« Mariage gay » dans l’UE : grosse pression du Parlement européen

Europe mariage gay

La régulation du mariage et de l’adoption n’entre pas dans les compétences de l’UE ? Qu’à cela ne tienne, c’est au nom du droit à la libre circulation et du principe de non-discrimination inscrits dans les traités que le Parlement européen exige, par une résolution adoptée le 13 septembre, que tous les Etats membres reconnaissent les « mariages » entre personnes de même sexe, « la reconnaissance, pour les parents transgenres, du genre qui est le leur en droit », ainsi que les certificats de naissance falsifiés par certains pays puisqu’ils font état de deux papas biologiques ou de deux mamans biologiques.

En ce qui concerne la reconnaissance des « mariages » contractés entre homosexuels dans certains pays, la Cour de justice de l’UE avait déjà ouvert la brèche en 2018 dans un arrêt contre la Roumanie, qui refusait de reconnaître à un Américain le statut de conjoint d’un citoyen roumain, ce qui lui aurait automatiquement donné le droit de résider dans tout pays de l’UE. Les deux hommes s’étaient « mariés » en 2010 au sens de la loi belge, mais pas au sens de la loi roumaine, et Bucarest refuse toujours de céder à la CJUE et de faire semblant de croire que deux hommes peuvent être mariés entre eux.

Dans sa « Résolution sur les droits des personnes LGBTIQ dans l’Union européenne » adoptée cette semaine, le Parlement européen demande donc à la Commission d’engager une procédure en manquement contre la Roumanie, pour forcer celle-ci à appliquer le jugement de 2018. Et puis pendant qu’il y est, il demande aussi à la Commission et au Conseil de sanctionner par tous les moyens à leur disposition la Pologne et la Hongrie, deux pays jugés structurellement homophobes (alors que les homosexuels y sont bien moins souvent victimes d’agression qu’en France, par exemple). Pour la Pologne, outre le refus du « mariage pour tous », sont à nouveau spécifiquement visées les collectivités locales qui ont adopté une charte pour les droits des familles ne mentionnant pas ce que le Parlement européen appelle dans sa résolution les « familles arc-en-ciel », en référence aux six couleurs du drapeau du lobby LGBT. Ces collectivités sont une nouvelle fois qualifiées par le Parlement européen de « zones sans LGBTI », ce qui bien sûr ne correspond aucunement à la réalité.

On notera que parmi les eurodéputés français les LR Geoffroy Didier, Nathalie Colin-Oesterlé et Agnès Evren ont voté en faveur de cette résolution ultra-progressiste tandis que François-Xavier Bellamy, Arnaud Danjean, Nadine Morano et Brice Hortefeux ont préféré s’abstenir, n’osant sans doute pas voter contre. Les députés RN ont voté contre, eux, tandis que le centre macronien, la gauche et l’extrême gauche votaient bien entendu pour.

A cette occasion, sur son compte Twitter et dans une interview pour le magazine homosexuel militant Têtu, l’activiste LGBT Clément Beaune, profitant de son poste de secrétaire d’Etat aux affaires européennes du gouvernement français, laisse clairement entendre que la présidence française du Conseil de l’UE sera mise à profit pour tenter d’imposer les droits LGBT et le droit à l’avortement aux récalcitrants. Voilà qui promet un premier semestre 2022 des plus harmonieux à Bruxelles.

Le Polonais Tomasz Rzymkowski, vice-ministre de l’Education, considère quant à lui le vote du PE comme « un effort pour pousser les pays d’Europe vers une sorte de guerre idéologique, une tentative de créer un homme nouveau, le néo-marxisme dans sa forme pure ».

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 17 septembre 2021

Expulsion des migrants clandestins – Un fiasco complet de l’Union européenne

expulsion charters

L’union fait la force ? Pas toujours, apparemment… En effet, dans un rapport publié en début de semaine, la Cour des comptes européenne met en lumière l’échec complet de l’Union européenne en matière d’application des retours des migrants illégaux dans leurs pays d’origine.

Selon la Cour, les 26 Etats membres rassemblés sous l’égide des institutions européennes sont tellement inefficaces dans leur politique d’expulsion des migrants clandestins que cette impuissance à garantir le retour des migrants en situation irrégulière dans leur pays d’origine « encourage » grandement les migrations clandestines. Car, en effet, les informations circulent vite et les migrants savent désormais très bien que les retours prononcés ne sont quasiment jamais effectifs.

