Ferenc Almássy (Visegrad Post) : « Viktor Orbán est en recherche active de partenaires et d’alliés » [vidéo]

29/11/2021 – EUROPE (NOVOpress)
Manifestation du 11 novembre en Pologne (et désinformation de l’AFP, l’Agence France Presse, à ce sujet), tensions à la frontière polonaise avec la Biélorussie sur fond de crise migratoire, Covidisme en Hongrie, échanges politiques avec la France…

Breizh-info a fait le point sur de nombreux sujets d’actualité concernant l’Europe centrale avec Ferenc Almássy, rédacteur en chef du Visegrad Post, journal francophone, anglophone, germanophone incontournable pour comprendre l’Europe centrale.


Dictature sanitaire – Europe: une partie de la population «en colère» contre les restrictions de liberté [vidéo]

manifestations covid

26/11/2021 – EUROPE (NOVOpress)
La cocotte-minute va-t-elle exploser? À travers l’Europe, les contestations musclées se multiplient, comme à Rotterdam et Vienne. Pour les manifestants, le retour des confinements et la vaccination obligatoire marquent un point de non-retour.

La phrase du ministre allemand de la Santé en a choqué plus d’un. Les Allemands seront «vaccinés, guéris ou morts» d’ici la fin de l’hiver, a-t-il affirmé.

Sputnik a interrogé des acteurs locaux et des expatriés français. Selon eux, la colère mêlée à la résignation prédomine face au durcissement des mesures sanitaires.


Manifestations et émeutes – Contre la dictature sanitaire en Europe

manif dictature sanitaire

A partir de cette semaine en Autriche, ce ne sont plus seulement les non-vaccinés qui sont confinés mais toute la population. Le confinement des seuls non-vaccinés n’aura donc duré qu’une semaine, et l’emballement des décisions du gouvernement du chancelier Schallenberg aura gonflé la manifestation organisée par le parti national-conservateur FPÖ samedi à Vienne. Avec quelque part entre 50 000 et 100 000 manifestants (35 000 selon la police), c’est la plus grosse manifestation de ce type depuis le début de la pandémie. Il faut dire que, en plus du confinement, le gouvernement autrichien est le premier gouvernement européen à décréter la vaccination obligatoire pour tous. Après le 1er février prochain, toute personne non vaccinée contre le Covid-19 à l’aide d’un des produits non éthiques actuellement autorisés dans l’UE sera passible d’une gigantesque amende de 3 600 euros, ou « seulement » 1 400 euros s’il ne lui manque que la troisième dose. Ce sont en tout cas les montants inscrits dans un projet de loi préparé par le ministère autrichien de la Santé.

Aux Pays-Bas, les nouvelles restrictions sanitaires annoncées par le gouvernement de Mark Rutte ont provoqué une troisième soirée consécutive d’émeutes dimanche. Des manifestations et émeutes ont eu lieu dans plusieurs grandes villes du pays. Samedi, cinq policiers avaient été blessés dans les affrontements avec les protestataires à La Haye, après une nuit de chaos à Rotterdam où plusieurs personnes ont été blessées par des tirs de la police à balles réelles et où le maire Ahmed Aboutaleb a évoqué une « orgie de violence ». Selon la police, « des coups de semonce ont été tirés à plusieurs reprises. A un moment donné, la situation est devenue si dangereuse que les agents se sont sentis obligés de tirer sur des cibles ». Le 12 novembre, le « libéral » Rutte avait annoncé le retour d’un confinement partiel, avec fermeture des bars, restaurants et magasins essentiels après 20 heures et des magasins non essentiels à 18 heures, histoire sans doute qu’un plus grand nombre de gens s’amassent dans ces magasins avant l’heure de fermeture et aggravent l’épidémie, de manière à justifier les prochaines mesures liberticides. Et pour verser encore un peu d’huile sur le feu, le gouvernement néerlandais a annoncé la mise en place prochaine d’un régime de ségrégation à l’encontre des personnes non vaccinées contre le Covid, sur le modèle français, même si l’on sait que les vaccinés transmettent également le virus.

