[Entretien] Aude Mirkovic : « La levée de l’anonymat va rendre plus visible encore le capharnaüm créé par les lois qui détricotent l’institution de la famille »

Aude Mirkovic

C’était un sujet phare des discussions de la loi de bioéthique : la levée de l’anonymat du don de gamètes devient une réalité à compter du 1er septembre. Désormais les enfants issus de dons pourront retrouver leurs parents biologiques et avoir ainsi accès à leurs origines.
Des situations qui ne font pas le bonheur de tous, à en croire un certain Pierre Joubert, donneur de sperme, père de 12 enfants en 1980 et qui s’est confié dans les colonnes du Figaro : « un geste de générosité dont je me serais abstenu s’il j’avais réfléchi ». Pour comprendre les enjeux de cette autre « évolution sociétale », Boulevard Voltaire a interrogé Aude Mirkovic de l’association Juristes pour l’enfance.

Sabine de Villeroché : En quoi consiste cette levée de l’anonymat des donneurs de gamète ?

Aude Mirkovic : La levée de l’anonymat a pour but de permettre aux personnes conçues par procréation médicalement assistée avec recours à un tiers donneur de pouvoir, à leur majorité, connaître l’identité du ou des donneurs et d’accéder à des données non identifiantes (âge du donneur au moment du don, son état général au moment du don, ses caractéristiques physiques, sa situation familiale et professionnelle, son pays de naissance, ainsi que les motivations de son don). Cette mesure entre en vigueur à compter du 1er septembre 2022, mais son effectivité n’est en réalité pas garantie et plusieurs situations vont coexister.

Les personnes conçues avant cette date ne pourront accéder aux informations prévues par la loi que si le donneur, contacté par la commission d’accès aux origines, accepte de communiquer son identité et/ou ses données non identifiantes. Cela implique : que le dossier ait été correctement conservé et que le donneur puisse être identifié par la commission ; que ses coordonnées au moment de la demande puissent être retrouvées ; qu’il soit toujours en vie ; qu’il soit en capacité de consentir ; et enfin qu’il accepte que les informations puissent être communiquées à la personne issue de son don. Cela fait beaucoup de conditions et un certain nombre de demandes n’aboutiront sans doute pas.

Pour les personnes conçues après le 1er septembre 2022, elles ne sauront qu’à leur majorité si elles pourront effectivement exercer l’accès à l’identité et aux données non identifiantes du donneur. En effet, compte-tenu de la pénurie de gamètes, les stocks de gamètes existants vont continuer à être utilisés (sauf opposition du donneur). Les enfants conçus par recours à tiers donneur à partir du 1er septembre 2022 le seront, soit avec des gamètes provenant du stock ancien c’est-à-dire de donneurs n’ayant pas préalablement consenti à la transmission de leur identité, soit avec des gamètes provenant de personnes ayant fait un don après le 1er septembre 2022 et qui doivent désormais, pour fournir leurs gamètes, accepter la communication de leur identité et des autres données. Ni les enfants ainsi conçus ni leurs parents légaux ne sauront de quel stock proviennent les gamètes utilisés. Ils le découvriront lorsqu’à leur majorité, ils feront la demande pour connaître l’identité de leur donneur. En conséquence, selon la provenance des gamètes utilisés, ils auront ou pas accès aux informations prévues par la loi.

S.d.V. : Est-ce malgré tout une bonne nouvelle pour ces personnes qui pourront désormais connaître leurs parents biologiques ?

A.M. : La levée de l’anonymat et l’accès aux données non identifiantes constituaient des demandes fréquentes des personnes issues du don. Mais si l’on pense que ces nouvelles dispositions seront le coup de baguette magique qui va résoudre les difficultés posées par la PMA avec tiers-donneur, on se trompe.

En ce qui concerne l’accès aux données non identifiantes, c’est surtout l’état de santé du donneur qui importe aux personnes qui en sont issues. En effet, un certain nombre d’entre elles rencontrent des difficultés dans leur suivi médical car elles ne connaissent pas leurs antécédents médicaux familiaux et ne peuvent pas répondre aux questions fréquemment posées : « y-a-t-il du diabète, des cancers, de troubles cardiaques etc… dans votre famille » ? L’accès aux données non identifiantes ne permettra que partiellement de résoudre cette problématique : les données comprennent des informations sur l’état de santé du donneur mais au moment du don seulement. Il peut avoir développé par la suite une maladie génétique sans en informer l’organisme qui conserve les données. En outre, les informations ne sont communiquées qu’à la majorité. Or, l’enfant pourrait, pour son suivi médical, avoir besoin durant sa minorité des informations relatives au donneur.

Quant à la levée de l’anonymat, elle reste interdite à l’enfant durant les années cruciales de la construction de son identité, puisque la demande ne peut être formulée qu’à compter de la majorité. Les enfants continueront donc, jusqu’à leurs 18 ans, à s’interroger sur l’identité de celui et/ou celle qui a fourni les gamètes pour sa conception. A leur majorité, lorsqu’ils pourront connaître cette identité, il est certain que tout ne sera pas rose. Puisque tout un chacun peut être donneur de gamètes, l’identité de ce géniteur ou de cette génitrice soudainement révélé pourra entraîner des déceptions, voire même de grandes difficultés.

Par ailleurs, la levée de l’anonymat ne changera rien au fait de l’éclatement de la paternité ou de la maternité entre le parent biologique et le parent légal, et les difficultés de construction identitaire en découlant pour l’enfant ainsi conçu.

En ce qui concerne les jeunes conçus de PMA avec donneur réalisées au profit de couples homme/femme, qui ont donc un père légal, comment la perspective de connaître l’identité du donneur pourrait-elle ne pas interférer dans la relation avec ce père légal ? Il est aisé de prévoir pour ces enfants un conflit de loyauté inextricable entre le père qui les élève et le géniteur qu’ils pourront connaitre à leur majorité.

En ce qui concerne les enfants conçus au profit de femmes seules – et l’on sait qu’elles sont aujourd’hui majoritaires dans les demandes de PMA – ou de couples de femmes, la connaissance de l’identité du donneur ne réparera pas le fait de ne pas avoir eu de père. L’accès à l’identité du donneur ne remédiera pas à l’interdiction légale de pouvoir faire établir leur filiation paternelle s’ils le souhaitent, et de pouvoir s’inscrire dans leur double généalogie, paternelle et maternelle.

Les personnes issues de donneur qui voudront faire établir leur filiation biologique continueront à se heurter à un refus, alors même que « leur » donneur le souhaiterait également.

