riches études, la contribution de Jean Haudry sur « Les noms des dieux, des héros et des rituels ». Le volume se referme sur la représentation d’un sage Gandalf aux atours bénédictins.

Les racines européennes de Tolkien

Dans un article biographique, Onfroy Charpentier assimile Tolkien à la figure de l’Arbre, une symbolique bien connue, en ce que cet élément végétal est omniprésent dans son œuvre. Cet arbre a bien des racines et il convient de s’arrêter un instant sur l’une d’elles, celle des origines de l’auteur. Le terreau de Tolkien est « profondément européen » : il a des ancêtres en Prusse-Orientale, ainsi que dans les Midlands de l’Ouest anglais, où l’on a longtemps parlé un anglais conservé sous sa forme dialectale. Une région qui compte énormément pour Tolkien, car c’est là que fut composée, sept siècles plus tôt, entre la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle, une œuvre moyen-anglaise de première importance, Ancrene Wisse (La Règle des Recluses) qui permet de bien retracer l’évolution linguistique du vieil anglais vers une langue bouleversée par la conquête normande. Un texte que Tolkien connaît intimement et qu’il va éditer en 1962, alors que le projet remontait à 1935… On reconnaît bien là l’auteur et ses intentions qui aboutissent – quand elles aboutissent ! – après bien des années. L’homme est sensible à ses origines (en particulier anglaises, non pas britanniques), clairvoyant quant à son identité enracinée.

Il faudrait encore ajouter à propos de cette identité qu’elle ne saurait être pleinement comprise sans saisir, jusque dans les nuances, l’importance du catholicisme pour Tolkien, aussi bien dans sa vie que dans son œuvre, importance bien établie depuis la parution du livre de Leo Carruthers, Tolkien et la religion. Comme une lampe invisible (Presses Universitaires Paris-Sorbonne, 2016). L’article de Jérôme Sainton, dans ce dossier, qui aborde la notion de « libre-arbitre », montre la profondeur de sa réflexion sur la foi à travers la fiction.

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Migrants : le Danemark vote la délocalisation des centres d’accueil dans les pays d’origine

Danemark migrants

Les réfugiés pourraient rester dans ces centres le temps que leurs dossiers soient évalués, mais également après.

Le Danemark veut en finir avec l’immigration massive sur son territoire. Comme le rapporte Sud Ouest, le pays a voté une loi jeudi 3 juin afin que des centres pour migrants soient ouverts en dehors du territoire. Le texte soutenu par l’aile droite, et contesté à gauche, a été adopté très largement. Le but étant pour le gouvernement, dirigé par la Première ministre Mette Frederiksen, de limiter l’accès et de dissuader tout migrant de fouler le sol danois.

Ainsi, pendant que le dossier de demande d’asile est étudié, le migrant resterait dans un centre ouvert à cet effet dans un pays tiers (en dehors de l’Union européenne), mais il y restera aussi par la suite même s’il obtient le statut de réfugié, n’étant « pas autorisé à retourner au Danemark », insiste un spécialiste des questions migratoires de l’Université de Copenhague. Le Danemark laissera ensuite libre champ au pays hôte de mener la procédure, moyennant un paiement. Dans la loi, il est en revanche inscrit que si le migrant n’obtient pas son statut de réfugié, il devra repartir de son pays hôte et retourner dans son pays d’origine.

Les demandes d’asile en baisse

Selon nos confrères, jusqu’alors, aucun pays n’a encore accepté cette idée mais le Danemark dit être en pourparlers avec « cinq à dix pays » sans pourtant en avoir donné les noms. Cependant, la presse danoise fait déjà état de contacts avancés avec l’Egypte, l’Erythrée, l’Ethiopie ou encore le Rwanda. En effet, ce dernier avait déjà évoqué la question avec Israël dans le passé. Il faut dire que le pays nordique mène une des politiques migratoires les plus restrictives d’Europe, avec notamment un durcissement de la loi anti-ghettos. Cette dernière doit permettre un plafonnement des « non-occidentaux » dans certains quartiers.

Mais le Danemark commence aussi à retirer les permis de séjour aux Syriens, « dont les régions d’origine sont désormais plus sûres ». Le tout avec un objectif de « zéro réfugié » dans le futur. Le projet de la Première ministre suscite en tout cas l’adhésion de la population et a pour but affiché de dissuader les migrants de venir fouler sol danois. Car si toutes les mesures proposées ne sont pas toujours appliquées, certaines ont marqué, rappelle Sud Ouest. La loi qui permettait de saisir les biens de valeur des migrants entrant dans le pays avait fait parler d’elle, mais est finalement très peu appliquée. Cependant, les chiffres de demandes d’asile sont en constante baisse, passant de 761 en 2019 à 600 en 2020, alors qu’elles étaient au nombre de 5.000 il y a six ans. Le Danemark semble avoir réussi son tour de vis et pourrait inspirer certains de ses voisins.

Texte repris du site Valeurs Actuelles

« Facho », « Ku Klux Clan », « Bande de racistes », « Mussolini » : la photo officielle de la sélection italienne pour l’Euro 2021, suscite un flot de racisme anti-blanc

Immigration : les faits démentent le baratin, par Ivan Rioufol

L’immigration est « une chance pour notre pays », assure encore Emanuel Macron dans la revue Zadig. Cette confortable conviction lui avait fait applaudir, en 2015, la décision d’Angela Merkel d’accueillir plus d’un million de réfugiés syriens sur son sol. Depuis, la honte de l’antisémitisme nazi a laissé place à un antisémitisme islamiste tout aussi répugnant.