Dans la capitale belge aussi, la manifestation contre les restrictions sanitaires qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes dimanche a viré à l’émeute. Les manifestants étaient venus protester contre le passe sanitaire et les discriminations liberticides et antidémocratiques que ce dispositif entraîne. Comme dans les Pays-Bas voisins, les canons à eau ont été déployés et il y a eu plusieurs blessés, dont quelques policiers.

Des manifestations ont encore eu lieu en Italie, où le gouvernement a décrété des restrictions contre le droit de manifester des anti-passe sanitaire, les excluant du centre des villes et les condamnant à des rassemblements statiques, sans que Bruxelles ne s’émeuve de ces violations graves de l’ordre démocratique puisqu’il ne s’agit pas de la Pologne ou de la Hongrie. Des citoyens sont encore descendus dans la rue en Suisse, au Danemark et en Croatie pour protester contre la suspension de leurs droits civiques par des gouvernements décidément peu respectueux de la démocratie et de l’état de droit, même s’ils ont très souvent ces mots à la bouche quand il s’agit de donner des leçons de morale aux autres.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 22 novembre 2021

Migrants : La Pologne tient bon et va construire un mur !

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La Pologne va le faire ! Un mur de 180 km sera construit à la frontière avec la Biélorussie afin de stopper les milliers de clandestins souhaitant gagner l’Union européenne.

Un mur « intelligent » équipé de capteurs et de caméras thermiques, voilà le grand projet polonais pour assurer sa défense. Le chantier devrait commencer en décembre et s’achever au premier semestre 2022. Pour Mariusz Kaminski, ministre de l’Intérieur polonais, il s’agit ni plus ni moins d’un investissement « absolument stratégique et prioritaire pour la sécurité de la nation et de ses citoyens ».

Pour l’heure, près de 15 000 soldats polonais se trouvent à la frontière pour éviter l’invasion. Totalement dépassée, l’UE, par l’intermédiaire de Josep Borrell, haut représentant de l’instance pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, a annoncé qu’elle prononcerait rapidement de nouvelles sanctions à l’encontre des dirigeants biélorusses mais aussi contre les compagnies aériennes et les agences de voyages du pays ayant permis cet afflux de 2 à 3 000 migrants dans le but d’exercer un chantage sur l’UE.

Les associations d’extrême gauche, les ONG et tous les ayatollahs de l’immigration massive à la tête des nations et des institutions européennes, sans oublier les médias, ne seront quant à eux pas inquiétés. Les sanctions contre la Biélorussie sont donc symboliques et politiques, l’heure du jugement d’Angela Merkel et de ses collègues pour haute trahison n’est pas encore arrivée.

En réponse à la crise, la députée européenne et présidente de la sous-commission des Droits de l’homme Marie Arena a donc pu évoquer en toute liberté son projet de « route de la migration », une route « sûre » qui favoriserait l’accueil de migrants et permettrait de les répartir au sein de l’Union. De quoi satisfaire George Soros, dont l’UE est le jardin.

Côté diplomatie, Angela Merkel a pris contact avec Vladimir Poutine afin que ce dernier, au bénéfice de ses liens étroits avec la Biélorussie, engage une « désescalade ». Emmanuel Macron aurait eu un échange similaire avec son homologue russe.

Alexandre Loukachenko a donné une réponse faussement apaisante aux allures de nouvelle provocation. Le président biélorusse a juré que son pays était prêt à rapatrier tout le monde mais a précisé que les migrants sont « têtus » et que « personne ne veut repartir », tout en expliquant les comprendre.

Sans surprise, cet épisode entraîne une intense vague de propagande dans les médias.

« Violences militaires », « enterrements de migrants », « souffrance des enfants »… tout ce qui peut faire pleurer dans les chaumières (ou sur les réseaux sociaux !) est utilisé, manipulé, amplifié.

Les violences provoquées par les clandestins sont passées sous silence.

Les médias russes ne sont pas les derniers à jouer la carte de la victimisation et à stigmatiser la Pologne. Vieille rivalité historique ? Moyen de répondre à l’hostilité de l’UE à son égard ? Toujours est-il qu’ils emploient curieusement le même vocabulaire que les médias dominants les plus caricaturaux. La chaîne RT France a aussi déploré la mise en garde à vue de l’un de ses envoyés spéciaux pro-migrants qui avait pourtant accédé à une zone interdite en raison de l’état d’urgence décrété à la frontière biélorusse.