En bref, la levée de l’anonymat répondra sans doute à certaines questions et apaisera certaines souffrances, mais elle provoquera bien d’autres difficultés, souffrances et déceptions.

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[vidéo] Sommes-nous DÉFINITIVEMENT soumis à l’UE ? Avec Pierre-Yves Rougeyron

Pierre-Yves Rougeyron

06/09/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Désindustrialisation, pouvoir d’achat et indépendance économique, Pierre-Yves Rougeyron, président du @Cercle Aristote nous présente les principaux enjeux du souverainisme sur les prochaines années dans un contexte international toujours plus difficile.

Comment la désintégration progressive de la pensée souverainiste, le multi-culturalisme, le mondialisme et l’ultra-libéralisme d’Emmanuel Macron ont doucement condamné la France à vivre sous le joug éternel de Bruxelles ? Grand entretien.


Comment survivre aux pénuries et coupures d’électricité à venir ? Le Kit de Base

coupure électrique

La Confédération helvétique vient d’émettre une série de recommandations en cas de panne ou de coupure d’électricité. Elle conseille notamment de réfléchir à la façon, sans électricité, de préparer des repas chauds, d’avoir un éclairage suffisant, d’accéder aux informations importantes, d’avoir au moins une pièce chauffée dans son logement, d’assurer le bon fonctionnement d’installations, d’appareils et de systèmes importants comme des machines de dialyse, des systèmes d’alarme ou des pompes.

Alors qu’en France, Elisabeth Born évoque – ce qui était jugé complotiste il y a encore quelques jours – des coupures ciblées d’électricité (pas de gaz) cet hiver, alors que les prix menacent de flamber, non pas à l’hiver 2022 mais courant 2023 (au moins deux augmentations de 10% à prévoir durant l’année pour l’électricité), voici une liste de base de quelques matériaux et outils à posséder chez soi, pour s’habituer à faire sans l’Etat tiers monde qu’est en train de devenir la République française.

Concrètement, il faudrait penser à avoir chez soi les objets suivants:

– Un réchaud non électrique avec suffisamment de combustible (camping gaz avec cartouches de rechange, réchaud à fondue avec gaz/alcool à brûler ou grill ou cuisinière à gaz, à bois ou à charbon de bois).
– Un nombre suffisant de bougies avec allumettes ou briquet, ou lanterne au gaz avec cartouches de rechange.
– Une radio à piles.
– Des lampes de poche.
– Suffisamment de piles.

La Confédération helvétique recommande aussi, en toute situation, d’avoir chez soi:

– Au moins 9 litres d’eau par personne (un six-pack) pour l’équivalent de trois jours, sans compter les quantités requises pour l’hygiène corporelle ou la lessive.
– Des aliments de longue conservation pour une semaine au moins (conserves, riz, pâtes, huile, farine, plats préparés (p. ex. rösti), sel, sucre, café, thé, tisane, fruits séchés, muesli, biscottes, chocolat, lait UHT, fromage à pâte dure, salami, viande séchée, bouillon, soupes en sachet…)
– Des produits d’hygiène quotidienne (savon, papier toilette).
– Une armoire à pharmacie bien remplie, comprenant notamment les médicaments personnels pour une semaine au moins.
– Un peu d’argent liquide en petites coupures.

Ne pas négliger, pour ceux qui en ont le budget (c’est aussi possible en communauté, avec des voisins ou amis) l’achat de groupes électrogènes, essence ou diesel et des power stations, des batteries portables avec différents raccordements pour faire fonctionner ou recharger des appareils électriques.

Pour le reste, on ne pourra que vous conseiller de vous plonger, ou de vous replonger, dans les livres signés Piero San Giorgio, lui aussi classé « complotiste » depuis des années par les autorités, et qui pourtant demain, pourraient vous rendre de grands services, tout comme la revue Survival Magazine.

Tribune reprise de Breizh-info.com

[vidéo] Bernard Lugan : « Il faut refuser le repentance coloniale »

Bernard Lugan

06/09/2022 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Au moment où le prêtre de la repentance Benjamin Stora demande encore plus d’auto-flagellation dans les écoles, redécouvrons la conférence de Bernard Lugan, qui nous invite à refuser la repentance coloniale.

Il s’agit de l’intervention de Bernard Lugan lors du colloque « Fiers d’être Européens » le 7 avril 2018. « Il faut refuser le repentance coloniale ».


Expulsion de l’imam Hassan Iquioussen : l’État en échec

Hassan Iquioussen

Le ministre de l’intérieur souhaitait en faire un symbole : l’expulsion du prédicateur marocain Hassan Iquioussen devait montrer la détermination de l’État à combattre l’islamisme en France. Pourtant, ce qu’il faut désormais appeler « l’affaire Iquioussen » a permis aux Français de suivre en direct les multiples entraves à l’expulsion effective des étrangers jugés indésirables dans notre pays. Le présent article revient sur quelques-unes de ces entraves auxquelles il y a urgence à remédier.

« L’islamisme est en fuite »

Gérald Darmanin n’a pas été avare en commentaires tout au long des différentes étapes de la procédure visant à expulser l’imam Hassan Iquioussen. Récemment, le 1er septembre, s’exprimant sur son absence lors d’une perquisition à son domicile, le ministre de l’intérieur déclarait : « l’islamisme est en fuite ». Rien que cela. Le lendemain, il s’enorgueillissait d’avoir expulsé 780 étrangers radicalisés depuis 5 ans.

Cet autosatisfecit du premier flic de France est-il justifié ? Plusieurs raisons permettent d’en douter.

Une procédure d’expulsion longue et complexe

Le prosélytisme islamiste d’Hassan Iquioussen en France depuis de (trop) longues années n’est plus à démontrer. Considérant sa présence dans notre pays indésirable, le préfet du Nord n’a pas renouvelé son titre de séjour en mai 2022. Deux mois plus tard, le 29 juillet, le ministre de l’intérieur prenait un arrêté d’expulsion à son encontre, motivé par le fait qu’il ferait courir une « menace grave à l’ordre public ». Le prédicateur marocain n’est pas resté inerte : il a engagé coup sur coup deux recours contre cette décision, qui auraient pu être plus nombreux s’il n’avait pas finalement fui les forces de police venues l’interpeller à son domicile.

Afin de suspendre la mesure prise à son encontre, Hassan Iquioussen a d’abord saisi le 3 août la Cour européenne des droits de l’homme dans le cadre d’une procédure d’urgence. Le lendemain, la CEDH rejetait sa requête, au motif que son expulsion ne risquait pas de causer pas de dommage irréparable.