Vendredi, dans les rues d’Hambourg (Allemagne), des groupuscules islamistes liés au mouvement Muslim Interaktiv ont participé à une démonstration de force calquée sur les parades nazislamistes du Hamas à Gaza, aux cris de : « Israël assassin d’enfants ! ». Le même jour, en France, Ndiaye Dieye s’attaquait au couteau à une policière dans le commissariat de la Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique) avant d’être abattu par la police. Les premiers mots de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, ont été pour dire que le forcené, était « un Français né en France ». Dieye était né en effet dans cette même commune en 1981. Il était fiché comme islamiste radical depuis 2016. Condamné une vingtaine de fois depuis 1998, il était sorti de prison en mars. « L’auteur des faits avait purgé sa peine », s’est également empressé de commenter le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti. « Il n’y a pas eu d’aménagements. Il avait un suivi socio-judiciaire qu’il a respecté complétement ». Bref, rien de particulier à signaler…

L’obsession du gouvernement est de nier tout lien entre immigration et délinquance, immigration et nouvel antisémitisme, immigration et violences faites aux femmes, immigration et terrorisme, etc. C’est notamment le crédo de Darmanin (« Je suis à 100.000 lieux de faire le lien entre insécurité et immigration »). Mais les faits démentent le baratin. Les chiffres officiels révèlent que 24% des détenus sont des étrangers, majoritairement africains ou maghrébins. S’il n’est pas possible d’avoir des statistiques ethniques concernant les détenus issus de l’immigration, les témoins du monde pénitentiaire s’accordent à reconnaître que les détenus originaires du continent africain « sont massivement surreprésentés particulièrement dans les maisons d’arrêt » (Laurent Lemasson).

Selon le parquet de Paris, 75% des mineurs déférés sont des illégaux. Bref, il faut être intellectuellement malhonnête pour assurer que l’immigration n’a aucune responsabilité dans la nouvelle insécurité. Il faut être déconnecté des réalités comme l’est Emmanuel Macron pour flatter, dans le JDD, « une immigration légale dont nous avons besoin pour notre économie ». L’islamiste de la Chapelle-sur-Erdre était aussi « schizophrène sévère ». Selon le pédopsychiatre Maurice Berger, cette maladie se remarque de plus en plus après des unions consanguines des clans importés. Une chance, l’immigration ? Un peu de sérieux !

Ivan Rioufol

Texte daté du 31 mai 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Ceuta, Grèce, Mayotte : l’immigration extra-européenne comme arme géopolitique

immigration ceuta

Lundi 17 mai, près de 6 000 clandestins venus du Maroc ont gagné l’enclave espagnole de Ceuta, située au nord de l’Afrique. Cet afflux massif, qui présente toutes les caractéristiques d’une invasion, est une nouvelle illustration de l’utilisation par certains gouvernements de l’immigration clandestine comme moyen de pression géopolitique. Dans le cas présent, les autorités marocaines ont, en laissant des milliers de migrants passer la frontière, souhaité protester contre l’accueil par l’Espagne d’un leader du Front Polisario pour s’y voir prodiguer des soins médicaux.
Découvrez cette analyse de Paul Tormenen.

L’immigration clandestine, outil de déstabilisation

Les exemples de tentatives de déstabilisation par l’arme migratoire ne manquent pas dans les dernières années. De la simple menace à la mise à exécution, ces opérations laissent les pays européens très souvent désemparés.

L’État islamique menace d’envoyer 500 000 migrants à partir de la Libye

En 2015, l’État islamique menaçait d’envoyer en Europe 500 000 migrants à partir des côtes africaines en cas d’intervention des pays européens en Libye. Selon des écoutes téléphoniques, l’instrumentalisation des migrants envisagée par Daech comme « arme psychologique » vis-à-vis des populations et de gouvernements européens ne faisait aucun doute. L’État islamique entendait ainsi empêcher l’envoi de militaires de pays européens, notamment italiens, dans ce pays pour y endiguer sa politique d’annexion de territoires.

Si la menace de l’État islamique n’a pas été mise à exécution, la prédiction de Mouammar Kadhafi, que, sans son contrôle des départs des côtes libyennes, la mer Méditerranée se transforme en « mer de chaos », s’est en partie réalisée : certaines îles (Lampedusa, etc.) et villes européennes apparaissent totalement dépassées par l’ampleur et les effets de l’immigration clandestine arrivée par la voie maritime.

À Mayotte, l’immigration clandestine bien utile à l’Union des Comores

Dans l’archipel des Comores, l’immigration clandestine est un élément clef dans les tensions entre Mayotte et les îles voisines de l’Union des Comores. Les différences de niveau de vie entre les territoires poussent de nombreux habitants des Comores à affluer sur l’île française de Mayotte. L’accord conclu en 2019 entre l’Union des Comores et la France pour organiser le retour des clandestins arrivés à Mayotte ne parvient que faiblement à juguler cette immigration incontrôlée.

