Cette fois, la route des Balkans est déjà fermée, par Olivier Bault

Il n’est pas inutile de rappeler les mots du directeur de Frontex lui-même dans une déclaration aux sénateurs français faite en juin 2016. Pour Fabrice Leggeri, la très forte réduction du nombre d’arrivées par la route de la Méditerranée orientale au début de l’année 2016 était due au « double effet de la fermeture des frontières sur la route des Balkans et de l’entrée en vigueur, le 20 mars, de l’accord passé entre l’UE et la Turquie ». Or la fermeture des frontières nationales dans les Balkans était consécutive, par effet domino, à la fermeture des frontières de l’Autriche en février 2016 appuyée par une action commune du V4 (Pologne, Tchéquie, Slovaquie et Hongrie) en soutien aux pays des Balkans, peu avant l’accord signé en mars avec la Turquie.

A l’époque, Berlin avait critiqué la décision de Vienne. Aujourd’hui, l’Allemagne a changé d’attitude et le porte-parole du gouvernement de Merkel a redit lundi que la route de l’UE est et restera fermée, contrairement à ce que les autorités turques font croire aux « migrants ». « Mutti Merkel » ne demande pas non plus à la Grèce d’ouvrir ses frontières comme elle l’avait fait vis-à-vis de la Hongrie en 2015-2016, même si son gouvernement est critiqué par des personnalités de droite et du centre, de l’AfD au FDP en passant par la CDU, estimant qu’il devrait être encore plus ferme dans ses déclarations et dans son soutien à la Grèce et à la Bulgarie.

La Bulgarie n’est certes pas encore affectée, mais elle a malgré tout déployé 300 soldats et 50 gardes-frontières supplémentaires le long de ses 259 kilomètres de frontière avec la Turquie, équipés d’une clôture (qui date d’avant la fameuse clôture frontalière hongroise si critiquée). Le ministère bulgare de la Défense envisage de détacher encore un millier de soldats de plus.

La Hongrie, qui était sous pression en raison des « migrants » déjà amassés sur la route des Balkans avant le nouvel assaut organisé par la Turquie, va encore plus loin : elle a annoncé comme la Grèce la suspension des demandes d’asile, en interdisant l’accès à ses centres fermés pour demandeurs d’asile pour les nouveaux requérants. Les autorités hongroises brandissent le risque de propagation du coronavirus, nombre de demandeurs d’asile provenant de pays à risque (Afghanistan, Territoires palestiniens, Iran…).

De même, l’Autriche a, par la voix du chancelier Sebastian Kurz, confirmé que les « migrants » qui parviendront à sa frontière seront stoppés. Son ministre de l’Intérieur Karl Nehammer a également exprimé son soutien aux efforts de la Hongrie et de la Croatie en vue de sécuriser leurs frontières respectives. La Croatie, qui laissait passer les « migrants » en 2015, ne peut plus en faire autant aujourd’hui, la Slovénie ayant elle aussi dressé une clôture sur sa frontière septentrionale. Le Premier ministre croate Andrej Plenkovic a promis lundi que, cette fois, son pays ferait tout pour protéger sa partie de la frontière extérieure de l’UE. La Serbie, qui laissait elle aussi les « migrants » traverser son territoire en 2015, a par conséquent annoncé qu’elle allait elle aussi renforcer ses contrôles aux frontières.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 5 mars 2020

Les Grecs à l’avant-poste d’une nouvelle immigration massive

Le 29 février, le président turc Erdogan a annoncé qu’il allait ordonner aux douaniers de son pays de ne plus garder la frontière avec la Grèce. Si cette annonce n’est pas nouvelle, elle est maintenant mise à exécution.

Dans le même temps, de nombreux Grecs manifestent contre la pression migratoire sur les îles de la mer Égée. Mais une réaction ferme des gouvernements européens face aux manœuvres du président turc tarde à se concrétiser. Au risque de créer un nouvel appel d’air aux conséquences incalculables pour les Européens.

La Grèce, zone de transit

En septembre 2019, le président turc Erdogan menaçait déjà de « continuer à envahir l’Europe de migrants si la Turquie ne reçoit pas plus de fonds » de l’Union européenne (1). Après le pic de 2015 et une baisse ensuite, le nombre d’arrivées illégales en Grèce recommence à augmenter fortement depuis 2017, avec une accélération depuis le mois de décembre 2019.

Arrivées illégales en Grèce
2017 36 310
2018 50 508
2019 74 613
Source : UNHCR Refugee situation

Le 29 février 2020, le président turc annonçait qu’il laisserait dorénavant les frontières de l’Europe ouvertes aux migrants (2). Selon certaines sources, non seulement la frontière gréco-turque n’est plus contrôlée par les douaniers turcs, en dépit de l’accord signé en 2016 entre l’Union européenne et la Turquie, mais également des migrants seraient fortement incités à se rendre en Europe (3). C’est par milliers que ceux-ci se massent et franchissent illégalement par la mer et la terre une frontière dont la surveillance par les autorités grecques est renforcée (4).