Ainsi, sur les 500 000 ressortissants de pays tiers qui reçoivent chaque année l’ordre de quitter l’UE parce qu’ils y sont entrés ou y séjournent illégalement, seul un tiers retournent effectivement dans leur pays d’origine ou de transit (par un retour volontaire ou forcé). Un taux qui chute à moins de 20 % pour les retours vers des pays situés en dehors du continent européen !

Pour Leo Brincat, le rapporteur du texte, « les actions entreprises par l’UE en vue de renforcer la coopération avec les pays tiers en matière de réadmission sont pertinentes, mais elles n’ont donné que peu de résultats ». Qu’en termes délicats ces choses-là sont dites !

Pourtant, pour favoriser ces retours, l’UE a conclu depuis le début des années 2000 des accords de réadmission avec 18 pays tiers (dont Albanie, Bosnie, Serbie, Pakistan, Géorgie, Turquie, Biélorussie…), et ouvert des discussions avec six autres Etats (Maroc, Algérie, Chine, Tunisie, Jordanie, Nigeria). Par ailleurs, l’UE a aussi négocié entre 2016 et 2018 six arrangements juridiquement non contraignants en matière de retour et réadmission (Afghanistan, Bangladesh, Guinée, Côte d’Ivoire, Ethiopie, Gambie). Des dispositifs souvent coûteux qui ont abouti au brillant résultat constaté aujourd’hui (sans même parler des « expulsés » qui reviennent quelques mois plus tard via une autre porte d’entrée de l’UE…).

Un constat d’échec qui nourrit bien évidemment le discours des souverainistes appelant à une reprise en main nationale des problématiques migratoires même si une coopération européenne apparaît néanmoins indispensable face à l’ampleur des flux et à l’importance des enjeux. Pour eux, une solidarité internationale entre Etats souverains et indépendants, soucieux de leurs peuples, fonctionnerait plus efficacement que les politiques supranationales élaborées et imposées par des instances technocratiques bruxelloises soumises à des intérêts mondialistes et sans légitimité démocratique. Au regard de l’incapacité de l’UE à enrayer la submersion migratoire qui étouffe progressivement le continent, il apparaît difficile, aujourd’hui, de leur donner tort.

p class=”relecture” style=”text-align: right;”>Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 16 septembre 2021

La fin de l’État providence danois pour les « migrants »?, par Etienne Defay

Danemark

Le gouvernement social-démocrate danois a annoncé un changement des règles d’attribution des allocations sociales à destination des immigrés. Selon sa proposition, les étrangers séjournant au Danemark qui ne trouvent pas d’emploi sur le marché du travail seront tenus de fournir 37 heures de travail par semaine en faveur des collectivités locales pour garder leur droit à toucher une allocation. Selon le ministre de l’immigration et de l’intégration Mattias Tesfaye, lui-même fils d’immigré d’Éthiopie, « le lien entre l’effort et les avantages obtenus doit devenir plus visible ». Le premier ministre Mette Frederiksen a également constaté : « Pendant de trop nombreuses années, nous avons fait du mal à de nombreuses personnes en n’exigeant rien d’elles. »

Les nouvelles dispositions vont s’appliquer aux immigrés qui ont profité des allocations sociales pendant trois à quatre ans et qui n’ont toujours pas acquis les connaissances linguistiques requises pour pouvoir intégrer le marché du travail. Elles s’adressent notamment aux femmes des milieux non-danois car le gouvernement estime que 60% de femmes provenant du Moyen Orient, de Turquie et d’Afrique du Nord ne travaillent pas. Les travaux proposés aux immigrés peuvent consister en des tâches simples comme p.ex. le nettoyage des plages, mais un emploi en entreprise peut également leur être offert. Les dispositions de la nouvelle loi visent également à rétablir une condition de résidence pour pouvoir bénéficier de la couverture chômage, ce qui signifie que les résidents étrangers ne pourront pas en bénéficier avant d’avoir vécu au Danemark pendant une période déterminée.

Le gouvernement minoritaire de Mme Mette Frederiksen, soutenu dans sa politique migratoire par le parti libéral Venstre, considère que les solutions présentées peuvent contribuer à une meilleure intégration des nouveaux-arrivants au Danemark. Il s’agit également de faire passer le message exprimé par le ministre Mattias Tesfaye « Nous avons le devoir de faire tout ce que nous pouvons pour les réfugiés dans le monde mais ils n’ont pas un droit à un avenir dans un État -providence ».