Un député mahorais n’hésite pas à affirmer que les Comores utilisent « l’immigration clandestine comme une arme de destruction massive de tout développement » de Mayotte. On peut en effet se demander si, en laissant le chaos s’installer dans l’île française sous l’effet d’une immigration clandestine massive, les autorités comoriennes ne parient pas sur un « lâchage » par les autorités françaises de ce territoire d’outre-mer.

Erdogan lance les migrants à l’assaut des frontières grecques

Dès le mois de mars 2017, à peine un an après avoir corédigé un communiqué commun engageant son pays à surveiller la frontière avec la Grèce, le président turc T. Erdogan a commencé à menacer les pays européens de laisser passer massivement vers l’Europe les migrants présents sur son territoire. Le début de l’année 2020 a été marqué par la mise à exécution de cette menace.

Alors que, depuis quelques années, les flux de clandestins à destination de la Grèce ne faisaient qu’augmenter, les vannes ont été franchement ouvertes à partir de la fin du mois de février 2020 et l’annonce « officielle » par le gouvernement turc de l’ouverture de la frontière gréco-turque.

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Le Maroc à l’assaut (migratoire) de l’Espagne

immigration ceuta espagne

Le Sultan d’Ankara fait des émules. Depuis lundi, c’est au tour du Royaume chérifien de se lancer à l’assaut d’un pays européen au moyen des masses de « migrants », comme l’avait fait la Turquie au printemps 2020. Cette fois, c’est l’Espagne qui est visée, et plus précisément Ceuta, ville espagnole (depuis l’incorporation à l’Espagne en 1580 du Portugal, auquel Ceuta appartenait après sa reconquête aux musulmans) située sur la côte de l’Afrique du Nord. Ceuta, comme Melilla, l’autre territoire espagnol (également depuis des siècles) en Afrique du Nord, est revendiquée par le Maroc, et c’est aussi dans ce contexte qu’est perçue en Espagne l’arrivée soudaine de milliers d’immigrants illégaux, pour beaucoup des Marocains, que les forces de sécurité marocaines ont soudainement décidé de laisser tenter leur chance. Parmi eux, de nombreux mineurs auxquels les policiers marocains auraient déclaré, selon les témoignages d’immigrants recueillis par la presse espagnole, que la frontière était ouverte et que personne côté marocain n’allait les empêcher d’y aller.

Entre lundi et mardi, ce sont environ 8 000 « migrants » qui ont contourné la clôture frontalière à la nage pour se rendre à Ceuta, c’est-à-dire en fait dans l’espace Schengen. Une stratégie marocaine qui rappelle aux Espagnols la Marche verte de 1975, quand des centaines de milliers de Marocains envahirent de la même manière le Sahara occidental à l’époque du roi Hassan II, père de l’actuel Commandeur des croyants Mohammed VI. Des appels de Marocains à une nouvelle Marche verte sur « la ville occupée de Ceuta » (une incongruité historique) se sont d’ailleurs multipliés sur les réseaux sociaux.

Une véritable invasion

C’est pourquoi l’on entend aujourd’hui le Premier ministre Pedro Sánchez mais aussi les chefs de l’opposition de droite Pablo Casado (PP) et Santiago Abascal (Vox) parler de la nécessité de défendre la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale de l’Espagne à Ceuta. Malgré l’attitude du Maroc, qui jusqu’à récemment collaborait avec les autorités espagnoles pour freiner le passage des « migrants », les expulsions « à chaud » continuent pour le moment de fonctionner. Sur les plus de 8 000 immigrants arrivés illégalement, la moitié environ avait déjà été expulsée vers le Maroc mercredi matin. C’est toutefois sous les sifflets et aux cris de « traître », « dégage » et « démission » que le Premier ministre Pedro Sánchez a été accueilli mardi par des groupes d’habitants à Ceuta. Car l’invasion que subit ce territoire est le fruit non seulement des déclarations pro-migrants de la gauche au pouvoir et de ses transferts d’immigrants illégaux arrivés au Canaries vers le continent (où on les laisse libres de circuler dans l’espace Schengen), mais aussi du soutien du parti d’extrême gauche Unidas Podemos, membre de la coalition gouvernementale, à l’indépendance du Sahara occidental et surtout de l’accueil en avril du leader du Front Polisario Brahim Gali. Brahim Gali est actuellement soigné dans un hôpital espagnol après une infection au COVID-19. Le 8 mai dernier, le gouvernement de Tanger avait prévenu qu’il tirerait « toutes les conséquences » de « la décision des autorités espagnoles de ne pas aviser leurs homologues marocains de la venue du chef des milices du Polisario », ce que Rabat estime être un « acte grave et contraire à l’esprit de partenariat et de bon voisinage ».

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 19 mai 2021

Londres : le maquillage « camouflage » devient une arme anti-surveillance

maquillage anti-surveillance

Dans les rues de Londres, le collectif anti-surveillance The Dazzle Club milite silencieusement et à couvert. Son arme de prédilection ? Le maquillage asymétrique pour tromper les dispositifs biométriques de reconnaissance faciale.
Une enquête publié sur L’ADN Tendances.

Août 2019. Le quartier de King’s Cross à Londres prévoit de déployer un système de caméras de surveillance utilisant la reconnaissance faciale sans consulter les habitants. Les masques ne font pas encore partie de leur quotidien, mais le collectif d’artistes The Dazzle Club s’interroge : « peut-on encore être libres dans l’espace public ? »

Affublées de maquillages mystérieusement graphiques, Emily Roderick, Georgina Rowlands, Anna Hart et Evie Price se mettent alors à marcher, en silence, dans les rues de la capitale. Derrière la performance artistique se cache une véritable technique de camouflage, CV Dazzle, développée en 2010 par le chercheur Adam Harvey. Le but ? Protéger nos visages des algorithmes de reconnaissance faciale.