Déjà, en 2015, l’annonce inconséquente de la chancelière allemande, Angela Merkel, d’ouvrir les frontières de son pays avait entraîné un afflux massif de population (856 000 arrivées illégales en Grèce sur la seule année 2015) dont l’Europe de l’Ouest continue encore aujourd’hui de subir les effets.

L’accord Union européenne-Turquie

L’accord conclu le 18 mars 2016 entre l’Union européenne et la Turquie prévoyait notamment le renvoi des clandestins arrivés en Grèce et la lutte par la Turquie contre l’immigration irrégulière vers la Grèce (5). En juillet 2019, Ankara a suspendu l’accord de réadmission des clandestins arrivés en Grèce en raison de sanctions de l’Union européenne,à la suite de l’exploration par Ankara de gisements de gaz dans les eaux chypriotes (6). Le président Erdogan invoque désormais comme raison à l’ouverture des vannes de l’immigration vers l’Europe le paiement partiel de la somme due à la Turquie au titre de l’accord conclu en 2016. Les critiques de l’Union européenne au sujet de l’offensive de la Turquie en Syrie contre les Kurdes et l’afflux de centaines de milliers de Syriens à la frontière syro-turque pourraient être d’autres motifs tout aussi importants du courroux de celui que certains nomment le « sultan » turc.

La situation en Grèce

L’afflux continu de migrants en Grèce, et particulièrement sur les îles de la mer Égée, n’est pas sans conséquences. Un récent rapport du Conseil de l’Europe évoque des émeutes fréquentes dans les centres d’accueil et d’identification (RICS) et des tensions entre demandeurs d’asile et police (7). Selon un rapport paru en 2016, les étrangers sont surreprésentés dans les chiffres de la délinquance : ils représentaient en 2016 36 % des personnes arrêtées pour homicides, 47 % de celles arrêtés pour viol et 32 % de celles arrêtées pour vol (8).

L’annonce de la construction de centres de rétention de migrants sur les îles de la mer Égée, de 5 000 places chacun, a été le détonateur d’une révolte populaire attisée par un sentiment de dépossession des Grecs de leurs îles.Sur les cinq îles de la mer Égée, près de 43 000 migrants sont présents, parfois depuis plusieurs années.

Le jeu trouble de certaines O.N.G.

En Grèce comme ailleurs, l’immigration clandestine est devenue un véritable business. Certaines organisations non gouvernementales ont fait l’objet de critiques fort peu médiatisées en Europe de l’Ouest. Le gouvernement de gauche d’A. Tsípras avait voulu en 2018 que chaque O.N.G. soit répertoriée à la suite de l’implication de certaines d’entre elles dans des scandales financiers et des opérations de traite d’êtres humains (9). C’est maintenant le gouvernement conservateur qui accuse des O.N.G. d’aider les passeurs et d’inciter les migrants à se révolter (10).

Pour lire la suite, c’est ici !

Procès de Julian Assange : « C’est un tribunal stalinien »

05/03/2020 – EUROPE (NOVOpress)
Le procès de Julian Assange a récemment démarré à Londres. Il pourrait déboucher sur son extradition vers les États-Unis, un pays où le fondateur de WikiLeaks sous le coup de 18 chefs d’inculpation, risque 175 ans de prison.

Pepe Escobar, journaliste indépendant, revient sur les tenants et aboutissants de ce procès.


Lesbos, camp des Saints, par Etienne Defay

La guerre des images a commencé. Samedi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé l’Europe d’une nouvelle vague migratoire. En moins d’une journée, près de 10 000 migrants ont alors été bloqués à la frontière grecque. Parmi eux, Syriens, Afghans et Irakiens ont été rejoints par environ 2 000 migrants supplémentaires. Alors que l’armée et la police parviennent à contenir l’afflux à proximité de Pazarkule, la population de l’île Lesbos fait rempart seule.

Sur son blog, l’historien et ethnologue Panagiotis Grigoriou décrit la situation de « guerre » dans laquelle se trouve la Grèce depuis plusieurs jours. « C’est une vaste opération montée par la Turquie et l’Union européenne », commente-t-il par téléphone, évoquant « plus qu’une simple invasion » sur fond d’islamisation.

« Ça n’est pas une question de racisme, c’est une question de faits », écrit-il notamment. La population a empêché plusieurs embarcations d’accoster, s’en prenant aux journalistes et membres d’ONG pro-migrants. « Sur place, les élèves paradent fièrement derrière le drapeau national en soutien aux comités populaires contre les agissements totalitaires des politiciens qui agissent sous ordre du ‟gouvernement grec” au profit de l’invasion migratoire musulmane », écrit l’historien.