Officiellement, les immigrants de première génération constituent 8% de la population au Danemark. Depuis son arrivé au pouvoir en 2019, le Parti social-démocrate œuvre à réaliser sa promesse électorale de limiter, et même arrêter, les flux migratoires vers ce pays.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 15 septembre 2021

Cran d’arrêt – Orbán contre la menace afghane

hongrie orban immigration

Les politiciens français ont au moins une qualité, c’est celle de la constance. Constance dans l’aveuglement, l’erreur et le déni, malheureusement. En effet, face à la crise afghane et aux nouveaux flux migratoires qu’elle va engendrer, on assiste aujourd’hui à un véritable concours d’appels à l’accueil inconditionnel de nouveaux migrants alors même que le pays subit au quotidien les conséquences désastreuses de cette politique irresponsable de charité dévoyée.

Ainsi, le maire de Lille, Martine Aubry, appelle les villes de France à accueillir des Afghans, « chacun devant prendre sa part » selon elle. Indiquant avoir déjà reçu 620 dossiers transmis par des Afghans, elle affirme que sa ville est prête à accueillir entre 100 et 120 d’entre eux. L’ancien ministre socialiste dénonce par ailleurs l’imprévoyance de la communauté internationale et évoque un « grave problème moral ».

Pour tenter de régler celui-ci et faire face à l’afflux de migrants, Martine Aubry conseille également « à chaque ville de donner une maison pour une grande famille ». Donner, rien de moins… Les nombreux Français mal logés ou en situation de précarité apprécieront sans doute à sa juste valeur cette noble générosité. D’autant que l’édile a cru bon d’ajouter : « Qu’est-ce que ça coûte d’accompagner une grande famille pendant un an, deux ans, le temps qu’ils apprennent le français et qu’ils se réintègrent ? » En effet, ça ne coûte rien, c’est de l’argent public, comme aurait pu dire un autre brillant gestionnaire, en l’occurrence François Hollande. Et, au-delà du coût, en quoi serait-ce légitime dans un pays frappé par le chômage de masse et la paupérisation ?

De son côté, Marlène Schiappa, ministre chargé de la Citoyenneté, a écrit à une vingtaine d’élus qui avaient proposé d’accueillir des réfugiés afghans pour leur demander de mettre leurs actes en conformité avec leurs belles déclarations d’intention afin « d’offrir aux réfugiés un cadre d’accueil humain et digne, sur l’ensemble de nos territoires, conformément à notre politique d’asile ».

« Sur l’ensemble de nos territoires », personne ne devant échapper à ce nouvel enrichissement culturel.

Pour entendre une voix divergente, prenant à contre-pied cet angélisme xénophile, il faut encore une fois se tourner vers l’étranger et notamment la Hongrie, dont le Premier ministre, Viktor Orbán, répondant aux injonctions à l’accueil lancées par les dirigeants de l’Union européenne, a déclaré :

« Je pense qu’il n’est pas possible de combler les différences d’opinion au sein de l’UE, donc le seul moyen est de rendre aux nations leurs droits sur cette question de la migration. Ceux qui affluent sont tous musulmans et modifient la composition de notre continent. C’est un défi pour notre héritage chrétien. »

Des propos forts et courageux, hélas bien trop rares, qui ont le grand mérite de dépasser le stade purement émotionnel dans lequel se vautre la majorité du personnel politique européen pour poser les véritables problématiques et enjeux de la question migratoire. Puissent-ils être largement entendus. Il y va de l’avenir de notre civilisation.

p class=”relecture” style=”text-align: right;”>Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 2 septembre 2021

La CEDH rejette la requête de 672 pompiers contre l’obligation vaccinale : Rémy Chabbouh témoigne [vidéo]

Cour européenne des droits de l'Homme

27/08/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Entretien du 25/08/2021 avec Rémy Chabbouh, secrétaire national du syndicat Sud SDIS (Service départemental d’incendie et de secours).

La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a rejeté le 24 août une requête de 672 pompiers professionnels et volontaires contre l’obligation vaccinale anti-Covid-19 qui leur est imposée par la loi du 5 août 2021.

«La cour a estimé que ces demandes étaient hors du champ d’application de l’article 39 de son règlement» qui permet de la saisir selon une procédure d’urgence lorsque les requérants sont exposés à «un risque réel de dommages irréparables».