Contrer la surveillance de masse avec du maquillage

« En appliquant ce maquillage, on rend les technologies de surveillance visibles, expliquent Emily et Georgina, qui travaillent en binôme sur le sujet depuis plusieurs années et organisent des marches, chaque mois, avec leur collectif. Avant, notre travail était plus abstrait, plus artistique, mais à mesure que ces dispositifs se sont déployés dans l’espace public, il devenait important de mettre en application des moyens de s’en protéger. »

Et quoi de mieux qu’une technique de camouflage initialement développée par l’armée pour s’en prémunir ? Durant la Seconde Guerre mondiale, les forces navales développent « Dazzle », un type de camouflage qui utilise des motifs d’inspiration cubique pour brouiller les formes, la taille et l’orientation des navires de guerre, les fameux cuirassés. En transposant ce principe au maquillage, mais aussi aux coiffures, on peut ainsi briser la continuité d’un visage et tromper certains systèmes de surveillance.

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Une association proche du Hamas et des Frères Musulmans certifiée partenaire humanitaire par la Commission européenne

Une nouvelle incitation à l’immigration illégale imaginée par la Commission

immigration

Le 27 avril, la Commission européenne présentait sa proposition de stratégie pour renvoyer chez eux les immigrants illégaux qui n’ont pas droit à l’asile. Le Grec Margarítis Schinás, « vice-président de la Commission européenne chargé des Migrations et de la promotion du mode de vie européen », clamait fièrement sur Twitter : « L’Europe restera une destination d’asile pour ceux qui fuient les persécutions et la guerre. Toutefois, les personnes qui n’ont pas le droit de rester devront être renvoyées dans leur pays d’origine. Ne pas les renvoyer nuit à la crédibilité de notre système et nous empêche de protéger ceux qui en ont besoin. »

Faut-il y voir un revirement de Bruxelles sur les questions migratoires après des années d’immigrationnisme aveugle et de combat acharné contre les mesures efficaces prises par la Hongrie pour défendre sa portion de la frontière extérieure de l’espace Schengen ? Malheureusement, la réponse est non. Certes, la Commission prend acte du fait que les immigrants illégaux (pudiquement appelés « migrants », bien entendu) doivent être plus massivement renvoyés chez eux une fois déboutés du droit d’asile. Schinás a cité les chiffres de 2019 : pour un demi-million d’ordres de quitter leur pays d’accueil européen, seuls 142 000 seraient effectivement partis. Pour quelle destination ? Le Commissaire ne le précise pas, mais l’UE sans frontières permet toutes les suppositions.

Néanmoins, la Commission propose uniquement un système européen coordonné de « retour volontaire et de réintégration ». Les retours volontaires seraient, selon les pontes bruxellois, plus efficaces que les rapatriements forcés. Cette stratégie visant à inciter financièrement les « migrants » qui voudraient bien accepter de quitter le territoire sur lequel ils sont entrés illégalement et à les aider à se réintégrer dans leur pays d’origine s’inscrit dans le cadre du « pacte sur la migration et l’asile » en négociation depuis l’année dernière (voir « Nouveau pacte migratoire de l’UE avec solidarité obligatoire » dans Présent du 25 septembre 2020).

Pendant ce temps, la pression migratoire continue de croître à la faveur de ce laxisme européen qui ne semble pas près de vouloir se terminer et dont les Africains et Moyen-Orientaux sont très conscients. Le 27 avril, le navire Ocean Viking de l’ONG française SOS Méditerranée annonçait avoir récupéré 236 nouveaux « migrants » qui se trouvaient à bord de deux gros canots pneumatiques à 32 milles nautiques du rivage libyen. Le 29 avril aux Canaries, un bateau de la garde côtière espagnole arrivait au port de Los Cristianos, sur l’île de Tenerife, traînant derrière lui une embarcation contenant 24 corps sans vie et trois survivants qui ont dû être hospitalisés. Le week-end précédent, les autorités espagnoles avaient récupéré 123 « migrants » qui tentaient de contourner à la nage, par mauvais temps, la clôture entre le Maroc et l’enclave de Ceuta.

Il est clair que ce n’est pas la « stratégie de retour volontaire et de réintégration » de la Commission européenne qui va dissuader ces gens-là de mettre leurs jours en danger pour tenter de venir rejoindre ceux qui ont déjà réussi la traversée et que l’on ne renvoie que rarement chez eux.

Et même plus, cette stratégie ne peut que constituer une incitation supplémentaire, car le candidat à l’émigration aura l’assurance que, s’il ne réussit pas sa vie chez nous, on le paiera pour rentrer chez lui et s’y réinstaller. Dans tous les cas, à partir du moment où il met le pied sur le continent européen, il est gagnant.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 29 avril 2021

Allemagne – Les « anti-masques » placés sous haute surveillance

anti-masques

S’il semble particulièrement doué en la matière, le gouvernement français est cependant loin d’être le seul à piétiner allègrement les libertés individuelles de ses citoyens et à faire preuve d’un incroyable autoritarisme sanitaire sous prétexte de lutte contre le Covid-19. Pour preuve, la récente et effarante décision de l’Office fédéral allemand de protection de la Constitution, autrement dit des services de renseignement intérieur teutons, de placer sous surveillance renforcée tous ceux qui osent contester le port du masque obligatoire, le confinement, le couvre-feu et autres innombrables mesures liberticides imposées par le pouvoir berlinois à l’occasion de la pandémie.