Hassan Iquioussen a rapidement engagé une autre procédure d’urgence, devant le tribunal administratif de Paris, cette fois. Celui-ci a par jugement du 5 août suspendu la mesure d’expulsion prise à son encontre, au motif qu’elle risquait de « porter une atteinte grave et manifestement disproportionnée à (son droit à ) mener une vie familiale normale ».

Le ministre de l’intérieur a répliqué en saisissant le Conseil d’État. Dans un arrêt du 30 août, cette juridiction annulait l’ordonnance du tribunal administratif de Paris et permettait ainsi l’expulsion de l’imam marocain. Elle motivait sa décision par deux éléments majeurs :

– « ses propos antisémites, tenus depuis plusieurs années lors de nombreuses conférences largement diffusées, ainsi que son discours sur l’infériorité de la femme et sa soumission à l’homme constituent des actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination ou à la haine (et justifient) la décision d’expulsion ».
– ses 5 enfants sont majeurs, son épouse est marocaine, son expulsion ne l’empêcherait donc pas de vivre une vie familiale normale au Maroc.

Signalons au passage que la décision du Conseil d’État aurait pu être différente si les enfants du prédicateur marocain avaient été plus jeunes, le droit individuel à une vie familiale normale primant en l’état actuel du droit sur d’autres considérations qui concernent la société dans son ensemble.

Le ministre de l’intérieur s’est empressé de se déclarer satisfait d’un tel jugement. Était-il au bout des procédures que pouvait engager le prédicateur marocain ? Rien n’est moins sûr. Dès la communication de l’arrêt du Conseil d’État, l’avocate d’Hassan Iquioussen annonçait saisir sur le fond le tribunal administratif de Paris et envisager de saisir également – une nouvelle fois – la Cour européenne des droits de l’homme.

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La seule refondation possible: en finir avec le mépris, par Maxime Tandonnet

Macron

L’étude de Fondapol conduite par M. Dominique Reynié sur les mutations politiques en cours, d’un intérêt exceptionnel, comporte des enseignements que les responsables politiques de ce pays seraient bien avisés de prendre en compte. Elle établit que lors des dernières élections nationales – les législatives – le comportement de rejet du système en additionnant le vote protestataire (RN, LFI, extr gauche), vote blanc et abstentionnisme, atteignait presque 80% du corps électoral. Ce qui signifie que le vote d’adhésion aux partis prétendus de gouvernement, les fréquentables avec lesquels il est permis de dialoguer, selon les plus hautes autorités de l’Etat (PR et PM), dépassait à peine un cinquième de l’électorat.

Quelque 30 ou 40 ans auparavant, ce rapport eût sans doute été exactement inverse. Voilà qui marque bien l’effondrement vertigineux de la confiance des Français en la politique. Ce constat devrait bouleverser les consciences de ceux qui s’intéressent à la vie publique. Plutôt que de se noyer dans les polémiques grotesques (virilité des barbecues!), de multiplier les coups de communication vaniteux, la manipulation des peurs, la dissimulation et le mensonge, ou la grandiloquence mégalomane, les responsables du pays feraient mieux de se poser la question sans fard: comment avons-nous pu, depuis quatre décennies, plonger le pays dans un tel niveau de défiance? Ce n’est pas un hasard si le conseil national de la refondation lancé par le président Macron ne semble guère susciter l’intérêt du pays. Pour qu’une telle initiative ait un sens, elle devrait être accompagnée d’un immense mea culpa: il y a trop longtemps que nous nous moquons des Français. Le mépris est d’ailleurs la marque de l’époque.

Il faut voir le dernier éditorial du Point intitulé La bêtise va-t-elle gagner? La bêtise, c’est, d’après cet article, tout ce qui ne va pas dans le sens de la ligne officielle (celle qu’incarne à la perfection le pouvoir actuel), autrement dit, le populisme, le complotisme, ou encore la voix des 80% identifiés par Fondapol… de la vile multitude… La question n’est pas de basculer d’une caricature vers une autre en prétendant, aussi faussement, que le peuple a toujours raison (vox dei). Mais d’en finir avec la logique du mépris selon laquelle tout ce qui n’est pas dans la ligne officielle (élitiste, progressiste, post-frontières, post-nationale, libertariste) est bête, salace et vulgaire donc indigne de dialogue. Refondation? Transformation? Révolution? Tous ces mots qui claquent sont désormais vécus par l’immense majorité comme relevant de la communication. Il existe un préalable à toute véritable refondation: dénoncer, pour le combattre, le souverain mépris…

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Notre adieu à Jack Marchal. Ni trusts, ni soviets, ni mauviettes !

Jack Marchal

Les droites radicales ! Rien qu’à l’énoncé du nom, les bien-pensants s’aspergent d’eau bénite. Pas Jack Marchal, le plus réac’n’roll des militants. Né en 1946, il aura été musicien, dessinateur, graphiste – et un écrivain au tempérament exceptionnel, quand il le voulait. C’est à lui qu’on doit le style si caractéristique du mouvement Ordre nouveau, ancêtre du Front national, en particulier les rats noirs, emblème des droites radicales. Un style qui empruntait à l’univers des fanzines, de l’avant-garde et de la culture populaire. En sont sortis une écriture calligraphique et des codes esthétiques totalement nouveaux et immédiatement identifiables. Avec lui, l’ordre était vraiment nouveau. Renouveau même. Son corps l’a lâché, mais ses dessins, ses affiches, ses trop rares entretiens ne vieilliront pas. Il est décédé le 1er septembre, à la rentrée des artistes. En guise d’hommage, nous republions ici un entretien qu’il avait donné à « Éléments » dans le cadre d’un dossier consacré aux droites radicales.

ÉLÉMENTS : Comment devient-on militant des droites radicales fin des années 1960-début années 1970 ?

JACK MARCHAL. Surtout pour des motifs sans grande valeur : beylisme adolescent, blanquisme de classes de seconde, non-conformisme (ce qui n’est pas forcément une qualité), désir de choquer, de prendre la relève (ou le contre-pied) de son papa, vouloir s’agréger à un groupe dont on pense s’approprier la puissance pour mieux oublier ses propres insuffisances, illusion qu’on va faire l’histoire… Ajoutons le hasard des rencontres et des lectures, sans oublier l’omniprésent facteur bêtise humaine. Autant de paramètres pouvant décider d’un engagement extrême, à gauche ou à droite. Ça peut se décider sur le fil du rasoir. On s’invente après coup des justifications, on parle de prise de conscience, de cheminement intellectuel, d’itinéraire spirituel, de la volonté de servir, de donner un sens à sa vie, ou du style, que sais-je encore… Mais la vérité est qu’il n’y a guère de bonnes raisons de s’engager ainsi.