La désescalade attendra.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 17 novembre 2021

Les migrants attaquent la frontière au cri d’« Allah akbar ! ». En se protégeant, la Pologne donne une leçon à toute l’Europe.

Les Polonais tiennent toujours leur partie de la frontière de l’UE

pologne immigration

Entre attaque au couteau à Cannes, débarquements incessants en Italie et tentative d’invasion en Pologne, l’Europe est confrontée de toutes parts aux assauts de l’immigration. Face aux risques de submersion, ses dirigeants vont-ils enfin réagir et se montrer à la hauteur des enjeux ? On peut, hélas, en douter.

De notre correspondant permanent à Varsovie. – Le contraste est saisissant. Dimanche en fin d’après-midi, le navire allemand Sea-Eye 4 débarquait sous les applaudissements 843 « migrants » dans le port italien de Trapani, en Sicile. Lundi, un autre bateau, l’Ocean Viking de l’ONG française SOS Méditerranée, attendait encore au large de Lampedusa de pouvoir débarquer ses 308 immigrants illégaux. Lundi toujours, à la frontière orientale de l’UE, les forces polonaises repoussaient un bon millier d’immigrants arabo-musulmans amenés en Biélorussie par le régime de Loukachenko. C’était le plus gros assaut migratoire qu’ait jamais connu la Pologne qui, comme la Hongrie depuis 2015 et les pays Baltes depuis le mois d’août, a choisi de repousser ces nouveaux colons à tout prix pour dissuader leurs compatriotes de tenter de passer par la nouvelle route migratoire ouverte par le plus proche allié de la Russie.

Dès lundi matin, les autorités polonaises annonçaient l’approche d’une colonne de plusieurs centaines de « migrants » moyen-orientaux côté biélorusse près du point de passage de Kuznica. Leur nombre dans l’après-midi de lundi à proximité de la ligne de barbelés dressée à la hâte par l’armée au mois d’août, en attendant une clôture plus difficile à franchir (voir « Pologne : bientôt une barrière anti-migrants » dans Présent d’hier), était estimé à un millier environ, mais d’autres ont rejoint dans la nuit de lundi à mardi le campement établi par ces candidats à l’immigration illégale, malgré les températures négatives. Depuis mardi matin, le point de passage de Kuznica, où un groupe de « migrants » s’était également attroupé, a été fermé jusqu’à nouvel ordre.

Le nombre de militaires polonais déployés à la frontière pour assister les milliers de policiers et gardes-frontières est désormais passé de dix mille à douze mille, et deux unités de la défense territoriale proches de la frontière ont été mobilisées lundi. Ces unités, créées il y a quelques années, sont constituées de volontaires qui allient vie civile et entraînement militaires réguliers pour pouvoir assurer dans leur région de résidence des missions de sécurité civile, de soutien aux forces armées régulières ou de guerre de partisans sur les arrières d’un envahisseur.

Du côté biélorusse, des coups de feu ont été entendus à plusieurs reprises lundi. Il s’agissait apparemment de militaires ou policiers biélorusses qui tiraient en l’air pour dissuader les immigrants de rebrousser chemin vers l’intérieur de la Biélorussie. Mardi matin, la situation semblait s’être inversée, avec les mêmes Biélorusses qui dissuadaient les nouvelles vagues d’arrivants de s’approcher de la frontière polonaise. D’après le porte-parole du gouvernement polonais, il y aurait entre trois et quatre mille de ces immigrants à proximité de Kuznica et au moins quinze ou vingt mille en ce moment en Biélorussie.