Dépassés et envahis régulièrement par des migrants, les autochtones grecs rejouent donc la scène du Camp des Saints de Jean Raspail, sauf que le sang ne coule pas encore et que les Capitaine Dragasès sont nombreux.

Du côté des migrants, c’est la guerre de la communication, à l’aide des smartphones qu’ils possèdent en masse, ils filment leurs tentatives d’incursion en zone européenne en scandant des « Allahu Akhbar » hostiles qui donnent envie de beaucoup de choses, excepté de les accueillir. Dans une vidéo, on les voit exposer les quelques enfants présents à la fumée des braseros et les brutaliser afin qu’ils pleurent devant la caméra. Epuisés, esseulés mais maîtrisant parfaitement les éléments de communication que nos médias s’empressent de diffuser agrémentés de quelques commentaires bien sentis. Pour nos confrères, l’île de Lesbos est devenue le terrain de chasse des néonazis d’Aube Dorée, une dénomination qu’ils toléraient lorsque ces néonazis étaient les Ukrainiens d’Azov massacrant allègrement les populations pro-russes.

La Grèce fait donc face seule. Contre l’invasion orchestrée par le petit Sultan d’Istanbul et contre ses « alliés occidentaux ». De quoi lui rappeler son Histoire et l’invasion ottomane du XIXe siècle. Qui à l’époque s’en était soucié en Occident hormis une poignée d’intellectuels ?

Pour le Vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Jean Ziegler : « Lesbos est le symbole du plus grand fiasco moral et politique de l’Europe ». Constat partagé. Le fiasco est pour la Grèce et ses habitants. Sous tutelle économique de l’UE, ils subissent à présent l’invasion migratoire contre laquelle cette même UE est impuissante. Un fiasco de plus.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 4 mars 2020

Une pétition réclame l’envoi de troupes françaises à la frontière gréco-turque !

05/03/2020 – EUROPE (NOVOpress)
Une pétition, qui a été lancée le 4 mars, réclame l’envoi de troupes françaises à la frontière gréco-turque.

Voici le texte de présentation :

Erdogan, le président islamiste de la Turquie, a ouvert ses frontières et encourage des dizaines de milliers de migrants à déferler sur l’Europe à travers la Grèce. Sa volonté de déstabiliser et islamiser l’Europe n’est pas nouvelle. Aujourd’hui, il menace de lancer sur notre continent les presque 4 millions de migrants musulmans présents dans son pays.

À la frontière, les migrants tentent de prendre d’assaut au cri d’Allah Akbar les barrières mises en place par les forces de l’ordre et l’armée grecques. La population est venue prêter main forte aux garde-frontières, même les paysans font barrage avec leurs tracteurs !

Les Grecs sont pour l’heure seuls à faire face à cette menace. Le Danemark et l’Estonie ont déjà proposé l’envoi de bateaux et d’avions de surveillance ainsi que d’équipages de garde-côtes. La France, elle aussi, doit envoyer de toute urgence des navires et des hommes de nos forces armées pour épauler les Grecs face à cette invasion car c’est bien toute l’Europe qui est menacée !

Pour signer la pétition : http://www.france-petitions.com/petition/654/pour-l-envoi-de-troupes-francaises-a-la-frontiere-greco-turque

Erdogan menace l’Europe de submersion migratoire

A la recherche d’un soutien international pour faire plier l’armée de Bachar al-Assad dans la région syrienne d’Idlib, Recep Tayyip Erdogan a annoncé ouvrir ses frontières vers l’Union européenne pour laisser passer son flot de migrants.

Le président de la République de Turquie a annoncé, samedi 29 février, l’ouverture de ses frontières vers l’Union européenne. Une décision qui concerne « 18 000 migrants depuis vendredi », selon les autorités turques qui veulent mettre la pression sur les dirigeants européens afin d’obtenir du soutien dans le bras de fer qui les oppose à Vladimir Poutine et Bachar al-Assad dans la région nord de la Syrie.

Jeudi dernier, 33 soldats turcs ont été tués dans des frappes de l’armée du régime syrien. En représailles, l’armée turque a lourdement bombardé l’aéroport militaire de Neyrab, non loin d’Alep, puis abattu deux avions militaires syriens dans la région d’Idlib. Recep Tayyip Erdogan a sommé Vladimir Poutine de « s’ôter de son chemin », pour le laisser « seul à seul » avec Bachar al-Assad.

La Grèce en première ligne

Pour mettre la pression sur la communauté internationale, le chef de l’Etat turc a ouvert ses frontières occidentales. Plus de dix mille migrants venus de l’Afghanistan, de la Syrie ou de l’Irak se retrouvent donc massés aux portes de la Grèce. En réponse, les autorités athéniennes ont annoncé qu’elles « n’accepteront aucune demande d’asile pendant un mois » et « expulseront tous les migrants franchissant sa frontière ». Une fermeté expliquée par l’isolement du pays, abandonné dans cette situation par les autres pays européens, et par la crise à Lesbos où des centaines d’habitants protestent depuis plusieurs mois contre la submersion migratoire à laquelle ils doivent faire face.

