Italie : Faut-il céder au chantage turc ?

Italie : Faut-il céder au chantage turc ?

19/09/2011 – 17h00
ROME (NOVOpress) –
« L’Europe ne peut se permettre de perdre la Turquie ». C’est la position officielle du gouvernement italien. Alors que le gouvernement turc vient de menacer de geler ses relations avec l’Union européenne si Chypre assurait, comme il est normalement prévu, la présidence tournante de l’Union en juillet 2012, le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, s’est déclaré « très inquiet » de voir Ankara s’éloigner de Bruxelles, dans une interview publiée hier par le quotidien Il Messaggero. « Cela fait des années », a expliqué Frattini, « que nous nous faisons les avocats du rapprochement entre la Turquie et l’Europe parce que nous savions que, à force de lui fermer la porte au nez, Ankara se tournerait vers l’est. Les récentes déclarations anti-israéliennes d’Erdogan sont un signal alarmant ». « C’est pourquoi, a conclu le ministre, nous devons convaincre la France et l’Allemagne de suivre notre politique extérieure vis-à-vis de la Turquie, parce qu’éloigner celle-ci serait une erreur gravissime ».

Mag Franz Obermayer du FPOe

Mag Franz Obermayer du FPOe

Il va falloir aussi convaincre les parlementaires autrichien, comme Mag Franz Obermayer, eurodéputé du FPOe, qui, dans un communiqué en réponse aux menaces turques, indique : « Même pour l’OTAN et pour les partisans les plus béats d’une adhésion de la Turquie il doit enfin être clair qu’avec ses objectifs religieux et géopolitiques, la Turquie n’a pas sa place dans l’UE. Un tel partenaire ne ferait que créer des problèmes pour l’UE. »

Cette complaisance du gouvernement italien a été vivement critiquée dans Il Giornale, le propre quotidien de la famille Berlusconi, par le plus célèbre converti d’Italie, infatigable dénonciateur de l’islamisation de l’Europe, Magdi Cristiano Allam. Pour lui, « L’Europe ne doit pas céder à l’aspirant sultan tuc ». « Si un pays islamique comme la Turquie, quelque important qu’il soit sur le plan géo-politique, militaire et économique, est déjà en mesure aujourd’hui de tenir à lui tout seul l’Union européenne en échec, et en même temps de s’adjuger, avec l’autorisation et la complicité de l’ensemble de l’Occident, un rôle dirigeant dans la résurrection d’un califat islamique sur les rives de la Méditerranée – califat que nous avons l’illusion d’imaginer comme démocratique et libéral –, cela signifie que cette Europe est totalement impuissante et que l’Occident est voué au suicide ». Allam appelle l’Europe à résister fermement au chantage turc, tout en déplorant : « Cette Europe de l’euro, relativiste, pétrie de bons sentiments et islamiquement correcte, s’est transformée en désert et s’est résignée à devenir une terre d’occupation ».

Soulignant que la Turquie n’a rien à voir avec l’Europe, Allam rappelle les ravages de l’occupation turque dans le nord de Chypre, l’épuration ethnique des grecs chypriotes, la destruction des églises ou leur transformation en mosquées, mais aussi le passé islamiste d’Erdogan et la répression croissante dont sont victimes les chrétiens de Turquie depuis son arrivée au pouvoir. Il conclut : « Et c’est à ce régime islamique que nous confions notre destin, en lui donnant la mission de ruiner les régimes dictatoriaux laïques qui étaient au pouvoir sur l’autre rive de la Méditerranée pour les remplacer par des régimes islamiques équivalents. Certes, si notre idéal en fait de voisin est le régime islamique turc d’Erdogan, cela veut dire que nous avons remisé la raison et que nous avons perdu tout amour de nous-mêmes ».