« Tout doit être fait pour venir en aide à la Pologne, confrontée à une véritable agression migratoire ! La France doit immédiatement envoyer des effectifs de la police aux frontières et soutenir les Polonais abandonnés par l’UE », écrivait lundi Marine Le Pen sur Twitter. Et il est vrai que l’UE s’en tient pour le moment aux simples déclarations de soutien, avec notamment la présidente de la Commission européenne qui réclamait lundi de nouvelles sanctions contre le régime biélorusse. Mais la même Commission européenne multiplie en même temps les demandes de sanctions contre Varsovie tandis que le Parlement européen doit voter jeudi, jour de la fête de l’Indépendance en Pologne (et de la fête de l’Armistice chez nous), une nouvelle résolution contre la Pologne, à propos de l’avortement.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 8 novembre 2021

Pologne : bientôt une barrière anti-migrants

pologne migrants

Plus de 30 000 tentatives de passage illégal de la frontière depuis le début de l’année, dont plus de 3 500 en août, près de 7 700 en septembre et près de 17 300 en octobre : l’assaut migratoire lancé par la Biélorussie d’Alexandre Loukachenko contre la Pologne s’intensifie de mois en mois. Ce début de mois de novembre est en outre marqué par plusieurs provocations par des membres des services biélorusses armés et en uniforme pointant leurs armes ou tirant avec un pistolet lance-fusées en direction des militaires polonais. Des provocations que le vice-ministre de l’Intérieur polonais explique par les problèmes qu’ont maintenant les Biélorusses avec ces foules d’immigrants d’Irak (principalement) et du Moyen-Orient qu’ils ont fait venir pour les emmener ensuite aux frontières avec la Pologne et les pays Baltes. Cette guerre hybride menée par Minsk contre ses voisins occidentaux est une réponse aux sanctions adoptées par l’UE après le détournement en mai dernier par la Biélorussie d’un avion Ryanair immatriculé en Pologne qui assurait la liaison Athènes-Vilnius et survolait le territoire biélorusse avec un opposant à bord.

Officiellement, tous ces immigrants viennent en Biélorussie en tant que touristes grâce à la multiplication des liaisons assurées par la compagnie aérienne Belavia et l’activité d’une agence de voyages biélorusse étroitement liée au pouvoir. Parmi les immigrants illégaux qui arrivent à passer et sont arrêtés en Pologne, la moitié environ ont encore des papiers sur eux et ce sont quasiment tous des Irakiens. Comme pour les vagues précédentes, il y a très peu de femmes et d’enfants parmi ces immigrants, ce sont principalement des hommes jeunes et en bonne santé. De plus en plus souvent, des groupes de ces jeunes hommes en âge d’être militaires assistés par les gardes-frontières biélorusses cherchent à pénétrer en force sur le territoire de l’Union européenne, et la garde frontalière polonaise publie régulièrement des images de ces assauts de dizaines de « migrants » armés de pierres et de bâtons. Pour assister les gardes-frontières, Varsovie a déployé 10 000 soldats le long de ses plus de 400 kilomètres de frontière avec la Biélorussie et l’état d’urgence reste de rigueur sur une bande de trois kilomètres de large dont sont exclus journalistes et membres des ONG.

Malgré les efforts polonais, certains arrivent à passer et les centres d’accueil polonais sont proches de la saturation, avec près de 2 000 pensionnaires en attente d’être expulsés. D’autres parviennent à poursuivre leur voyage, car aucun ne vient pour s’installer en Pologne. L’Allemagne a enregistré plus de 6 000 de ces immigrants arrivés depuis la Pologne depuis le début de l’année, dont plus de 3 000 pour le seul mois d’octobre.

Pour stopper l’action de Minsk, le 29 octobre le Parlement polonais a définitivement adopté une loi autorisant la construction d’une barrière frontalière qui consistera en une clôture rigide de cinq mètres de haut, surmontée de barbelés, avec des systèmes de détection de mouvements pour alerter les autorités en cas de tentative d’effraction. Le coût de cette clôture anti-migrants devrait s’élever à 1,6 milliard de zlotys, soit environ 350 millions d’euros. Il n’y aura aucun financement européen pour cet investissement, même si officiellement Bruxelles soutient Varsovie dans cette affaire, tout en multipliant les sanctions financières à l’encontre de la Pologne pour les questions qui ne relèvent pas des compétences de l’UE puisqu’elles sont liées aux réformes polonaises de la justice.