Face à la fermeture de la frontière hellène, les migrants se retrouvent bloqués aux marges de la Turquie, interdits de retourner à Istanbul par les forces de l’ordre turques. Seule solution : passer par la mer. Les conditions météorologiques favorables de ces derniers jours ont permis à une quinzaine de bateaux d’accoster sur l’île de Lesbos déjà surchargée par les clandestins. Le centre d’accueil construit pour accueillir 3 000 personnes est déjà peuplé de 20 000 migrants. Alors, si les garde-côtes peuvent être dépassés, les clandestins devraient faire face à un accueil glaçant de la part de la population exaspérée et abandonnée par les autorités.

Des rendez-vous cruciaux

Inquiète de la situation, l’Union européenne devrait réunir cette semaine les ministres des Affaires étrangères afin de trouver une issue à cette crise diplomatique. En attendant, le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov, dont le pays partage une frontière avec la Turquie, doit rencontrer Recep Tayyip Erdogan au nom des vingt-sept pays. De son côté, Vladimir Poutine devrait discuter avec son homologue turc le 5 ou 6 mars prochain pour tenter de trouver un accord en vue d’une désescalade de la tension dans la région d’Idlib en Syrie, a annoncé le Kremlin.

Etienne Lafage

Article paru dans Présent daté du 2 mars 2020

La soumission de l’Allemagne à la repentance coloniale, par Bernard Lugan

Bernard Lugan

Outre-Rhin, bien que la parenthèse coloniale n’ait duré que deux décennies, l’exigence de repentance atteint en ce moment des sommets inégalés. Même en France où, pourtant, il n’est pas possible de parler de la colonisation sans avoir préalablement revêtu le cilice de pénitence, l’exigence de soumission au dogme de la culpabilité coloniale n’a pas (encore ?) une telle ampleur.

En Allemagne, il est aujourd’hui impossible, tant elle est longue, de dresser la liste des rues, des places, des squares, des musées, des instituts et des casernes débaptisés au seul motif qu’ils ont un rapport avec la période coloniale ou avec des personnages ayant un lien avec cette dernière. Dirigé par la gauche, le Land de Berlin a même fait de la repentance coloniale un de ses principaux axes politiques, comme si la ville n’avait pas de problèmes plus urgents et plus concrets à régler… Ici, il n’est pas un jour sans qu’il soit demandé aux habitants transformés en chiens de Pavlov de l’auto-flagellation, de psalmodier la liste des péchés ultramarins de leurs grands-parents et de « regarder en face les crimes coloniaux allemands ainsi que le génocide des Herero et des Nama » commis en Namibie, l’ancien Sud-Ouest africain.

Or, dans cette affaire, l’acte d’accusation contre l’Allemagne est un montage datant de la Première guerre mondiale, quand Français et Britanniques qui avaient besoin d’arguments « moraux » pour s’emparer de ses colonies, accusèrent l’Allemagne d’avoir « failli » à son « devoir de civilisation ». Fut alors constitué le dossier à charge de la guerre des Herero réutilisé aujourd’hui par la gauche allemande.
Ce dossier passe totalement sous silence les actes atroces commis par les Herero: familles de colons massacrées, torturées, les femmes dépecées vivantes sous les yeux de leurs enfants, les hommes émasculés puis éventrés… Quand elles tombaient entre leurs mains, et après avoir été violées, les femmes allemandes étaient suspendues par les pieds à un arbre, jambes écartées, puis éventrées et éviscérées, comme des bêtes de boucherie…Or, ce furent à ces mêmes arbres, qu’après les avoir jugés, les Allemands pendirent ceux des Herero qui s’étaient rendus coupables de ces meurtres abominables. Mais, alors que nous n’avons que des témoignages concernant les premiers crimes, les exécutions judiciaires furent quant à elles photographiées et ces clichés furent ensuite utilisés par la propagande alliée pour « démontrer » la « culpabilité coloniale allemande ». Aujourd’hui, ce sont ces mêmes photos qui alimentent la campagne de repentance nationale.

Pour la gauche allemande et pour les Eglises qui soutiennent naturellement, et même avec gourmandise, son combat, tous ceux, civils et militaires qui participèrent, de près ou de loin, à la guerre des Herero sont donc par définition des criminels.
En premier lieu Paul Emil von Lettow-Vorbeck (1870-1964), légendaire officier colonial qui devrait pourtant figurer au Panthéon des gloires allemandes pour sa campagne de l’est africain (1914-1918)[1]. Or, tout au contraire, bien qu’il ait été un adversaire du III° Reich, présenté aujourd’hui comme l’archétype du « criminel colonial », il est donc devenu une des principales cibles de ce politiquement correct qui achève d’émasculer une Allemagne étouffée sous ses complexes. Les rues et les casernes von Lettow-Vorbeck sont ainsi débaptisées pour recevoir les noms de déserteurs ou de militants de gauche, comme à Brême, à Bad Segeberg, à Hambourg-Jenfeld et à Leer. Quant au conseil municipal de Sarrelouis, sa ville natale, il s’est déshonoré en débaptisant l’avenue qui portait son nom et en lui retirant la citoyenneté d’honneur de la ville. Il en fut de même à Wuppertal, Brême, Cuxhaven, Mönchenglabad, Halle, Radolfzell et même à Graz, en Autriche. Des ouvrages indigents et d’une rare malhonnêteté intellectuelle sont également publiés afin de salir sa mémoire.