Une remise en cause des « principes constitutionnels essentiels » ?

Mercredi, en effet, le ministère allemand de l’Intérieur, n’ayant, semble-t-il, pas peur du ridicule, a expliqué : « Notre ordre démocratique fondamental, ainsi que les institutions de l’Etat telles que les parlements et les gouvernements, ont fait l’objet de multiples attaques depuis le début des mesures visant à contenir la pandémie de Covid-19. » Après quoi, le ministère a annoncé le placement sous la surveillance du renseignement intérieur des « groupes et individus » qui manifestent régulièrement dans le pays contre les restrictions sanitaires et remettent en cause les « principes constitutionnels essentiels » ! Le port du masque, la distanciation physique, le télétravail, ou encore le confinement, des « principes constitutionnels essentiels » ? On croit rêver…

« Complotisme » ou simple ras-le-bol ?

C’est que, comme son homologue français, le gouvernement de la chancelière Merkel a trouvé la parade pour discréditer et réduire au silence tous ceux qui osent critiquer sa gestion de la crise sanitaire ou en ont simplement assez des restrictions auxquelles ils sont soumis depuis plus d’un an : il les accuse directement de colporter « des mythes conspirationnistes », « des ressentiments antisémites », d’être des « adeptes de la secte QAnon », ou « des militants d’extrême droite », voire les quatre à la fois ! D’ailleurs, en annonçant mercredi la mise en place de cette surveillance renforcée d’une bonne partie du peuple allemand, le ministère de l’Intérieur ne s’est pas privé de faire le lien entre les milliers de manifestants qui se rassemblent régulièrement dans les grandes villes du pays pour dire leur ras-le-bol et « les extrémistes de droite » qui « instrumentalisent ces rassemblements pour susciter des échauffourées ». En effet, a-t-il insisté, « les organisateurs de ces manifestations montrent clairement que leur agenda va au-delà de la simple mobilisation pour protester contre les mesures restrictives ». Reste que, comme en France, il n’est pas du tout certain que le peuple allemand se laisse prendre à cette diabolisation systématique des opposants à la dictature sanitaire.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 29 avril 2021

Migrants violeurs et franc-parler des dirigeants au Danemark

migrants danemark

Selon les données publiées par le Ministère de la Justice danois, les étrangers sont fortement surreprésentés parmi les personnes condamnées pour viol puisqu’ils comptaient pour 25 % du total environ l’année dernière. Le nombre d’accusations de viols et de condamnations pour viol a explosé au cours des 8 dernières années, passant de 417 plaintes et 132 condamnations en 2012 à 987 plaintes et 217 condamnations en 2020. 53 personnes sur 217 condamnées pour viols en 2020 n’avaient pas la nationalité danoise. Ces personnes étaient le plus souvent originaires de Syrie, de Turquie, de Palestine ou du Moyen-Orient. Officiellement, les immigrants ne constituent que 8 % de la population danoise, un chiffre qui ne tient pas compte des immigrés de deuxième génération nés au Danemark. Naser Khader, député du Parti populaire conservateur, suppose donc que le nombre de personnes condamnées pour viol ayant un lien direct avec l’immigration est bien plus élevé.

Le gouvernement danois ne semble pas prendre ces données à la légère. Pour le ministre de la justice Nick Hækkerrup, du Parti social-démocrate : « C’est avant tout un énorme problème pour notre communauté et pour notre société qu’il existe des groupes ayant un si grand impact en terme de criminalité. (…) Cela remet en cause notre cohésion et c’est pourquoi l’objectif de la politique du gouvernement est aussi d’expulser les étrangers sans nationalité danoise condamnés pour viol. »

Le premier ministre danois Mette Frederiksen a même annoncé la mise en place d’une politique qui doit amener le nombre de demandeurs d’asile à zéro. Depuis son arrivé au pouvoir en 2019, le Parti social-démocrate œuvre à réaliser sa promesse électorale de rapatrier les demandeurs d’asile et de limiter, peut-être même arrêter, les flux migratoires vers le Danemark.

Selon le ministre de la Justice :

« Les chiffres montrent clairement que nous avons un problème à caractère ethnique puisqu’un nombre comparativement élevé d’étrangers sont condamnés pour viol, tout comme nous avons un problème évident avec le fait que plus de la moitié des détenus dans les prisons et les centres de détention du pays sont des immigrés, des descendants d’immigrés ou des étrangers.»

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 23 avril 2021

Matteo Salvini jugé pour avoir empêché des migrants de débarquer

19/04/2021 – ITALIE (NOVOpress)
L’ancien ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini sera jugé pour avoir interdit le débarquement de migrants en 2019.