De plus en plus, les grands médias français pondent des articles et reportages larmoyants sur la situation de ces pauvres migrants « piégés à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne ». « Dans l’est de la Pologne, la traque des migrants », titrait récemment La Croix, ce à quoi Patrick Edery, le rédacteur en chef du site en français du journal de Solidarnosc, tysol.fr, réagissait sur Twitter en ces termes qui résument très bien la situation : « Les migrants irakiens à la frontière polonaise arrivent tranquillou en avion en Biélorussie, prennent ensuite le bus jusqu’à la frontière. Le tout est facturé 2 000 USD par une agence de voyages qui organise tout. »

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 8 novembre 2021

L’université de Cambridge en Angleterre va créer une librairie en ligne dans laquelle les livres jugés problématiques seront accompagnés d’un avertissement

Promotion de «la liberté dans le hijab – Céline Pina: «En faisant du prosélytisme religieux, l’Europe piétine ce qui fonde son identité»

L’UE contre la désinformation ou pour le contrôle de l’information ?

contrôle information

« L’UE doit intensifier son action de lutte contre la désinformation », estimait en juin dernier la Cour des comptes européennes dans un communiqué accompagnant la publication de son rapport spécial « La désinformation concernant l’UE : un phénomène sous surveillance mais pas sous contrôle ».

Résumé du communiqué

Pour ceux qui n’auraient pas envie ou pas le temps de se farcir ce rapport de 78 pages, le communiqué du 3 juin nous résumait ses conclusions dans les grandes lignes :

« La désinformation est un problème grave, qui prend de l’ampleur dans toute l’UE. En 2018, l’UE a publié un plan d’action pour lutter contre ce phénomène. S’il a été bien conçu au départ, ce plan s’avère incomplet. Sa mise en œuvre est globalement en bonne voie, mais il ne suffit pas à contrer les menaces émergentes. Telle est la conclusion d’un rapport spécial publié aujourd’hui par la Cour des comptes européenne. Les auditeurs ont constaté qu’une plus grande coordination est nécessaire au niveau de l’UE et que les États membres doivent s’impliquer davantage, par exemple dans le système d’alerte rapide. Il faut aussi améliorer le suivi des plateformes en ligne, renforcer leur obligation de rendre compte et inscrire la lutte contre la désinformation dans une stratégie européenne d’éducation aux médias qui soit cohérente, et qui fait actuellement défaut. »

Comme le remarquent les auteurs du rapport, si la politique de lutte contre la désinformation est sous-financée au niveau de l’UE et n’a pas été mise à jour depuis 2018, il existe depuis décembre 2020 un « plan d’action pour la démocratie européenne » de la Commission européenne, avec des mesures pour faire « face aux défis auxquels nos systèmes démocratiques sont confrontés du fait de la montée de l’extrémisme et de la distance perçue entre les citoyens et les responsables politiques ». Le troisième volet de ce plan, c’est justement « la lutte contre la désinformation et les ingérences étrangères ».

La Russie visée

On s’en doute, quand il est question d’ingérences étrangères, c’est la mythique ingérence russe qui est visée, ce que nous confirme le rapport publié en juin par la Cour des comptes européenne. En effet, « l’UE a commencé à agir contre la désinformation en mars 2015, lorsque le Conseil européen a invité la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (ci-après la ‘haute représentante’) à élaborer, en coopération avec les États membres et les institutions de l’UE, ‘un plan d’action sur la communication stratégique’ pour ‘contrer les campagnes de désinformation menées par la Russie’. Cela a conduit à la création, au sein du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), de la division des communications stratégiques («StratCom») et de la première de ses task forces, ayant pour mission de lutter contre la désinformation provenant de l’extérieur de l’UE (Russie) et de concevoir et de diffuser dans le voisinage oriental de l’UE des communications stratégiques positives (à travers sa cellule d’information baptisée ‘task force East StratCom’). En 2017, deux task forces StratCom supplémentaires ont été créées, l’une pour le voisinage méridional et l’autre pour les Balkans occidentaux. »

On notera au passage que tandis que la Russie mène « des campagnes de désinformation » dans l’UE, l’UE se contente « de concevoir et de diffuser dans le voisinage oriental de l’UE des communications stratégiques positives » (du point de vue de l’UE).