Par contre, une fois qu’on est à l’extrême droite (j’accepte l’expression), il n’y a plus que de mauvaises raisons de s’en dégager. Parce qu’elle est le milieu où prévaut la plus exacte vision des êtres et du monde. La contrepartie est la paresse intellectuelle qui sévit dans ce biotope. D’où vient que cette extrême droite a le don de s’enliser périodiquement dans des causes irraisonnées.

Mon cas est quelque peu atypique, Nanterre sociologie, où je suis entré en 1966, n’étant pas connu pour être une pépinière de droitistes. L’aristocratie étudiante d’extrême gauche qui y donnait le ton partageait avec profs et assistants un savoir articulé autour d’une ribambelle de noms qui ne me disaient rien, Althusser, Barthes, Bourdieu, Foucault, Lukács, un peu Edgar Morin, bientôt Lacan… J’étais initialement bien disposé envers cette culture (m’en reste un côté marxien que je ne renie pas), mais le dépit de me sentir largué l’a emporté. Je me suis donc intéressé au mouvement Occident, qui était l’universel objet de haine obligatoire du campus, l’équivalent de la « Fraternité » de 1984. On m’y a pour ainsi dire poussé.

ÉLÉMENTS : Occident a été le précurseur d’Ordre nouveau. Quelle a été la différence de l’un à l’autre ?

JACK MARCHAL. Occident est né en 1964 comme sous-groupuscule lycéen ne dédaignant pas les actions brutales pour se faire connaître, ce qui lui a procuré une célébrité sans rapport avec la minceur de ses effectifs. Les violences dans lesquelles il a été impliqué ont été le détonateur de mai 1968. Dissous, il s’est poursuivi à travers le Groupe union défense (GUD), puis Ordre Nouveau, qui a donné naissance au Front national en 1972. Durant ces années, marquées par une accélération sans précédent de l’histoire, l’évolution a été considérable. Ordre nouveau s’est d’emblée donné pour horizon la création d’une structure de parti, souci qui n’était guère présent à Occident. On peut toutefois relever des constantes : acceptation de la modernité dans toutes ses conséquences, un certain spontanéisme dans l’action, adogmatisme affirmé, préférence de principe pour les directions collégiales, allergie au culte du chef. Ce tropisme antiautoritaire a d’abord fait la force du mouvement (nos compétiteurs sur le marché de la militance droitiste n’étaient que des sectes fort peu attirantes) avant de faire sa faiblesse dans les années 70.

ÉLÉMENTS : On a pu dire d’Ordre nouveau que vous étiez des « gauchistes de droite »…

JACK MARCHAL. Superficiellement : sans doute. Nous partagions avec l’ennemi le même langage, les mêmes méthodes, les mêmes accoutrements, et des illusions lyriques parallèles. Mais nous étions inscrits sur des séquences temporelles très distinctes. À ses débuts, Occident tenait un discours ouvertement putschiste, appelait à une « dictature de la jeunesse ». Il est vrai, le 13 mai 1958 et les convulsions nées de l’affaire algérienne n’étaient pas encore de l’histoire ancienne. Au fil des années, ces positions se sont calmées, profitant de la plasticité de l’appellation « Occident » qui n’avait rien pour choquer de braves libéraux amis du « monde libre » tout en faisant référence à la revue de Maurice Bardèche (Défense de l’Occident), lequel se définissait crânement fasciste.

En face, l’extrême gauche a fait un parcours inverse. Naguère domestiquée par la bureaucratie PCF et les salons progressistes PSU, elle est entrée en phase de virulence en 1966-1967, a remis à l’ordre du jour les mots d’ordre conseillistes et une praxis aux limites du terrorisme. Et c’est ainsi que des suppôts de Trotski et de Mao Zedong, pensant refaire la guerre d’Espagne, ont pu drainer des étudiants par dizaines de milliers durant mai 68.

Occident et Ordre nouveau étaient une extrême droite très rock’n’roll, à un degré qu’on n’imagine pas, très à l’aise dans la culture populaire de l’époque. En face, les références musicales des soixante-huitards étaient la chanson à texte latino-rive gauche, Leny Escudero, Léo Ferré, Pia Colombo… Ridicule. Pour dire l’écart entre les gauchistes et nous : vers 1971, une camarade qui faisait plus ou moins agent double entre les trotskistes et Ordre nouveau, et qui a ce titre avait une double raison de mépriser les maoïstes, nous a apporté au local d’Ordre nouveau le disque enregistré par cette pauvre Dominique Grange, comportant l’hymne mao Les nouveaux partisans, une marche militaire au texte grandiloquent dont le refrain paraphrasait la mélodie du Giovinezza de mussolinienne mémoire ! Nous avons dégusté cette bouse dans un mélange d’ahurissement et de fou rire. Les ex-maos restent morts de honte à cette évocation (seul, je crois, Jean Rolin, dans son livre L’organisation, ose y faire allusion).

ÉLÉMENTS : Ordre nouveau, c’est d’abord un style nouveau, graphiquement. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

JACK MARCHAL. Ce style a été lancé par Frédéric Brigaud, un des dirigeants d’Occident, alors étudiant aux Beaux-Arts de Paris. C’est lui qui a aussi fait les premières affiches d’Ordre nouveau, en introduisant un graphisme caractéristique, ensuite reproduit à échelle industrielle dans le mouvement. La généralisation à cette époque du procédé d’impression offset a offert la faculté de choisir des lettrages originaux sans passer par la composition classique au plomb. On pouvait dès lors faire plus beau et plus visible pour moins cher. L’Ordre nouveau des débuts était davantage une subculture juvénile spécifique qu’un mouvement politique proprement dit. Il s’étendait mécaniquement, comme un mouvement de mode. Dans ces conditions, affirmer une esthétique particulière était fondamental. L’identité visuelle du mouvement matérialisait son homogénéité, lui servait de ligne politique ! C’était voulu, parfaitement conscient. Lorsque nous avons créé le Front national, nous lui avons appliqué une charte graphique bien plus conventionnelle, mieux adaptée aux publics qu’il voulait toucher.

ÉLÉMENTS : Comment survit-on à ses années de militantisme ? La vie est-elle à la hauteur des rêves de jeunesse ?