Mais, face au Mythe, que pèsent les pelotes fécales roulées par les bousiers de la repentance ? Ces derniers pourront toujours débaptiser, interdire, détruire, condamner, vociférer et finalement trépigner. Ils ne parviendront jamais à faire oublier la dévotion que les askaris vouaient au général Paul von Lettow-Vorbeck, un chef qu’ils admiraient et auquel ils avaient donné, avec amour et respect, le nom de « Bwana mukubwa ya akili mingi » (le grand homme qui peut tout).
Ils ne pourront également jamais, ces coprophages, empêcher les jeunes européens rebelles de chanter le Heia Safari [2] durant leurs randonnées et lors de leurs veillées. Cet hymne à la liberté et aux grands espaces qui résonne encore du Kilimandjaro à la Rufidji porte, avec les échos lointains des fifres et des caisses plates, les rêves d’une Europe en dormition dont le réveil sera douloureux aux hypnotiseurs vicieux qui pensaient la tenir définitivement en leur pouvoir…

[1] Voir à ce sujet ma biographie du général von Lettow-Vorbeck intitulée « Heia Safari ! Du Kilimandjaro auxcombats de Berlin (1914-1920) »
[2] En français « La petite piste ». Mélodie composée à la veille du premier conflit mondial par Robert Götz, également l’auteur du très célèbre Wildgänse (Les Oies sauvages). Dans mon livre, Heia Safari, je retrace l’origine de ce chant et je donne ses paroles en swahili, telles que les chantaient les askaris du général von Lettow-Vorbeck.

Bernard Lugan

Texte repris du site Blog de Bernard Lugan

Gérard Blua : “Avec son président islamiste qui nargue l’Occident et occulte l’histoire, la Turquie nourrit d’inquiétantes ambitions”

Viktor Orban : “Il est interdit de le dire en Europe, mais la migration est une invasion organisée”

24/02/2020 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Jeudi 13 février, venu inspecter la barrière frontalière de la Hongrie avec son homologue slovaque Peter Pellegrini, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a déclaré :

Il est interdit de le dire en Europe, mais la migration est une invasion organisée

S’adressant aux journalistes il ajoute que 95% des migrants arrivant à la frontière sont des « hommes en âge de porter leurs armes », ce qui ne colle pas avec les descriptions de la situation à la frontière hongroise dans les médias internationaux. Viktor Orban a tenu à remercier le Gouvernement slovaque pour l’aide qu’il fournit dans la protection des frontières.

Il insiste sur le fait que les migrants sont soutenus par des organisations se disant des ONG et qui fonctionnent comme les groupes de passeurs. Il ajoute que ces organisations disposent de ressources financières importantes.

Scandale Soros – Philippe de Villiers : « L’Open society Foundations est donc plus puissante qu’un pays comme la France »

Les mariages islamiques désormais non valides en Angleterre

20/02/2020 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Le vendredi 14 février, la cour d’appel d’Angleterre a déclaré les mariages islamiques invalides au regard du droit britannique. Cette décision contredit un précédent jugement de la Haute Cour, qui avait déclaré les mariages islamiques valides en 2018. Cela inclut d’importantes conséquences pour les couples déjà mariés.

En effet, ceux-ci devront contracter une union civile en plus de celle religieuse afin de légaliser leur mariage.

Le Guardian précise que le divorce instantané que peuvent décréter les maris fait la singularité du mariage islamique, leur union n’étant pas légalement enregistrée. Désormais le fait de divorcer sera plus stigmatisé.

Matteo Salvini renvoyé en justice par le Sénat italien pour avoir lutté contre l’immigration…

13/02/2020 – EUROPE (NOVOpress)
Le Sénat italien a autorisé mercredi le renvoi en justice de Matteo Salvini, accusé de “séquestration de personnes” (sic) pour avoir bloqué un bateau de migrants au large de la Sicile quand il était ministre de l’Intérieur.

Un tribunal de Catane (Sicile) accuse ainsi Matteo Salvini “d’abus de pouvoir et de séquestration de personnes” pour avoir bloqué l’été dernier durant plusieurs jours 116 migrants à bord d’un navire des gardes-côtes italiens, le Gregoretti.