Ainsi qu’on peut le lire dans le rapport de la Cour des comptes européenne, la task force East StratCom a « expressément pour mission de ‘contrer les campagnes de désinformation menées par la Russie’. Il s’agit donc de cibler un seul acteur extérieur mal intentionné plutôt que de protéger l’Europe contre la désinformation d’où qu’elle provienne. » Les deux autres task forces (sud et Balkans) n’avaient pas pour objectif de répondre aux campagnes de désinformations – réelles ou inventées – d’une puissance étrangère mais de « renforcer les activités de communication dans leurs régions respectives ». Au sud de l’Europe et dans les Balkans, c’est donc l’UE qui reconnaît porter les premiers coups dans la guerre de l’information.

Pour lire la suite, c’est ici !

La Hongrie d’Orban inspire le réveil des peuples, par Ivan Rioufol

L’ « orbanisation » des esprits est en marche. Diabolisé par les médias, le premier ministre hongrois Viktor Orban s’impose progressivement en défenseur écouté des frontières, des nations, des peuples souverains. La France qui se droitise (Le Figaro, ce mercredi) est perméable à ses discours contre l’immigration de masse, le multiculturalisme, la défense des racines chrétiennes ou l’intrusion du lobby LGBT au sein de l’école. Mardi, Marine Le Pen a été reçue en grandes pompes à Budapest par celui qui reste la bête noire d’Emmanuel Macron et d’une Union européenne impériale. « Je ne partage rien de ses valeurs », avait dit d’Orban le chef de l’Etat français, en avril 2018. « L’illilibéralisme n’est pas notre identité », avait-il persisté en décembre 2020. Macron avait même, en 2018, limogé l’ambassadeur de France en Hongrie, Eric Fournier, au motif que ce dernier avait récusé l’accusation en antisémitisme portée contre Orban et avait considéré ce pays comme un « modèle » dans « sa gestion des mouvements migratoires illégaux (mon blog du 2 juillet 2018).

En France, les médias anti-Orban alertent sur ses atteintes à la liberté de la presse ou à l’indépendance de la justice. Mais ces mêmes dénonciateurs ne disent jamais rien de la gauche française qui monopolise l’audiovisuel public, du gouvernement qui multiplie les lois pour mettre les réseaux sociaux sous surveillance, ou de la Justice qui reste sous la tutelle du pouvoir politique. Notre démocratie n’a rien d’exemplaire.

En réalité, Orban récolte les fruits de sa résistance face à une Union européenne arrogante et brutale, coupée des Etats-nations et de leurs lois. L’Europe de Visegrad (Hongrie, Pologne Tchéquie, Slovaquie), par l’attachement qu’elle porte à ses racines et à ses protections identitaires, attise l’intérêt de ceux qui, notamment en France, veulent accompagner le réveil des peuples oubliés.

Ce n’est pas un hasard si Eric Zemmour et Marion Maréchal ont été également reçus par Orban il y a un mois, dans le cadre moins officiel d’un colloque. Quand le Hongrois déclare à l’adresse de Bruxelles, en mars 2015 : « Nous avons renvoyé le sultan et ses janissaires, l’Empereur Habsbourg et ses soldats, les Soviets et leurs camarades (…) », il rappelle le profond attachement historique de son peuple à sa liberté et à son indépendance. Orban fait aussi comprendre que l’actuelle Union européenne pourrait bien connaître le sort funeste de l’Union soviétique si elle devait s’entêter à imposer des « valeurs » – ouverture à l’Autre, relativisme des cultures, soumission aux minorités, accommodements unilatéraux avec l’islam – décrétées par des juges européens sans légitimité démocratique. Dans le bras de fer que Bruxelles cherche à engager avec la Pologne ou la Hongrie rebelles, les apparatchiks européistes risquent d’accélérer la solidarité des nations renaissantes; la France en fait partie.

Ivan Rioufol

Texte daté du 11 octobre 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Le nom du père… n’est plus un repère

père mère

Le modèle familial européen sera abattu jusque dans ses fondations ! La dernière décision de la CEDH et son traitement médiatique ne laissent pas de place au doute et les générations à venir pourraient bien ne plus avoir ni père ni repère…

La décision prise le 26 octobre par la Cour européenne des droits de l’homme va faire des dégâts. Amenée à se prononcer sur une affaire survenue en Espagne, la CEDH a jugé que « l’impossibilité de déroger à la règle voulant que le nom du père soit attribué en premier en cas de désaccord des parents est excessivement rigide et discriminatoire envers les femmes ».