JACK MARCHAL. Je vois qu’aujourd’hui le parti des masses laborieuses est le national-populisme. L’actualité apporte chaque jour un Niagara à son moulin. Il est désigné comme ennemi principal par une coalition gouvernante dont la fragilité fait peur et qui tente d’exister dans l’enfumage sociétal en dissolvant la notion de filiation dans la PMA et la GPA, sans voir que ce faisant elle ouvre à deux battants le portail d’un monde où les individus seront définis par leur ADN. Emmanuel Todd confesse que l’émergence de la démocratie est liée au nationalisme ethnique, ce qui fait sens en ces temps de post-démocratie multiculturelle. Autant de choses dont je n’aurais pas osé rêver il y a cinquante ans.

Extrait du numéro 181 d’Éléments : Et si tout basculait en 2022

Texte repris du Revue-elements.com

[Entretien vidéo] Katya Kopylova, diplomate russe : “La réponse en cas d’attaque sera radicale !”

Katya Kopylova

05/09/2022 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Katya Kopylova, diplomate et juriste russe francophone, a accordé à Livre Noir 2h d’entretien à Yalta en Crimée. L’occasion de tout aborder y compris les questions délicates. Cette diplomate connaît bien la France puisqu’elle a travaillé au sein de l’ambassade russe à Paris pendant plusieurs années.

Elle est aujourd’hui rentrée à Moscou. Risque nucléaire, annexion ou rattachement de la Crimée à la Russie, Poutine malade ou pas, crimes de guerre, etc.


Attentat du 14 juillet à Nice : le procès s’ouvre, huit personnes jugées

Les légèretés de la macronie vont coûter cher aux Français, par Ivan Rioufol

Macron

Comment les prendre au sérieux ? Comme leur faire confiance ? Les dirigeants politiques de ces dernières décennies conduisent le pays à la catastrophe. Le mépris qu’ils portent aux gens ordinaires et au bon sens est proportionnel à leur légèreté et leur manque de discernement. Après avoir, d’autorité, ouvert la France à une colonisation extra-européenne qui met en péril d’unité nationale, après avoir fait de l’Ecole « pédagogique » et « inclusive » un champ de ruine, après avoir endetté les générations futures pour acheter dans l’urgence une paix sociale, voici venu, avec la macronie, le temps des coupures possibles de gaz et d’électricité dès cet hiver. Le russe Gazprom, en réplique aux sanctions européennes contre l’offensive Russe en Ukraine, suspendra totalement ses livraisons de gaz à Engie dès ce jeudi.

Lundi, le premier ministre, Elisabeth Borne, a menacé les entreprises d’un rationnement : « Si chacun ne prend pas sa part, des coupures brutales pourraient avoir lieu du jour au lendemain, avec de graves conséquences économiques et sociales ». Le prix de l’électricité, qui était il y a un an de 85 euros le mégawattheure, atteint 1300 euros. Il pourrait dépasser les 2000 euros. Or c’est Borne, alors ministre de la transition écologique, qui justifiait en 2019 l’arrêt de 14 réacteurs nucléaires, en vue d’une réduction de la part du nucléaire à 50% en 2035, selon le vœu absurde des écologistes. Elle expliquait, à la suite d’Emmanuel Macron : « Cela ne posera pas en soi un problème de sécurité d’approvisionnement ». Ces gens-là n’entendent pas s’excuser.

L’inventaire des bêtises de la pompeuse macronie reste à dresser. Retenons déjà le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Il avait déclaré, le 1er mars 22 : « Nous allons provoquer l’effondrement de l’économie russe », en riposte à l’agression de Poutine contre l’Ukraine. En réalité, ce sont les Européens, et singulièrement les Français de la classe moyenne, qui vont subir les conséquences de la déraison des va-t-en-guerre, à travers une inflation que le gouvernement va tenter, par des aides financées par l’emprunt, de faire supporter par les générations suivantes.

N’oublions pas la propagande mensongère du gouvernement sur les vaccins anti-Covid : « Tous vaccinés, tous protégés » ; « Se faire vacciner, c’est se protéger et protéger les autres ». Les nombreux multi-vaccinés qui ont attrapé le Covid cet été sont en droit de se sentir floués, ainsi que ceux qui ont été contaminés par eux. Décernons néanmoins un encouragement à Gérald Darmanin qui, après avoir soutenu le 28 juillet 2020 : « Je suis à 100.000 lieues de faire le lien entre immigration et insécurité » et après avoir nié la responsabilité des racailles de Seine-Saint-Denis dans les violences passées au Stade de France, a admis le 21 août : « Il y a une part importante de la délinquance qui vient de personnes immigrées (…) Nous avons un problème de délinquance étrangère » (48% à Paris, 55% à Marseille). Et si les « élites » politiques commençaient par se remettre en question, ouvrir les yeux et réfléchir au-delà des clichés ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 30 août 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Connaissez-vous Rubén Pulido ? Du vent frais du côté du journalisme espagnol

Rubén Pulido

En novembre 2018, l’OJIM présentait une jeune journaliste d’investigation, Lauren Southern. Nous soulignions à l’époque que c’était du Canada que les enquêtes originales semblaient venir. Lauren Southern a depuis délaissé les sujets à envergure internationale pour se consacrer à l’actualité de son pays.

En 2022, c’est du côté de l’Espagne que vient un vent d’air frais dans le petit monde du journalisme. Depuis quelques années, un certain Rubén Pulido mène un patient travail d’investigation. Article après article, tweet après tweet, il met à jour l’économie de la migration qui permet chaque année à des dizaines de milliers de clandestins partis des côtes d’Afrique du nord de gagner l’Europe.
Cette migration de masse se ferait dans une indifférence quasi générale, si elle n’était pas rompue de façon salutaire par le journaliste espagnol, et par quelques autres. Et, nous allons le voir, cela n’est pas sans risques…

Rubén Pulido, un journaliste engagé

Rubén Pulido est un journaliste engagé et ne s’en cache pas. Il écrit depuis quelques années des articles dans La Gaceta de la Iberosfera. Ce média en ligne est la propriété de la Fundación Disenso, qui peut être considérée comme un think tank du parti politique espagnol conservateur VOX.

Les articles de Rubén Pulido, publiés également dans d’autres médias comme le site Posmodernia, ont en commun de traiter de l’immigration clandestine qui arrive massivement dans le sud de l’Espagne.

Outre des décomptes réguliers des arrivées sur les côtes espagnoles, Rubén Pulido met à jour dans ses différents articles les arcanes d’une invasion que l’on n’appelle jamais comme telle. Parmi les thèmes qu’il a traités, on peut citer :

– le business des passeurs qui s’affiche publiquement sur les réseaux sociaux,
– les départs des côtes africaines, prévisibles mais rarement contrariés par les douaniers espagnols,
– le jeu trouble d’O.N.G. dont les bateaux vont chercher les migrants dans des bateaux près des côtes africaines pour les amener systématiquement en Espagne,
– le profil inquiétant de certains migrants arrivés clandestinement en Espagne, qui pour nombre d’entre eux, continueront leur périple vers le nord de l’Europe,
– l’instrumentalisation des flux migratoires par certains pays d’Afrique du nord comme moyen de pression sur l’Espagne.

