Italie : faux papiers, mariages blancs et trafic d’enfants

Italie : faux papiers, mariages blancs et trafic d’enfants

05/09/2011 – 10h00
ROME (NOVOpress) –
«Piccoli Angeli», petits anges, sans doute à cause du grand nombre d’enfants impliqués : c’est le nom que les carabiniers de Rome ont donné à l’opération qui, au terme de plus d’un an d’enquête, leur a permis de démanteler un réseau international d’immigration clandestine.

La dernière phase a eu lieu hier matin avec une série de perquisitions et d’arrestations à Milan, Rome, Civitavecchia, Naples et Cosenza. Le centre de l’organisation criminelle était à Rome, où un restaurant avait été transformé en imprimerie clandestine, tandis qu’un bar et deux agences de voyage, à côté de la gare Termini, servaient de couvertures. La bande comprenait au moins 27 personnes. Neuf (toutes somaliennes, érythréennes ou italo-érythréennes) ont été arrêtées, les autres ont été laissées en liberté sous l’inculpation d’aide à l’immigration clandestine.

La bande produisait en masse de faux passeports et permis de séjour pour des Nord-Africains qui, après être passés par l’Italie étaient redirigés vers le nord de l’Europe (Royaume Uni, Finlande, Suède, Danemark) et le Canada. Le tarif était de 15 à 20 mille euros le passage d’Afrique en Europe, en comprenant l’argent pour les papiers d’identité « propres », nécessaires pour passer les frontières méditerranéennes. « La bande de trafiquants, expliquent les enquêteurs, avec à sa tête un immigré originaire d’Erythrée, Tesfai, et son bras droit, Sayd, surnommé “le docteur”, a eu, rien que depuis un an, un chiffre d’affaires d’au moins deux millions d’euros ».

Outre les faux papiers, la bande utilisait les mariages blancs pour régulariser les clandestins. Des retraités ou des personnes dans le besoin se prêtaient à l’opération moyennant mille ou deux mille euros : certains se sont mariés cinq fois. Sitôt sorti de la mairie, l’époux ou l’épouse Nord-Africain était transféré dans un endroit sûr jusqu’au jour du départ pour sa destination finale.

Mais ce n’est pas tout. Les carabiniers ont retrouvé un lot de faux passeports sans nom avec des photos d’enfants âgés de deux à six ans, émigrés depuis on ne sait où. Selon le major des carabiniers Gabriele De Pascalis, qui a commandé l’opération, « nous ne pouvons donc exclure que derrière l’expatriation de mineurs, il n’y ait eu des adoptions illégales ».

Crédit photo : d’après Luigi Rosa sur Flickr, image sous licence cc.