L’affaire en question trouve ses origines en 2005, à Palma de Majorque. Une femme donnait naissance à une petite fille après s’être séparée de son conjoint au cours de la grossesse car celui-ci faisait pression pour qu’elle avorte. A la naissance, l’enfant reçut les deux noms de la mère, mais, en 2006, le père fit valoir ses droits et son patronyme fut ajouté. Pire encore aux yeux de la mère, le nom de son ancien compagnon précédait le sien.

C’est donc pour protester contre cette décision que cette jeune mère fit appel à la CEDH.

L’instance européenne a tranché en sa faveur et a donc puni l’Espagne pour « violation de la Convention européenne des droits de l’homme », condamnant cette dernière à verser 10 000 euros à la plaignante pour « dommage moral ».

Une histoire récupérée

La plaignante avait a priori de bonnes raisons de saisir la justice, et l’on ne peut qu’admirer sa volonté initiale de garder un enfant malgré la demande d’interruption de grossesse de la part du père. Son histoire a cependant été récupérée et manipulée par les ennemis du modèle familial traditionnel, au sein de la CEDH mais également dans la sphère politico-médiatique habituée à se servir de drames humains pour faire sa propagande. L’on se souvient notamment de la récupération malsaine de la mort du petit Alan Kurdi.

Au regard du communiqué de la CEDH, qui salue le fait que « l’évolution de l’Espagne depuis les années 50 a permis entre autres d’abandonner le concept patriarcal de famille prédominant par le passé et d’adopter de nombreuses mesures visant l’égalité entre les hommes et les femmes », il est aisé de lire entre les lignes et d’imaginer que, demain, c’est l’attribution du nom du père à ses enfants qui sera remise en cause, jugée inégalitaire et discriminatoire.

D’ailleurs, alors que l’information n’a pas de lien avec l’affaire très spécifique survenue en Espagne, LCI (groupe TF1) a rappelé que le député LREM de l’Hérault Patrick Vignal œuvrait pour que les enfants de divorcés puissent utiliser le nom de leurs deux parents, le collectif dont il est membre déplorant aussi que quatre enfants sur cinq portent aujourd’hui le nom de leur père.

Au lieu de s’inquiéter du sort des innombrables enfants européens élevés par un seul parent, la CEDH, les médias et les élus vont provoquer la destruction de familles en alimentant la jalousie des uns et l’orgueil des autres, le tout pour appliquer une forme de langage inclusif à la cellule familiale. L’enfant, qui est décidément le cadet des soucis des institutions, perdra, lui, les derniers repères identitaires qu’il avait. Après la destruction de sa culture, de sa religion, de sa nation et de sa famille, il perdra le nom de ses aïeux et ne saura plus d’où il vient. Il ne se distinguera pas de ses camarades de classe élevés par deux femmes ou nés par GPA…

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 28 octobre 2021

Islamisme: quand Bruxelles se voile la face!, par Nicolas Bay

parlement européen islamisme

Une tribune libre de Nicolas Bay, député français au Parlement européen, vice-président du groupe « Identité et démocratie »

L’islamisme est un iceberg vers lequel les élites européennes foncent à grande vitesse. Le terrorisme n’en forme que le sommet de la partie émergée. L’immergée est l’impensé des politiques européennes en matière d’immigration.

Depuis 2015 et le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo, il n’est pourtant plus possible de se voiler la face. Sauf à le vouloir. Sauf à être complice. Nous accueillons sur notre sol des centaines de milliers d’islamistes, peut-être même des millions. Ils ne sont pas des terroristes et ils ne le seront sans aucun doute jamais. Mais ces hommes et ces femmes « comprennent » les attentats, leur trouvent des explications qui masquent mal une volonté d’excuser voire de justifier.