C’est donc sous des angles rarement choisis en France que Rubén Pulido couvre l’actualité migratoire. Car, chacun peut le constater, selon un narratif convenu et en tous points conforme à celui promu par l’Union européenne, les médias français de grand chemin présentent invariablement les jeunes migrants venant de pays musulmans en paix comme des héros qu’il faudrait à tout prix accueillir.

Les raisons de suivre le travail de Rubén Pulido, tant sur son compte Twitter que dans les médias auxquels il contribue, sont donc nombreuses. La fonction traduire de Twitter et des moteurs de recherche permet au lecteur non hispanophone d’accéder à la version française des articles disponibles en ligne. Nous livrons à la sagacité de nos lecteurs quelques-uns des articles du journaliste espagnol que nous avons résumés.

Le business des passeurs s’affiche publiquement sur les réseaux sociaux

Dans un article paru le 18 juillet 2022, Rubén Pulido montre preuves à l’appui comment les réseaux mafieux communiquent sur les réseaux sociaux pour avertir les migrants des prochaines traversées de la mer Méditerranée. Parmi les différents groupes Facebook privés permettant de faire circuler les informations, l’un d’eux compte jusqu’à 50 000 abonnés ! Cet exemple montre que c’est donc à la vue et au su de tout le monde que les traversées clandestines sont organisées depuis l’Afrique du nord.

Autre exemple : en mai 2022, la télévision espagnole annonçait le lancement de la dernière acquisition de l’O.N.G. dirigée par Òscar Camps, Open Arms. Le bateau, qui peut accueillir jusqu’à 1 000 “réfugiés”, venait alors d’arriver au port de Barcelone pour finaliser ses préparatifs avant de repartir en Méditerranée centrale. Comme le souligne Rubén Pulido dans un article qu’il a consacré le 27 mai à ce sujet, cette information a rapidement circulé dans différents groupes et pages Facebook contrôlés par les mafias qui opèrent sur les côtes libyennes et tunisiennes : « La plus grande diffusion s’est produite dans les groupes et les pages qui contrôlent les mafias chargées d’affréter des bateaux avec des immigrants illégaux d’ origine bangladaise », souligne le journaliste espagnol.

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Gérald Darmanin VS Hassan Iquioussen: on fait la guerre avec l’armée qu’on a

Iquioussen Darmanin

Le Conseil d’Etat a confirmé mardi 30 août la légalité de l’expulsion d’Hassan Iquioussen, prédicateur islamiste très en vue et affairiste peu scrupuleux. Mais celle-ci devra encore attendre pour être exécutée : l’imam est en fuite.

On se demande bien comment fonctionne le ministère de l’Intérieur au vu de ce énième raté. La fuite de l’imam était aussi attendue qu’annoncée. Le fait qu’elle ait été prévue par tous, sauf par les principaux intéressés, laisse assez dubitatif… mais confirme l’impression de manque de professionnalisme qu’a donné la mise en scène de ladite expulsion, alors même que sa nécessité était réelle.

Sur le fond, l’expulsion est parfaitement légitime. Hassan Iquioussen ne masque pas son appartenance à l’islam politique ni sa proximité avec les islamistes. Prédicateur star de Musulmans de France, ex-UOIF, il n’a jamais caché sa volonté de structurer un vote communautaire musulman et de réislamiser les jeunes musulmans en les mettant en opposition avec la civilité, les mœurs et les lois françaises. Pour cela il utilise un discours victimaire et falsificateur, mettant en scène une supposée persécution qui justifie la haine et le rejet des valeurs occidentales et des principes démocratiques et républicains. Il nourrit la logique séparatiste et communautariste qui structure l’idéologie des Frères musulmans et en diffuse tous les fondamentaux : appel à la haine des apostats de l’islam, des « mécréants », revendication d’un antisémitisme virulent, infériorisation de la femme et refus de lui accorder l’égalité, légitimation des attentats-suicide… Or ce travail d’ensemencement des esprits donne des fruits.

Le discours d’Iquioussen s’adresse-t-il à une si « infime » minorité ?

La réussite de la stratégie des islamistes en matière de radicalisation de la jeunesse a été mesurée à différentes reprises, et à chaque fois un différentiel énorme séparait les jeunes musulmans des autres jeunes croyants, témoignant de leur rupture avec la culture française. En 2016, une étude de l’Ined montrait que 85% des musulmans âgés de 17 à 25 ans déclaraient que la religion jouait un rôle important dans leur vie, ils n’étaient que 22% chez les catholiques. En 2021 selon l’IFOP, 65% des lycéens musulmans estimaient que les normes et règles édictées par la religion étaient plus importantes que les lois de la République, ils n’étaient que 33% chez les jeunes catholiques. Dans un sondage IFOP de 2020, on peut constater que 66% des musulmans sont opposés au droit des enseignants de montrer des caricatures (alors que l’enquête est menée juste après l’assassinat de Samuel Paty), c’est exactement l’inverse de ce que l’on constate dans le reste de la population française qui soutient ce droit à 75%, voire à 80% chez les catholiques. Le travail de radicalisation religieuse et la construction d’une identité communautaire séparatiste a été bien mené, et l’idéal séparatiste que prône les Frères musulmans est une réalité dans notre pays. Un autre chiffre le démontre : lors des présidentielles, un appel au vote Mélenchon a été relayé par tout un réseau de mosquées et par des relais d’opinion appartenant tous à la sphère islamiste (CCIE, Les frères Tariq et Hani Ramadan, Vincent Souleymane, Sihame Assbague, Feiza Ben Mohamed…). Le principal argument déployé pour obtenir ce résultat : l’éternel victimisation et l’accusation d’ « islamophobie » d’Etat à travers une charge violente contre la loi séparatisme.

Résultat, un vote communautariste massif : 69% des électeurs musulmans ont voté Jean-Luc Mélenchon, suite à une campagne dont les éléments de langage et les représentations concernant la communauté musulmane ont été empruntés à la logorrhée islamiste. Certes ce n’est pas pour rien si le clientélisme électoral à gauche s’est concentré sur le vote musulman depuis la fameuse note Terra Nova de 2012, l’existence d’un vote communautaire ne date pas d’hier. Ce qui s’est accentué c’est qu’aujourd’hui ce sont les islamistes qui le détiennent, comme ce sont leurs revendications et leur vision du monde qui le structurent. Une telle influence représente un poids électoral non négligeable et explique la complaisance d’une partie de la gauche à l’égard de l’islamisme. L’influence électorale de cette dernière étant en chute libre, elle ne se maintient sur certains territoires que grâce à ce vote. La droite l’ayant remarquée, elle a eu tendance à verser dans le même clientélisme en banlieue.