Italie : immigration illégale massive

immigration lampedusa

La pression migratoire ne faiblit pas au sud de l’Europe. Pire, elle augmente fortement. En Italie, le ministère de l’Intérieur a déjà recensé plus de 30 300 arrivées cette année, soit le double du nombre enregistré à la même époque l’année dernière. L’île de Lampedusa est une fois de plus submergée par les arrivées de Tunisiens sur des embarcations de toutes sortes, et les ONG sont à la manœuvre pour assurer la navette entre la Libye et l’Italie.

Dimanche, l’Ocean Viking, qui appartient à l’ONG française SOS Méditerranée, a débarqué 549 « migrants » au port de Pozzallo dans le sud de la Sicile. L’Ocean Viking est subventionné par un certain nombre de collectivités locales françaises, y compris par la ville de Paris. La veille, c’est le Sea-Watch 3 de l’ONG allemande Sea Watch qui débarquait près de 260 immigrants illégaux dans le port sicilien de Trapani, à l’ouest de l’île. Sur ces centaines de migrants, parions que d’ici quelques semaines à quelques mois beaucoup se trouveront sur le territoire français et une partie d’entre eux viendront très probablement alimenter les campements urbains qui pourrissent la vie des Parisiens. A propos de la dernière navette de l’Ocean Viking, l’édition sicilienne de la Gazzetta del Sud online nous apprend qu’elle a assuré le transport à 502 hommes dont 107 « mineurs » – principalement non accompagnés – et 47 femmes. Ils proviennent de 21 pays dont le Bangladesh (pour 107 d’entre eux), l’Egypte (72), le Mali (54), le Maroc (50) et l’Erythrée (49). Accessoirement, 30 de ces immigrants illégaux ont été testés positifs au coronavirus à leur arrivée.

“Urgence sanitaire” en Sicile

Quand le gouverneur de Sicile Nello Musumeci parlait il y a quelques jours d’« urgence sanitaire » à cause de l’arrivée massive de « migrants », le ministre de l’Intérieur italien rétorquait que ces « migrants », après une période de quarantaine, sont redistribués sur le territoire national et qu’il n’y avait donc pas urgence sanitaire en Sicile.

L’augmentation du nombre d’immigrants illégaux favorisée par la politique d’accueil du gouvernement Draghi et de son ministre de l’Intérieur Luciana Lamorgese contraint le chef de la Ligue Matteo Salvini à réagir, puisqu’il a choisi de participer à ce gouvernement d’union nationale censé redresser l’Italie après la pandémie de Covid-19. Répondant à Mme Lamorgese qui affiche son impuissance face aux arrivées. Salvini rappelle que, lorsqu’il occupait lui-même son poste de ministre de l’Intérieur, il avait réussi à réduire très fortement le nombre d’arrivées. Accessoirement, le nombre de noyades, qui est à nouveau en forte augmentation, avait lui aussi beaucoup baissé quand Salvini était ministre de l’Intérieur.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 11 août 2021

Le long SUPPLICE du KOSOVO serbe – Nikola Mirkovic [vidéo]

Nikola Mirkovic

12/08/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Habité majoritairement par des Albanais et reconnu province autonome après la guerre en 1999, le Kosovo reste dans le cœur des Serbes, le berceau de leur nation et de l’église orthodoxe serbe.

Quel sera l’avenir de ce petit territoire administré par un Etat mafieux qui se vide ses habitants et quel futur pour les 5000 derniers serbes vivant au Kosovo et victimes de nombreuses brimades ? Entretien sur le Nikola Mirkovic, humanitaire pour l’ONG Solidarités Kosovo.


Don Juan d’Autriche, l’homme de Lépante (1547-1578)

Don Juan d’Autriche

C’est un des grands personnages de l’histoire européenne. Son nom est associé à tout jamais à sa victoire navale de Lépante, en 1571, contre les Ottomans. Il avait 24 ans !

« Valeureux comme Scipion, héroïque comme Pompée, fortuné comme Auguste, un nouveau Moïse, Gédéon, Samson et David, mais sans aucun de leurs défauts »… C’est ainsi que le pape Pie V dépeint Don Juan d’Autriche, le héros du Grand siècle espagnol qui vit la couronne de Castille s’assurer la suprématie en Europe. Acteur incontournable du dernier combat de la Reconquista, figure emblématique de la retentissante victoire de Lépante, il apparaît en ces temps de crispations religieuses comme l’épée et le bouclier du catholicisme. Ce paladin, « à la beauté d’Apollon et au visage d’Archange » se distingue d’autant plus qu’il offre un contraste saisissant avec son frère, Philippe II. à la prudence excessive du roi catholique, Don Juan oppose l’image du prince impétueux qui a pour principe que celui qui « ne va pas en avant retourne en arrière ». Mais le jeune homme, « ami des armes et désireux d’honneur », se trouvera souvent bridé par son loyalisme sans faille et sa soumission aux ordres de la Couronne.

