Dérive Orwellienne : une blague conduit un homme au tribunal

Dérive Orwellienne : une blague conduit un homme au tribunal

28/09/2011 – 10h15
TOULOUSE (NOVOpress) —
“Connaissez-vous la blague du tsunami et du pastis ? Plus il y a d’eau, moins il y a de jaune”. Cette plaisanterie anodine d’un jeune Toulousain de 16 ans à un homme d’origine laotienne va le mener au tribunal. En effet, à la suite d’une altercation avec le plaignant, l’accusé avait décidé de se « venger » en glissant dans la boîte aux lettres de son rival un courrier contenant la fameuse galéjade. Le destinataire a porté plainte et  la police – qui n’a sans doute pas mieux à faire que d’enquêter sur ce genre de futilité – a rapidement identifié le coupable qui sera convoqué le 14 octobre au tribunal et jugé pour « injure non publique à caractère racial ». Il risque une amende ou l’obligation de verser des dommages et intérêts à la « victime ».

Cette affaire, en apparence insignifiante, révèle malgré tout une inquiétante dérive Orwellienne de la justice et de la société française dans son ensemble. Elle rappelle, à certains égards, l’affaire Éric Zemmour. Le journaliste avait été condamné en février dernier à 2 000 € d’amende avec sursis pour avoir déclaré, entre autre : « les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont Noirs et Arabes… c’est un fait ». Dans le premier cas, l’objet du litige est une blague, dans le second c’est l’énonciation d’un fait – vrai ou faux, là n’est pas le débat.

Alors même que le principe de liberté d’expression – garanti par notre constitution – devrait mettre irrévocablement l’expression d’une opinion, d’un avis à l’abri de poursuites judiciaires, la justice française réussit le tour de force d’inculper ou de condamner des personnes pour des propos humoristiques ou descriptifs, qui ne traduisent donc en aucun cas la pensée de leurs auteurs. Faut-il croire qu’en définitif, n’importe quelle phrase contenant une référence à l’origine ethnique constitue « une incitation à la haine raciale » ? On dirait bien, qu’en effet, l’obsession antiraciste maladive de ce système l’empêche de faire la part des choses et le prive de tout discernement. Voltaire doit vraiment se retourner dans sa tombe !

Crédit photo : cyclonebill via Flickr (cc)