Clientélisme caricatural mais efficace

Cela aussi Hassan Iquioussen l’avait fort bien compris. Dans une vidéo datant de 2014, il explique la méthode pour placer ses pions dans les collectivités locales. Sa rhétorique est basique, mais en tant qu’ancienne élue, je peux assurer qu’elle est opérationnelle. Selon l’imam, il suffit d’aller voir le maire et de dire : « La dernière fois vous avez gagné avec 50 voix, je vous en offre 853 (ce sont les voix des fidèles de la mosquée qu’il compte ainsi.) Il fait quoi le Maire, il fait des génuflexions et des prosternations ». Caricatural ? Peut-être, mais c’est un discours efficace et qui fonctionne sur des territoires où parfois seuls 40% de la population se rend aux urnes et où les élections se jouent avec un différentiel de quelques centaines de voix. Peu importe que l’influenceur ait au moment du deal la réalité de ces voix entre ses mains. S’il est vu comme puissant et comme ayant le lien avec l’autorité politique, il gagnera en influence en devenant un intermédiaire communautaire. L’entrisme permet de renforcer l’emprise communautaire grâce aux alliances forgées à l’extérieur.

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Vision d’un monde soumis au totalitarisme écologiste – Pierre Labrousse

Pierre Labrousse

02/09/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Pierre Labrousse est professeur agrégé de philosophie et il publie un roman d’anticipation « Le clone de l’Apocalypse », où il imagine à quoi les pensées écologistes et politiques de notre ère risquent de faire aboutir nos sociétés dans un avenir pas si lointain. Face au totalitarisme écologiste qui s’est emparé du monde occidental à la fin du XXIème siècle, Daniel, ingénieur, et Lucie, un étonnant et troublant robot-clone, rejoignent l’armée qui se prépare dans l’ombre, depuis des décennies, à combattre l’arbitraire sécuritaire, consumériste et progressiste qui s’est imposé aux peuples.

Ecrit avec finesse et multipliant les rebondissements, Pierre Labrousse offre un livre de combat qui prend rapidement une dimension eschatologique où se mêlent allègrement théologie et philosophie. « Le clone de l’Apocalypse », un essai novateur qui a le mérite de sortir des sentiers battus et de poser les bonnes questions. A découvrir…


Jean-Luc Mélenchon, idiot utile de la stratégie d’entrisme des militants islamistes ?

islamistes

« Le vote musulman a été largement dicté par des activistes islamistes. » Dans une note adressée à quelques hauts fonctionnaires et révélée par Europe 1, le Service central du renseignement territorial (SCRT) confirme l’influence majeure des militants islamistes dans l’orientation du « vote musulman » en faveur de Jean-Luc Mélenchon. Une stratégie d’entrisme de l’islamisme dans la vie politique qui se révèle déjà payante.

Jean-Luc Mélenchon, candidat des musulmans

Selon le SCRT, les influenceurs islamistes « ont clairement tenté de peser dans la campagne ». Alors qu’en 2017, l’électorat musulman se retrouvait éclaté entre les différents candidats de gauche, les activistes islamistes ont, cette fois-ci, tenté de fédérer le « vote musulman ». Pour y parvenir, quoi de mieux que de raviver le sentiment de victimisation au sein de la communauté musulmane ? Ainsi, à quelques jours du scrutin, alors que « les fidèles se sentent stigmatisés » par un « débat quasi permanent » sur l’islam, ces activistes islamistes font de l’islamophobie d’État un argument de campagne, explique la note du SCRT. À titre d’exemple, un communiqué rédigé par des « imams et prédicateurs » anonymes et relayé par de nombreux militants proches des Frères musulmans dénonce « le contexte très difficile que vit la communauté musulmane en France qui subit une opposition islamophobe injuste ». Quelques jours plus tard, Feïza ben Mohamed, militante contre la prétendue islamophobie d’État, et soutien de l’imam Iquioussen, pointe du doigt « les perquisitions sur des milliers de familles musulmanes » et « la stigmatisation et le démantèlement du tissu associatif musulman ».

Une fois l’électorat musulman soudé, ces activistes islamistes désignent Jean-Luc Mélenchon comme leur candidat. Ainsi, début avril, le Collectif contre l’islamophobie en Europe (CCIE) publie les résultats d’une enquête menée auprès de ses abonnés. Sans surprise, le chef des Insoumis est plébiscité à hauteur de 81,1 %. Le lendemain, le même CCIE propose une « grille des positionnements de certains candidats en matière d’islamophobie ». Une nouvelle fois, Jean-Luc Mélenchon apparaît comme le mieux noté. Des militants suivis par plusieurs milliers de personnes sur les réseaux sociaux apportent également leur soutien au tribun de Marseille. Hani Ramadan, frère du sulfureux Tariq Ramadan, Vincent Souleymane, prédicateur proche des Frères musulmans ou encore Abdelaziz Chaambi, fondateur du Collectif contre le racisme et l’islamophobie (CRI) partagent auprès de leur communauté le communiqué anonyme qui appelle « les citoyens français de confession musulmane à voter dès le premier tour pour le moins pire des candidats : Jean-Luc Mélenchon ».

Or, force est de constater que cette stratégie a porté ses fruits. Selon une enquête IFOP pour La Croix/em> publiée au lendemain de l’élection, 69 % des Français de confession musulmane auraient accordé leur suffrage à Jean-Luc Mélenchon. Une hausse de 32 points par rapport à 2017.

Le « chantage » des activistes islamistes »

Mais derrière ce soutien quasi unanime des militants islamistes se cache une stratégie d’entrisme. Comme le résume l’imam Hassan Iquioussen, dans l’une de ses prédications sur le vote, la politique est affaire de « chantage ». Une théorie que les activistes de l’islam radical ont bien comprise. Face à une gauche en quête de voix, ils n’hésitent plus à proposer un vivier électoral en échange de prises de position favorables à leur vision de l’islam. Jean-Luc Mélenchon, galvanisé par son score de 2017, est l’un des premiers à avoir cédé. Mais, déjà, d’autres commencent à emprunter ce dangereux chemin. La chercheuse Florence Bergeaud-Blackler, interrogée par Marianne, avertit : « S’il se passe en France la même chose qu’en Belgique, nous allons voir se multiplier l’entrisme frériste dans tous les partis et pas seulement chez LFI ou les Verts… » Les politiques réaliseront-ils le danger d’un tel entrisme avant qu’il ne soit trop tard ?