Matteo Salvini, qui encourt jusqu’à quinze ans de prison, a réagi sur Twitter :

« La défense de la patrie est le devoir sacré de tout citoyen […]. Je vais être jugé pour cela, pour avoir défendu mon pays ? Je m’y rendrai la tête haute »


Grand remplacement en Europe : la Pologne en pointe de la résistance identitaire

Pologne résistance

Après de multiples articles ayant passionné des centaines de milliers de lecteurs, Polémia conclut son tour d’Europe du Grand Remplacement. Après avoir étudié l’emblématique cas de la Suède puis l’inquiétante submersion démographique de la Belgique, l’espoir d’une réaction politique au Danemark, le désastre multiculturel britannique, le suicide de l’Allemagne, les tentatives de résistances de l’Autriche, l’espoir naissant en Italie, la spirale infernale en Espagne, l’islamisation galopante des Pays-Bas, le bon élève portugais, la lente chute de la Suisse, la crise migratoire en Grèce, la situation catastrophique de la France et le signal d’espoir envoyé par la Hongrie… Paul Tormenen s’intéresse enfin à la Pologne qui semble résister à l’ethnomasochisme de tant de pays européens.
Merci à Paul Tormenen pour l’extraordinaire labeur qu’a constitué ce tour d’horizon du Grand Remplacement en Europe.
Vous pouvez retrouver l’intégralité de ces passionnants articles sur Polémia via le mot-clef « Grand Remplacement en Europe ».

La Pologne a connu depuis la fin du régime communiste en 1989 de profonds bouleversements démographiques. Mais les gouvernements qui se succèdent au pouvoir dans ce pays entendent rester fidèles à ses racines chrétiennes et garder son identité. Le recours à une immigration uniquement choisie n’est pas sans provoquer les foudres des bureaucrates de l’Union européenne.

La Pologne est confrontée depuis quelques années à plusieurs défis démographiques : sa population baisse, sous l’effet conjugué d’une émigration soutenue et d’une faible natalité. Le formidable essor économique que connaît le pays depuis la chute du « rideau de fer » a entraîné d’importants besoins en main-d’œuvre. Cela a amené les gouvernements successifs à organiser une immigration choisie, principalement originaire d’Ukraine. Dans le cadre de ces mouvements de population, les autorités polonaises entendent plus que jamais rester fidèles à l’identité chrétienne du pays, une identité qui a été un vecteur de résistance pendant des périodes d’oppression par différentes puissances étrangères. Mais le refus du gouvernement polonais, largement partagé dans la population, de subir une immigration extra-européenne, a entraîné à plusieurs reprises sa condamnation par les cours de justice européennes (CJUE, CEDH). La partie de bras de fer entre la Pologne et l’Union européenne est loin d’être terminée, comme en témoigne la nouvelle controverse autour de « l’État de droit ».

Une émigration importante et de longue date

Avant d’être un pays d’immigration, la Pologne a longtemps été un pays d’émigration. Le xixe siècle a été marqué par un mouvement croissant d’émigration de Polonais vers les États-Unis, le Canada, l’Australie, la France, l’Amérique du Sud, etc. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, près d’un sixième de la population a quitté le pays, de façon forcée ou volontaire (1). Le régime communiste mis en place par l’URSS a réduit l’émigration, sans toutefois arriver à l’arrêter (2). La chute des régimes totalitaires à partir de 1989 a entraîné l’ouverture des frontières des pays d’Europe de l’Est. Plusieurs centaines de milliers de Polonais ont alors émigré à l’étranger, notamment en Allemagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada. D’après le ministère des Affaires étrangères, près d’un Polonais sur trois vit à l’étranger (3). Le nombre de Polonais vivant temporairement à l’étranger est quant à lui estimé à 2,4 millions (4).

L’économie polonaise en plein essor

L’économie polonaise a fortement bénéficié du libre-échange à partir du début des années 1990. L’esprit d’entreprise, les aides de l’Union européenne et le bas coût de la main-d’œuvre en Pologne ont favorisé l’essor de nombreux secteurs d’activité. Le taux de croissance de l’économie du pays est depuis plusieurs années bien supérieur à celui de la France. La Pologne est désormais la 10e économie de l’Union européenne. Pour satisfaire les besoins de main-d’œuvre, les autorités polonaises ont organisé le recours à une immigration choisie.

Une immigration choisie

Les besoins en main-d’œuvre en Pologne sont particulièrement importants dans l’agriculture, le bâtiment, les services domestiques, la santé, le tourisme et l’enseignement. Pour y faire face, les autorités polonaises accordent de plus en plus de permis de travail aux étrangers.

Alors qu’en 2008 près de 20 000 travailleurs étrangers disposaient d’un titre de travail, ils étaient 450 000 en 2019. Le nombre de titres de travail délivrés dans la période 2015-2019 est tout à fait considérable : 1,2 million.

Sur la seule année 2019, la Pologne a délivré près de 25 % des permis de séjour accordés dans l’Union européenne. Les nouveaux venus étaient en 2019, sur un total de 724 000, pour 551 000 d’entre eux, Ukrainiens (5).

L’immigration en vue d’une résidence permanente en Pologne est beaucoup plus modérée : elle a concerné de 6 600 à 17 400 personnes par an dans la période 2000-2019. Les Ukrainiens sont la nationalité étrangère la plus représentée parmi les étrangers qui viennent s’installer de façon pérenne en Pologne (6). La crise économique et la corruption en Ukraine ont amplement contribué à ces mouvements de populations.