Matteo Salvini a notamment déclaré :

En tant que ministre, en tant qu’homme, en tant qu’Italien, combattre les trafiquants d’êtres humains, défendre nos frontières et notre sécurité, défendre la fierté et la dignité de mon pays, protéger les Italiens des migrants illégaux n’était pas un droit, mais un devoir. Lorsque le procès aura lieu, je dirai que ce que j’ai fait est quelque chose dont je suis fier et non un crime.


L’AfD plonge la fausse droite allemande dans la crise, par Olivier Bault

D’abord un petit rappel utile : l’Alternative pour l’Allemagne (Alternative für Deutschland, AfD) est le premier parti d’opposition au Bundestag, la chambre basse du parlement fédéral allemand, face à la grande coalition gouvernementale réunissant la CDU-CSU (la fausse droite libérale-libertaire héritière de la démocratie chrétienne) et le SPD (la fausse gauche libérale-libertaire héritière de la démocratie sociale). Créé en 2013, le parti modérément conservateur et modérément souverainiste AfD est aujourd’hui représenté au parlement de chacun des seize Länder. En ex-Allemagne de l’Est, il a été le parti recueillant le plus de votes en 2019, année où il y a eu trois élections régionales : en Saxe, au Brandebourg et en Thuringe. Officiellement, la CDU dirigée par Angela Merkel et, depuis décembre 2018, par Annegret Kramp-Karrenbauer, l’actuelle ministre de la Défense, a toujours refusé toute alliance avec l’AfD, un parti qui subit en Allemagne l’équivalent du très mal nommé « front républicain » visant le RN en France.

Or il y a une semaine, le parlement de Thuringe élisait un président de Land appartenant au FDP, avec les voix du FDP, de la CDU et de l’AfD. Horreur ! Les grands médias allemands, illustrant une nouvelle fois leur manque total de pluralisme, ont tous crié au loup. Le point Godwin n’a pas seulement été immédiatement atteint, il a été dépassé, pulvérisé même. Le jour du vote, le candidat sortant de Die Linke (parti directement issu de la caste totalitaire qui dirigea la RDA d’une main de fer pendant des décennies), Bodo Ramelow, a comparé avec insistance ce vote au parlement de Thuringe à l’arrivée d’Adolf Hitler au pouvoir en 1933, et également au succès des nazis en Thuringe en 1930. Depuis Berlin, les appareils du FDP et de la CDU ont condamné leurs collègues de Thuringe qui avaient brisé un tabou en passant un accord avec les députés de l’AfD, un parti pourtant légal – et donc absolument pas fasciste ni néo-nazi, car sinon il serait interdit – et légitime, puisqu’il représente une portion non négligeable des électeurs.

Sous la pression, le nouveau ministre-président de Thuringe, Thomas Kemmerich, annonçait sa démission dès le lendemain de sa nomination. Des élections anticipées vont devoir être organisées pour briser l’impasse au parlement.

Ce serait Angela Merkel elle-même qui aurait obtenu la démission éclair de Kemmerich. Quant à Annegret Kramp-Karrenbauer (surnommée AKK), elle a annoncé lundi sa démission de la présidence de la CDU et sa décision de ne pas succéder à Angela Merkel au poste de chancelier fédéral. Alexander Gauland, le co-président du groupe AfD au Bundestag, a salué ce retrait en estimant qu’AKK ne pouvait plus imposer « sa politique d’exclusion à l’encontre de notre parti démocratique ». De leur côté, les sociaux-démocrates, les Verts et Die Linke s’inquiètent effectivement d’un possible virage à droite de la CDU une fois AKK partie. « Aucun démocrate ne voudrait voir une CDU qui pencherait à droite », a écrit sur Twitter la vice-présidente du SPD Anke Rehlinger. Cela a le mérite d’être clair : les « démocrates » allemands n’acceptent pas que l’on puisse être de droite ! Quant à la présidente du parti d’extrême gauche Die Linke, Katja Kipping, elle a critiqué le fait que, contrairement au SPD, la CDU refuse toute alliance avec les post-communistes de Die Linke de la même manière qu’avec les « fascistes » de l’AfD.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 12 février 2020

Qui veut en finir avec notre souveraineté ?, par Franck Deletraz

A force de se rendre à Berlin comme il irait à Canossa et de signer, comme il l’a fait en janvier 2019 à Aix-la-Chapelle, des traités rognant sur notre souveraineté, Macron a ouvert la porte aux pires revendications et provocations allemandes. Ainsi, après l’incroyable toupet affiché par la présidente de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, demandant en juillet dernier à ce que notre pays cède à l’UE son siège au Conseil de sécurité de l’ONU, c’est un autre proche de la chancelière Merkel, Johann Wadephul, vice-président du groupe parlementaire de la CDU, qui a osé proposer que la France place sa force de dissuasion nucléaire « sous un commandement commun de l’Union européenne ou de l’OTAN » !