No future

Les sondages comme les études plus fouillées n’ont cessé ces dernières années de le prouver. L’IFOP pour Marianne donne en ce mois d’octobre des chiffres terrifiants. Parmi eux, celui-ci : 61 % des jeunes musulmans estiment que la charia est supérieure à la loi française. Or, ils sont 80 % parmi les jeunes musulmans à déclarer que la religion tient une place « importante » dans leurs vies. Ainsi donc, seuls 19 %, un quart, placent la loi de la France avant celle de leur religion. C’est sans appel. C’est aussi no future en commun car, à n’en pas douter les enfants de ces jeunes seront élevés dans les mêmes principes par leurs parents. Minoritaires, ces islamistes s’accommodent de nos lois ; majoritaires, ils « comprendront » tout mouvement islamiste qui voudra proclamer la charia en Europe.

Qui est responsable de cette situation ? D’abord et avant tout, ceux qui nous gouvernent. L’islamisme n’est qu’un volet de ce que l’on peut appeler l’islamigration. Quand on accepte de faire venir chez soi une immigration dont l’histoire, la religion, les conceptions sont extrêmement différentes, et même parfois antagonistes, alors on ne peut être surpris, notamment du fait de l’ampleur numérique de cette migration, que l’assimilation ne fonctionne pas. La faute première est donc celle des responsables politiques, français et européens, mais aussi de l’Union européenne. Celle-ci finance des organisations liées aux réseaux internationaux islamistes. Ainsi 5,6 millions ont été versés à des proches des Frères musulmans comme la FEMYZO, un groupe de « jeunesse musulmane » mais qui a fait de la laïcité une cible, et qui travaille parfois avec l’Open Society de Georges Soros. Un certain Réseau européen contre le racisme est également financé. Sous couvert d’antiracisme, c’est à une traque de tout ce qui s’oppose à l’islamisation de notre continent que se livre ce lobby. Dissous en 2020 par le gouvernement après la décapitation de Samuel Paty, le Collectif contre islamophobie en France (CCIF) était membre de ce réseau.

L’Europe favorise la victimisation

Tout ce petit monde est subventionné par Bruxelles, choyé et même invité à parader dans des réunions de jeunes européens comme le week-end des 9 et 10 octobre derniers. Ces jours-là, les jeunes activistes de FEMYZO ont pu participer au week-end de la jeunesse organisée par le Parlement européen et même faire applaudir leur combat par de jeunes militants de gauche.
Depuis 2014, le Conseil de l’Europe organise la journée européenne contre l’islamophobie. Une aubaine pour tout ce que l’Europe compte d’islamistes en mal de victimisation. Il ne s’agit évidemment pas de défendre le brave épicier arabe, imaginaire des années 90, contre les terribles Dupont Lajoie, imaginaire des années 70, mais d’imposer des revendications dans l’espace public. Il s’agit également d’inverser les mots, les faits et les réalités. Ainsi, le port du voile devient une preuve d’émancipation, la loi sur le séparatisme d’Emmanuel Macron serait un « détournement de la laïcité ».

On l’a compris, pour ces islamistes, il s’agit de défendre les territoires tangibles ou symboliques acquis et d’en conquérir d’autres. Cette dialectique élémentaire, de très faible niveau intellectuel, ne peut fonctionner que sur des mentalités emprisonnées mentalement par la doxa racisme/antiracisme support idéologique de l’immigration, et donc de l’islamisation, depuis quarante ans en Europe. Bref, elle a porte ouverte auprès des commissaires européens et de la majorité des parlementaires de Bruxelles. Le rapport stratégique sur la sécurité pour 2020-2025 de l’Union européenne le dit : la bataille contre le terrorisme (le mot islamiste n’est pas utilisé) passe par plus de « cohésion sociale », une fin de la « polarisation ». En d’autres termes, les Européens qui refusent l’islamisation de leur continent et de leurs nations sont renvoyés dos à dos avec les islamistes. Les deux « polarisent ». Autrement dit, l’islamisme résulte d’un dysfonctionnement de nos sociétés. Il n’est pas un facteur exogène et conquérant dont les racines plongent dans un passé séculaire et des sociétés étrangères. Autant de candeur et de bêtise stupéfieront les historiens du futur. Reste à savoir qui ils seront et s’ils s’en féliciteront ou le condamneront. Tel est l’enjeu des années décisives qui viennent.

Tribune reprise de Causeur