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Alain de Benoist : « L’OTAN n’est pas en état de mort cérébrale. C’est l’Europe qui l’est ! »

Alain de Benoist

Nous avons déjà eu l’occasion de parler de l’OTAN, organisation qui aurait dû logiquement être dissoute en même temps que le pacte de Varsovie, puisqu’elle avait été créée à seule fin de résister à l’Union soviétique, aujourd’hui disparue. Mais il n’en a rien été, puisqu’elle s’est muée en une vaste organisation de « défense globale » qui intervient désormais dans le monde entier. Quelles sont, aujourd’hui, ses priorités ?

Tout le monde le sait, ses ennemis désignés sont aujourd’hui la Fédération de Russie en premier lieu, la Chine en second. Le fait nouveau est qu’avec l’élection de Joseph (« Joe ») Robinette Biden, le parti de la guerre est de retour. Les États-Unis ont déjà recommencé à bombarder la Syrie, Poutine se fait traiter de « tueur » par Biden et de nouvelles sanctions viennent d’être adoptées contre la Chine. Parallèlement, une vaste offensive de propagande est en cours pour « cimenter la centralité du lien transatlantique », c’est-à-dire pour faire croire aux Européens que les ennemis des Américains sont nécessairement les leurs. On en revient au chantage à la protection de l’époque de la guerre froide : les Européens sont sommés de s’aligner sur les positions de Washington en échange de la protection américaine, et donc de faire allégeance au commandant suprême des forces alliées en Europe qui est, comme toujours, un général américain. En clair : protectorat contre vassalisation.

C’est aussi ce que dit la tribune publiée tout récemment dans le mensuel Capital, qui a été signée par plusieurs hauts gradés militaires. Le moins qu’on puisse dire est que ses signataires ne mâchent pas leurs mots, puisqu’ils disent que la souveraineté de la France est directement menacée par les projets de l’OTAN…

La lettre ouverte adressée à Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN, par les membres du Cercle de réflexion interarmées est en effet un véritable réquisitoire contre le projet « OTAN 2030 », qui définit les missions de l’Organisation pour les dix prochaines années. Ce projet est qualifié de « monument de paisible mauvaise foi », ce qui a le mérite d’être clair. Mais il faut aller plus loin si l’on veut comprendre ce qui est en jeu.

Le fait important est que la doctrine de l’OTAN n’a cessé d’évoluer, ces dernières années, vers l’intégration du combat nucléaire à toutes les étapes de la bataille. En 2008, l’OTAN avait déjà refusé de signer le Pacte européen de sécurité proposé par Moscou. En 2010, au sommet de Lisbonne, la défense anti-missiles balistiques américaine mise en place en Europe avait pris un caractère clairement dirigé contre « l’ennemi russe ». À partir de 2015, les premiers missiles antimissiles américains en packs de 24 lanceurs Mk 41, implantés tout autour de la Russie, n’ont plus été conçus comme permettant seulement des tirs défensifs, mais aussi des tirs offensifs. En 2019, les États-Unis ont déchiré le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) qui avait été signé en 1987 par Gorbatchev et Reagan. Tout récemment encore, un groupe de dix experts nommé par Stoltenberg s’est prononcé, dans son livre OTAN 2030: United for a New Era, pour le déploiement en Europe de nouveaux missiles nucléaires à moyenne portée équipés de bombes nucléaires B61-12. On en revient, ainsi, au concept de « bataille nucléaire de l’avant ». Cela signifie que le concept de frappe nucléaire tactique de théâtre est à nouveau scénarisé et que l’OTAN considère désormais l’Europe comme son futur champ de bataille, les États-Unis restant bien entendu seuls maîtres de l’engrenage vers l’option nucléaire.

En déclarant, il y a deux ans, que l’OTAN était « en état de mort cérébrale », Emmanuel Macron avait fait sensation, cette déclaration ayant été interprétée comme un appel lancé aux Européens pour qu’ils se dotent d’une défense commune qui leur soit propre. Apparemment, ça n’a pas été le cas.

Dans l’entretien auquel vous faites allusion, Macron disait aussi que « si nous acceptons que d’autres grandes puissances, y compris alliées, y compris amies, se mettent en situation de décider pour nous, notre diplomatie, notre sécurité, alors nous ne sommes plus souverains ». Le chef de l’État parlait d’or. Mais hélas ! il s’est contenté de jouer du pipeau, puisque le sursaut attendu n’a pas eu lieu. Quand, en 2009, Nicolas Sarkozy avait décidé de réintégrer la structure militaire de l’OTAN, il avait également claironné qu’il levait ainsi un obstacle à la mise en place d’une Défense européenne. C’était tout aussi illusoire. Ou tout aussi mensonger.

Plus significatif encore : après les déclarations de Donald Trump laissant planer le spectre d’un désengagement de Washington, on aurait pu penser que les Européens se seraient souciés plus sérieusement de pourvoir par eux-mêmes à leur sécurité. C’est le contraire qui s’est passé. Tous les gouvernements européens ont, au contraire, rivalisé en gestes d’allégeance dans l’espoir d’infléchir la position des États-Unis. Tous ont fait assaut de surenchère atlantiste sur des sujets comme la désignation de la Chine et de la Russie comme nouveaux ennemis communs, l’inclusion de l’espace parmi les théâtres d’opérations de l’OTAN ou l’accès des États-Unis aux programmes d’armement européens. La France elle-même s’est finalement alignée sur les positions américaines et ne fait plus entendre une voix originale sur aucun sujet. Si tel n’était pas le cas, elle commencerait par se désolidariser des sanctions contre la Russie et rétablirait ses relations diplomatiques avec la Syrie !