C’est à Ratisbonne que Barbara Blomberg donne naissance, le 24 février 1547, à un garçon, Geronimo. Son père n’est autre que l’homme le plus puissant de ce milieu du XVIe siècle : Charles Quint. En remportant la même année la fameuse bataille de Mühlberg contre les princes réformés de la ligue de Smalkalde, l’empereur est alors au faîte de sa gloire.

Il fait rapidement enlever l’enfant à sa mère qu’il ne reverra d’ailleurs jamais. Envoyé dans le plus grand secret en Espagne, auprès d’une première tutrice, il grandit en jouant avec les petits paysans castillans. Il est par la suite confié à Don Luis Mendez de Quijada qui lui apporte avec sa femme une éducation soignée et une affection qu’il ne manquera pas de leur rendre par la suite. Mais il faut attendre l’ouverture du testament de Charles Quint, à l’automne 1558, pour que son existence soit révélée au grand jour.

Le bâtard impétueux

Il a 12 ans lorsque Philippe II, son demi-frère de 20 ans son aîné, vient lui révéler le secret de sa naissance : « L’empereur Charles Quint est votre père », un père curieux de le rencontrer et qu’il avait vu sans le savoir au monastère de Yuste quelques mois auparavant. C’est sous le nom de Don Juan d’Autriche que le jeune garçon va alors entrer de plain-pied sur la scène espagnole, sans que sa bâtardise ne lui porte préjudice car les enfants illégitimes étaient alors chose fréquente. Il part vivre à la cour avec le rang d’infant, mais en étant toutefois écarté de la succession.

Il y fréquente ses deux neveux qui ont à peu près le même âge que lui : le fils de Philippe II, Don Carlos, un être mal formé et tordu, et le brillant Alexandre Farnèse, dont la mère, Marguerite de Parme, est aussi une enfant illégitime de l’empereur. C’est ensemble que les trois jeunes gens sont envoyés en 1561 parfaire leur éducation dans la prestigieuse université d’Alcala de Henares, où Don Juan doit notamment se préparer à la carrière ecclésiastique que l’on a choisie pour lui. Fort heureusement, une querelle diplomatique avec le pape Pie IV retarde suffisamment l’envoi du chapeau de cardinal qui lui est destiné, le temps pour lui de montrer à son frère que son cœur penche irrévocablement vers le métier des armes.

Ainsi en 1565, lorsque Malte est menacée par les Turcs de Sinan Pacha, le bouillonnant jeune homme tente de rejoindre la flotte qui doit quitter Barcelone pour leur porter secours. L’aventure tourne court. Il arrive trop tard et Philippe II met un terme à sa soif de batailles en lui rappelant l’importance de sa personne. Trois ans plus tard le roi accède néanmoins à ses vœux en le nommant general del mar, c’est-à-dire amiral, et c’est aux côtés de don Luis de Requesens qu’il fait ses premières armes sur mer lors d’une expédition menée de Cadix aux Baléares.

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Les GAFAM passent à la caisse

GAFAM

Il y a moins de deux mois, l’Autorité de la concurrence, saisie par trois grands groupes de presse, News Corp, Le Figaro et Rossel, infligeait à Google France une amende de 220 millions d’euros pour abus de position dominante et notamment pour avoir favorisé ses services dans le domaine de la publicité en ligne. A noter que Le Figaro avait peu après abandonné ses poursuites. C’est la première procédure au monde mettant au jour les complexes stratégies algorithmiques grâce auxquelles le géant américain de la recherche sur Internet et des applications informatiques s’organise pour fausser à son avantage le marché de la publicité en ligne, sa principale ressource. Cette amende est toutefois à mettre en perspective avec un chiffre d’affaires de plus de 55 milliards d’euros pour le groupe au premier trimestre 2021.

Google vient à nouveau d’écoper d’une amende record de 500 millions d’euros pour n’avoir tenu aucun compte d’injonctions successives dans l’affaire des droits dits voisins concernant ses relations avec la presse et notamment les droits liés à la propriété intellectuelle et à sa diffusion.