Convoitise allemande

Interviewé en début de semaine par les journalistes du Tagesspiegel, le député Wadephul a en effet déclaré souhaiter que l’Allemagne « envisage une coopération avec la France en ce qui concerne les armes nucléaires ». En contrepartie de quoi, a-t-il précisé, « la France devrait être prête à placer sa force de dissuasion nucléaire sous un commandement commun de l’UE ou de l’OTAN ». La réalité, a-t-il expliqué, « est que nous avons besoin d’une dissuasion nucléaire. C’est dans l’intérêt allemand d’avoir une influence sur la stratégie qui nous protège. Il serait sage d’essayer de même avec la France ». Et Wadephul d’ajouter alors : « Le président Emmanuel Macron nous a plus d’une fois appelé à oser plus pour l’Europe. Il pourrait maintenant montrer qu’il est lui aussi prêt à cela. » Notons que Wadephul est loin d’être le seul, outre-Rhin, à défendre cette idée puisque, en février 2019 déjà, l’actuel président de la conférence de Munich sur la sécurité, Wolfgang Ischinger, avait plaidé en faveur d’une « européisation du potentiel nucléaire français ». Avec – tout de même – cette nuance de poids : le contrôle de cette « dissuasion partagée » resterait entre les mains du président français. On signalera également l’édition de dimanche de Die Welt, dont les journalistes, reprochant à Paris de refuser à l’Allemagne « un droit de regard pour l’utilisation des missiles nucléaires français », avaient le toupet d’écrire que « ce que la France n’est plus capable de réaliser, les Allemands doivent aider à le faire, sans bien sûr être sur un pied d’égalité »… Un comble, quand on sait que notre pays et notre armée portent (quasiment) à eux seuls, depuis des décennies, l’ensemble des opérations extérieures auxquelles nos prétendus « partenaires européens », et l’Allemagne en particulier, apportent, de loin, un vague soutien… moral !

Un peu de fermeté, M. Macron !

La vérité, c’est que nos voisins teutons, après avoir mis économiquement et diplomatiquement la main sur l’Europe faute d’une réelle opposition de la part de Paris, refusent de rester plus longtemps les nains militaires qu’ils sont depuis 1945. Ils souhaitent renouer avec la puissance, mais sur le dos de notre pays, à moindre coût, et aussi parce qu’ils n’en ont plus les moyens humains. A tel point que, en décembre 2018, Eberhart Zorn, alors chef d’état-major de la Bundeswehr, confiait au Funke Mediengruppe, que Berlin envisageait très sérieusement de faire appel à des ressortissants d’autres Etats membres de l’UE pour pallier son manque cruel de recrues… Reste, dans tout cela, la position de Macron, dont on peut craindre qu’il se laisse aller une fois de plus à quelques concessions en faveur de Berlin. Interrogé lundi par des journalistes alors qu’il était en déplacement à Varsovie, le président français, qui doit d’ailleurs s’exprimer sur la « stratégie de défense et de dissuasion » devant les stagiaires de l’Ecole de guerre ce vendredi, a rappelé que « sur la question nucléaire, il (lui appartient) de définir les intérêts vitaux (…). Mais je veux dire ici clairement qu’à mes yeux, les intérêts de nos partenaires européens sont toujours pris en compte ». Avant d’ajouter : « Je reviendrai précisément sur la doctrine mais aussi sur les procédures et modalités que je souhaite proposer sur ce sujet dans les prochains mois à nos partenaires. » Souhaitons qu’en ce domaine, au moins, il n’ouvre pas davantage la porte entrebaillée en 2006 par Chirac qui, à l’occasion d’un discours prononcé à l’Île-Longue, avait évoqué le principe de… « dissuasion concertée »

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 5 février 2020

Marion Maréchal lors de la National Conservatism Conference : « Nous voulons défendre une civilisation et non un marché ! »

Découvrez l’intégralité du discours prononcé en anglais par Marion Maréchal au colloque qui s’est tenu à Rome – les 3 et 4 février derniers – sur le thème du “Conservatisme national” avec notamment la présence du Premier ministre hongrois Viktor Orban et de la présidente de Fratelli d’Italia Giorgia Meloni.

Je tiens à remercier Yoram Hazony de nous avoir réunis aujourd’hui sous la bannière du conservatisme national.

Notre grande idée est que le conservatisme n’est pas une norme, ce n’est pas une doctrine fixe. Que c’est avant tout une disposition d’esprit. C’est pourquoi il existe tant d’expressions nationales du conservatisme. Le génie de chaque peuple a traduit à sa manière le besoin universel de conservation de la société. La particularité des mouvements conservateurs présents aujourd’hui est qu’ils ne veulent pas simplement ralentir la marche du progressisme. Ce n’est pas seulement un « oui mais ». Ils proposent une voie radicalement différente. Nous avons de beaux exemples de ces différentes voies nationales ici aujourd’hui et dans le monde: le conservatisme national de Donald Trump, l’illibéralisme de Victor Orban, le souverainisme de Boris Johnson, le catholicisme national polonais, le libéral-conservativisme autrichien et tchèque.

