Hongrie : György Budaházy remis en liberté

Hongrie : György Budaházy remis en liberté

02/10/2011 – 18h00
BUDAPEST (NOVOpress) —
 En détention préventive depuis juillet 2009, l’activiste nationaliste hongrois György Budaházy a été remis en liberté surveillée (assignation à domicile) le 30 septembre 2011, après près de 800 jours de prison.

Sur la base de soupçons de l’existence d’un groupe terroriste dirigé par Budaházy, la police hongroise avait effectué un grand coup de filet le 17 juillet 2009 en arrêtant 16 personnes. Parmi eux, seuls György Budaházy et Endre Szász étaient encore en détention provisoire (Endre Szász avait été une semaine durant remis en liberté avec assignation à résidence, avant que la justice hongroise ne change d’avis et ne décide de le remettre en détention !).

Le procureur a toutefois fait appel de cette décision de remise en liberté des deux derniers prisonniers politiques, mais la décision est tout de même applicable de suite.

Bien que le procès ait démarré depuis plusieurs mois, la justice hongroise n’a pour le moment toujours pas été en mesure de présenter de preuves probantes d’activités terroristes de Budaházy et de ses amis.

Les conditions de détention de Budaházy étaient particulièrement dures et avaient fait l’objet de nombreuses réclamations de ses avocats : mal nourri, privé de la lumière du jour car enfermé dans une cellule sans fenêtre et n’ayant qu’une promenade quotidienne d’une heure le soir tombé, Budaházy ne pouvait voir qu’une partie de famille une fois par mois (son épouse, accompagnée de seulement deux de ses trois enfants). Par ailleurs, il ne disposait que d’informations extrêmement parcellaires sur son dossier (étant notamment parfois exclu de son propre procès lors de témoignages à son encontre).

Ces dernières semaines, plusieurs « témoins » capitaux ayant initialement accusé Budaházy d’activités terroristes étaient revenus sur les aveux et avaient admis que ceux-ci avaient été obtenus sous la contrainte.

Infatigable dans la défense des nationalistes persécutés par les autorités – et particulièrement dans le cas de Budaházy – la député européenne Krisztina Morvai (sans étiquette, élue sur la liste du parti nationaliste Jobbik) avait encore effectué une interpellation au Parlement Européen (vidéo ci-dessous) deux jours avant la libération du prisonnier politique le plus célèbre de Hongrie, et préparait la visite en prison de Budaházy de plusieurs députés européens non-hongrois.

Le Jobbik s’est officiellement réjoui des libérations de György Budaházy et d’Endre Szász, et a suggéré que l’ancien Premier Ministre socialiste hongrois Ferenc Gyurcsány prenne leur place pour les mensonges électoraux avoués de la campagne de 2006 et la répression extrêmement violente des manifestations nationalistes qui avaient suivi la révélation de ses mensonges.

En attendant, pour peu qu’il reste libre, les nationalistes hongrois semblent avoir décidé de changer le slogan Szabadságot Budaházynak ! (Liberté pour Budaházy) en Amnesztiát Budaházynak ! (Amnistie pour Budaházy).

Crédit photo : DR