Dans un tout autre ordre de grandeur, même la Russie vient d’infliger à la firme américaine une pénalité de trois millions de roubles (34 500 euros) pour avoir enfreint la législation en vigueur sur les données personnelles.

Une amende record pour Amazon

Autre géant de l’informatique, membre des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), le groupe Amazon vient, à la suite de plusieurs plaintes déposées par l’association La Quadrature du Net, d’écoper de l’amende record de 886 millions de dollars, soit 746 millions d’euros, pour non-respect de la nouvelle réglementation européenne sur la protection des données privées, le fameux règlement général sur la protection des données (RGPD) concocté par Bruxelles en 2018, imposant aux entreprises d’obtenir le consentement explicite des citoyens lorsqu’elles collectent leurs données personnelles (nom, adresse, téléphone, adresse courriel, etc.). Elles doivent par ailleurs les renseigner sur l’usage qui en sera fait et la possibilité de les supprimer sur simple demande. C’est, à l’échelle européenne, la plus lourde sanction jamais infligée pour ce motif.

Au niveau mondial, c’est une autre affaire puisque, pour n’avoir pas su protéger ces précieuses données, Facebook a été condamné en 2020 par la justice américaine à la pénalité financière inimaginable et historique de cinq milliards de dollars. La commission luxembourgeoise pour la protection des données a en effet estimé que le géant de la vente en ligne bafouait la législation européenne en captant nombre de données personnelles à des fins de ciblage publicitaire et ceci sans avoir recueilli de consentement manifeste. Mais nous touchons là au cœur du modèle économique de ces opérateurs mondiaux et la Commission de l’informatique et des libertés (CNIL) française avait déjà condamné l’an dernier Amazon à une amende de 35 millions d’euros pour avoir transgressé la législation française en matière de cookies, ces petits traceurs publicitaires installés à notre insu dans nos ordinateurs lors de notre navigation Internet.

Le montant de ces sanctions est toutefois à mettre en regard des performances financières du géant de la vente en ligne lorsque l’on sait que le groupe Amazon a réalisé sur le deuxième trimestre de cette année un chiffre d’affaires de 113 milliards de dollars pour un bénéfice net de 7,8 milliards, soit une progression inouïe, en période de crise ou non, de 48 %. Ajoutons à cela une envolée de 87 % de ses revenus publicitaires à hauteur de 7,9 milliards de dollars sur les trois mois. L’amende de 886 millions de dollars ne représente, elle, que 4 % des bénéfices réalisés par le groupe américain l’an dernier. Ce qui permet de relativiser…

Entre optimisation fiscale et sanctions financières

La longue litanie des condamnations successives infligées aux géants d’Internet vivant de la publicité ne fait que confirmer la dépendance de leur modèle économique, qui repose sur le prélèvement massif de données personnelles à des fins de ciblage publicitaire. Aucune amende, record ou non, ne pourra occulter cette évidence sauf à reconsidérer la légitimité de ces opérateurs ce qui, bien entendu, relève aujourd’hui de l’utopie.

Même si le parallèle peut paraître osé, il semblerait que s’installe dans le temps une sorte de statu quo, un certain équilibre entre la fiscalité dérisoire qui leur est appliquée, en raison d’une optimisation fiscale alambiquée et de montages internationaux complexes, et la démesure des sanctions financières qui leur sont infligées. Une telle analyse expliquerait les débats inaboutis sur une taxation de ces fameuses entreprises du GAFAM et la relative passivité de ces puissantes multinationales face aux condamnations dont elles écopent, hormis les inévitables procédures en appel de pure forme.

Arnaud Raffard de Brienne

Article paru dans Présent daté du 3 août 2021

La démocratie directe suisse est-elle populiste ? Le Zoom avec François Garçon [vidéo]

Coût immigration Suisse

30/07/2021 – FRANCE (NOVOpress)
François Garçon est président de Démocratie directe pour la France. Dans son livre “France, démocratie défaillante – Il est temps de s’inspirer de la Suisse“, il fait le diagnostic des différents blocages qui entravent la France : une verticalité des pouvoirs construite sur des élites mal formées, conformistes et orgueilleuses, des médias complices, et des dispositifs politiques dépassés.

L’auteur montre que la solution suisse est l’exacte inverse : des pouvoirs aussi horizontaux que possible où la démocratie participative vient compléter les systèmes représentatifs sans les gêner. Ne serait-ce pas une piste adaptée pour la France ?