Pourquoi nous sommes tous conservateurs :

Derrière nos différences, nous pouvons tous assumer ce terme de «conservateur» car nous défendons tous une vision commune de l’humanité et de ses extensions naturelles : des communautés de différentes sortes plus spécifiquement la communauté nationale.

Nous sommes le nouvel humanisme de ce siècle.

Pourquoi ? Parce que nous connaissons et défendons tous les besoins de l’âme humaine : ordre, liberté, obéissance, responsabilité, hiérarchie, honneur, sécurité (selon la liste de la philosophe Simone Weil). Tous ces besoins essentiels à l’être humain et que le progressisme refuse de satisfaire. Sans répondre à ces besoins, il ne peut y avoir ni civilisation, ni émancipation, ni bonheur. Nous refusons le relativisme par lequel chaque individu serait le créateur de ses propres valeurs. Nous croyons au droit naturel, à une éthique universelle. Nous pensons que la volonté individuelle ne peut être la seule boussole de la société.

Nous, conservateurs, savons que ni l’humanité ni les nations ne peuvent être réduites à des constructions intellectuelles. Ce sont des réalités réelles, sensibles, linguistiques, culturelles, spirituelles. Nous essayons de relier le passé au futur, la Nation au monde, la famille à la société, l’économie à la politique, le commerce aux frontières, la personne au bien commun. Les progressistes sont des observateurs passifs du soi-disant “sens de l’histoire” dans lequel le droit et l’économie gouvernent la société. Nous, conservateurs, voulons à nouveau l’homme comme sujet de l’histoire et l’économie comme outil, et non comme ordre lui-même. Nous représentons le réalisme alors qu’ils représentent l’idéologie, nous incarnons la mémoire alors qu’ils sont amnésiques, nous appartenons à une continuité historique alors qu’ils se concentrent sur la prochaine introduction en bourse ou les prochaines élections.

Et sur le conservatisme français? Quelle est donc la voie choisie par la France ? Quel est le visage du conservatisme français ?

Quelle question difficile pour un pays qui est à la fois le pays de grandes figures conservatrices comme Bonald, Maistre, Chateaubriand, Balzac, Tocqueville ou Le Bon… et le laboratoire d’origine des idées progressistes. Edmund Burke a déjà détecté dans la Révolution française les racines du mal qui nous ronge : le citoyen abstrait de la Révolution française, détaché de sa terre, de sa paroisse, de sa profession, est une matrice du Citoyen du Monde ! La révolution française a favorisé l’universalisme contre le particularisme, le rationalisme contre la spiritualité, l’abstraction contre le contractualisme politique réel. La plupart des idées politiques modernes ont été inventées en France. En France, il n’y a plus de mouvement conservateur depuis la troisième république mais il y a eu des moments conservateurs depuis la Révolution: légitimisme, catholicisme social ou gaullisme. Il n’y a pas d’histoire linéaire du conservatisme français mais plutôt un style. Le regretté Roger Scruton en a parlé comme d’une pensée romantique, poétique, littéraire mais abstraite, contrairement au conservatisme britannique. Logique: en réaction à l’événement métaphysique qu’est la Révolution de 1789, les Français répondent par un conservatisme métaphysique.

On retrouve pourtant quelques caractéristiques de la tradition conservatrice française :

Cette tradition aime l’engagement social mais n’aime pas le socialisme ; elle est en faveur de l’intervention de l’État, sans être centralisatrice. Elle adhère au catholicisme mais peut être hostile à l’Église. Les conservateurs français aspirent à une démocratie directe reposant sur le lien fort entre un «homme de la Providence» et la communauté politique. Ils jouissent ensemble de l’ordre et de la liberté: comme l’a dit de Gaulle, «Il y a un pacte vieux de vingt siècles entre la France et la liberté du monde». Souvent dans notre histoire, nous avons l’impression que la pensée révolutionnaire a gagné. Et aujourd’hui, «conservatisme» est souvent synonyme d’immobilité, d’esprit bourgeois et même de libéralisme.

La France est-elle donc vouée à être une nation progressiste ? Absolument pas. Mais vous commencez à nous connaître : nous ne savons pas faire de la politique sans créer un peu de chaos. Les Gilets Jaunes sont la version spectaculaire d’une révolte électorale contenue, moralement blâmée et réprimée physiquement. Ce sont la version française des Brexiteers. La différence est qu’ils n’ont pas été écoutés. Les Français ont le sentiment qu’une approche conservatrice est devenue une nécessité vitale. Une nécessité vitale pour protéger leur patrimoine matériel et culturel. Ils craignent de perdre ce qui leur est précieux, ce qui leur est familier, ce qui les distingue, ce qui les définit. Dit simplement, leur âme.

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