Clémence de Longraye

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Daria Douguine : l’honneur définitivement perdu des médias français, par Pierre Boisguilbert

Daria Douguine

Le traitement par nos médias de l’assassinat de Daria Douguine peut être considéré comme la grande leçon idéologique de cet été. Nos médias sont bien des médias de propagandes et, à partir de ce cas, on peut mettre en doute tout ce qu’ils disent, notamment sur la guerre en Ukraine.

Deux poids, deux mesures

Imaginons. Un idéologue proche du président Zelenski se rend avec sa fille à une réunion culturelle nationaliste ukrainienne. La fille de l’idéologue est une journaliste partageant ses convictions et reconnue comme intellectuelle engagée mais de haut niveau. Les servies secrets russes décident d’éliminer l’idéologue. Ils piègent sa voiture. Il ne la prend pas et c’est sa fille qui est tuée dans cet attentat.
Que n’aurait-on entendu ?
On aurait condamné un État terroriste s’attaquant au droit de la presse et de la liberté d’opinion et ayant tué une journaliste innocente. Le journaliste est normalement démocratiquement intouchable.

La diabolisation de l’idéal d’Alexandre Douguine

Pour Daria, rien de tout ça. Elle n’était pas dans le camp du bien, et finalement elle a bien mérité ce qui lui est arrivé.
On diabolise son père et par amalgame on confond souvent les deux pour éviter de constater une épouvantable bavure. On avait parfois l’impression, que Douguine père avait été tué.

Il y a donc un bon terrorisme et des bavures acceptables contre ceux qui pensent différemment de l’idéologie médiatique occidentale.

Daria soutenait le discours de son père sur le projet eurasiatique. C’est le rêve d’une puissance européenne de Lisbonne à Vladivostok d’un seul tenant au nom d’une civilisation partagée par des nations indépendantes.
C’est le cauchemar absolu du modèle mercantile thalassocratique anglo-saxon, représenté par la puissance américaine et ses affidés, dont l’Europe militairement soumise par l’Otan. Dans cette stratégie, la démocratie libérale est une idéologie qui se veut attractive et supérieure moralement. La mainmise américaine sur l’Ukraine fait parti du plan d’encerclement et d’affaiblissement de la Russie, cœur géopolitique de l’Eurasie. On comprend que, pour la mouvance américaine, Alexandre Douguine soit un homme à abattre, mais c’est sa fille qu’ils ont tué.

Nos médias si moraux et éthiques s’en sont quasiment félicités. Voila qui les discrédite dans leurs analyses de l’actuel conflit.

Des médias militants

LCI joue sur une ligne éditoriale belliqueuse et manichéenne prônant clairement la guerre contre la Russie. On se croirait sur un média ukrainien aux mains de Zelenski.
Et sur les autres chaines, c’est à peine moins ridicule de parti-pris et de désinformation.
De jeunes Ukrainiennes sachant tout sur tout sont adulés par des militaires à la retraite jouant les stratèges de plateaux télés avec une suffisance peu rassurante.

Quant au président Zelenski acteur un jour, acteur toujours. Sa transformation – réelle et sincère un temps – en chef de guerre adulé par le monde lui est monté à la tète. Dans les mains d’officines de communication pilotées par Washington, il ne quitte plus son costume d’un maillot vert de gris qu’il porte en toute occasion. C’est inquiétant. Il en fait trop. Il s’est pris au personnage, c’est en effet indiscutablement le rôle de sa vie et chaque jour il demande à l’occident américain de déclencher pour se sauver de l’impérialisme de Poutine une troisième guerre mondiale nucléaire. Tout cela sous les applaudissements de nos médias va t-en guerre.

Les médias du camp de la paix de la démocratie et du bien qui n’ont pas été choqués par l’assassinat terroriste d’une brillante jeune journaliste qui ne pensait pas comme eux. Tout est dit, honte à eux. Et honneur à ceux qui osent dire.

Hommages

Au contraire de Marine Le Pen ou d’Eric Zemmour, qui n’ont pas réagi, Florian Philippot, ancien numéro deux du Front national aujourd’hui dirigeant des Patriotes, a déclaré sur Twitter : « Fille de Douguine assassinée, saillies guerrières de Macron, provocations de Zelensky autour des sites nucléaires à la recherche d’un incident… Il est clair que le camp washingtonien veut la guerre ! Et Macron n’attend que ça ! »

On soulignera également un hommage particulier et légitime : « Les Occidentaux voulaient la tête du père depuis 2014, date d’une interdiction de séjour inique sur le sol de l’Union européenne, ils viennent d’avoir celle de la fille du “cerveau de Poutine”, selon la terminologie moutonnière des médias, de la manière la plus honteuse et lâche possible », peut-on lire sur le site d’Eléments qui propose un hommage ou tout est à lire. « Volodymyr Zelensky, le clown au tee-shirt kaki, qui disait craindre que la Russie fasse ‘quelque chose de particulièrement dégoûtant’ et ‘cruel’ pour la fête de ‘l’indépendance’, est un maître dans la prophétie autoréalisatrice. Dégoûtant, atroce et cruel, c’est bel et bien ce qui vient d’arriver à la famille Douguine, Alexandre, Natacha et Arthur, à qui la rédaction d’Éléments adresse ses condoléances. »

Lié par une grande amitié à Alexandre Douguine, Alain de Benoist a avoué son immense peine à l’annonce de la mort de la journaliste russe : « Daria nous a toujours témoigné beaucoup d’amitié et sollicitude. Sa mort, c’est un acte de guerre, plus qu’un attentat. Un acte de guerre… On a voulu tuer un intellectuel, on a tué sa fille. Un jour, c’est Rushdie, un autre c’est Douguine. La question, c’est qui sera le prochain ? »

Tribune reprise de Polémia

Droit de VOTE des ÉTRANGERS : qu’en pense la population de Seine-Saint-Denis ?

droit vote étrangers

01/09/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Le 9 août dernier, le député Sacha Houlié (majorité présidentielle) a déposé, à « titre personnel », une proposition de loi pour accorder le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales à tous les étrangers, même non européens aux élections municipales.

Il relance ainsi débat vieux de quarante ans, qu’aucun président n’a réussi à mettre en place. Mais la population y est-elle favorable ? Nous nous somme rendus à Saint-Denis pour poser la question.