Une Défense européenne n’est pas près de voir le jour pour la simple raison que la majorité des États européens, à commencer par l’Allemagne, n’en veulent pas, non seulement parce qu’ils trouvent que cela coûte trop cher et qu’ils s’imaginent que les bons sentiments suffisent à régler les rapports de force, mais aussi parce qu’ils savent très bien qu’il est impossible de défendre l’Europe sans prendre la place de l’OTAN, dont c’est la chasse gardée. Comme le dit le général Vincent Desportes, « plus le parapluie américain est une chimère, plus les Européens s’y accrochent ». Alors que les États-Unis disposent d’un budget militaire de près 750 milliards de dollars (contre moins de 70 milliards pour la Russie), les budgets militaires de la plupart des pays européens sont indigents, ces mêmes pays préférant de surcroît acquérir des avions de guerre et des systèmes balistiques américains plutôt qu’européens pour complaire au complexe militaro-industriel américain.

Macron a eu grand tort de parler de « mort cérébrale » à propos de l’OTAN. L’OTAN n’est nullement en état de mort cérébrale. C’est l’Europe qui l’est, puisqu’elle refuse de se doter des moyens de la puissance. Le général Vincent Desportes le dit également sans ambages : « L’OTAN est une menace pour l’Europe », avant d’ajouter que « l’avenir de l’Europe est eurasiatique, pas euro-atlantique ». Une évidence que personne ne veut apparemment reconnaître. Le réveil sera terrible.

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Grande-Bretagne – Caricatures de Mahomet : un enseignant sous protection, par Olivier Bault

Caricatures de Mahomet

La semaine dernière en Angleterre, un jeune enseignant a été contraint de se cacher avec sa femme et ses quatre enfants et une école est repassée en mode d’enseignement à distance pour une histoire de « caricatures » de Mahomet montrée à des élèves dans le cadre d’un cours sur les religions, où il était question des limites de la liberté de la presse. Certes, dans une ville où plus de 40 % de la population est musulmane et a fortiori dans une école où près des trois quarts des élèves proviennent de familles où cette religion est professée, exhiber un de ces dessins humoristiques de Charlie Hebdo quelques mois après l’assassinat de Samuel Paty en France n’était sans doute pas la meilleure chose à faire, et la réaction prévisible à ce choix pédagogique met tout simplement en évidence le Grand Remplacement à l’œuvre dans cette région du West Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre. Quelques dizaines de manifestants musulmans rassemblés devant les portes de l’établissement d’enseignement secondaire Batley Grammar School dans la ville de Batley auront suffi à faire suspendre l’enseignant et le cours concernés par la direction de l’école qui a en outre promis une enquête approfondie et a présenté ses plus plates excuses à la communauté musulmane.

Jeudi, une organisation caritative musulmane, Purpose of Life (But de la vie), a divulgué le nom de l’enseignant dont elle a présenté le cours comme insultant l’islam et comme étant une forme de terrorisme. Venant d’islamistes, c’est un appel au meurtre à peine voilé. Une autre ONG, la Free Speech Union (Union pour la liberté d’expression), a donc dénoncé cette association musulmane à l’autorité de tutelle des organisations caritatives pour mise en danger de la sécurité physique de l’enseignant. Après la divulgation du nom de l’enseignant, celui-ci a circulé sur les réseaux sociaux et de jeunes « Asiatiques » (comprendre : Pakistanais) ont été vus alors qu’ils regardaient par les fenêtres de sa maison vide.

Face à la dhimmitude des syndicats d’enseignants restés silencieux et des responsables politiques préférant critiquer l’enseignant, ce sont des élèves qui se sont chargés de lancer une pétition en ligne en soutien à leur professeur avec plusieurs dizaines de milliers de signatures recueillies en quelques jours. Ces élèves, qui exigent qu’on leur rende leur prof, ont expliqué dans leur pétition que celui-ci donnait un cours sur le racisme et le blasphème et les avait prévenus avant de leur montrer les images jugées blasphématoires par les musulmans. Une autre pétition opposée circule au sein de la communauté musulmane pour exiger le renvoi de l’enseignant.

Le député travailliste local avait lui aussi paru faire porter la responsabilité des événements à l’enseignant, avant de modérer ses propos sous la pression de la direction de son parti, après que le ministre de l’Education du cabinet fantôme du Labour eut condamné les tentatives d’intimidation contre les enseignants. Au gouvernement de Boris Johnson, le secrétaire d’Etat au Logement, aux Communautés et au Gouvernement local, Robert Jenrick, s’est dit très troublé par le fait qu’un enseignant puisse avoir à se cacher à cause du contenu de son cours et a condamné les manifestations devant l’école.

L’événement a relancé comme en France la discussion sur la frontière entre liberté d’expression, droit au blasphème et respect des minorités. L’attitude de l’école elle-même, fondée en 1612 par le révérend William Lee, n’incite toutefois pas à l’optimisme du point de vue de la liberté d’expression et elle reflète la triste réalité des changements démographiques liés à l’immigration de masse.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 29 mars 2021

Le «passeport sanitaire» validé par les 27 États de l’Union européenne a été présenté par le commissaire européen en charge des vaccins Thierry Breton