Nantes : Bertrand Cantat à l’affiche d’un spectacle sur les violences faites aux femmes

14/09/2011 – 17h30
NANTES (NOVOpress Breizh) –
« Le cycle des femmes : 3 histoires de Sophocle », le spectacle de Wadji Mouawad, va être joué au Grand T – la scène du conseil général de Loire-Atlantique – à Nantes du 17 au 25 septembre. Avec à l’affiche Bertrand Cantat, l’ex-chanteur du groupe Noir Désir. Une présence jugée pour le moins inopportune dans un spectacle qui prétend dénoncer la violence faite aux femmes.

Écrivain québécois d’origine libanaise, Wadji Mouawad  a créé ce spectacle au Canada en avril dernier, faisant appel à Bertrand Cantat et Pascal Humbert pour la composition musicale. Il avait également demandé à Bertrand Cantat de tenir un rôle dans le chœur. Une vive polémique s’était développée à cette occasion, reprise en France en juillet lors du festival d’Avignon, Jean-Louis Trintignant annonçant qu’il refuserait de venir jouer au festival si le meurtrier de sa fille s’y trouvait. Ce dernier avait finalement renoncé à sa participation.

Programmation du Grand T

Programmation du Grand T

Cette affaire n’a manifestement pas découragé la directrice du Grand T, ni les élus socialistes et verts du Conseil général. Il est vrai que le frère de Bertrand Cantat, Xavier, est un membre reconnu d’EELV. Mettre en scène Cantat dans un spectacle basé sur trois pièces de Sophocle, trois histoires dans lesquelles la femme conteste la violence des hommes (Antigone, Électre et Les Trachiniennes), il fallait oser. Certains diront qu’il trouve là un rôle sur mesure, qui lui va, si l’on ose dire, comme un gant.

Le spectacle, avec un humour (?) que les féministes apprécieront, est en outre illustré par une affiche (ci-contre) qui représente des femmes défigurées – comme le sont celles qui ont reçu des coups. Choquer à tout prix : tel semble être la volonté de Madame Blondeau qui a pris cette année ses fonctions à la tête du Grant T. Un petit scandale, une bonne polémique, rien de tel pour faire parler de soi. À tout prix. Même à celui de la mémoire de Marie Trintignant.

Célèbre, du temps de Noir Désir, pour ses prises de position en faveur de l’immigration, Bertrand Cantat aura trouvé les limites de son engagement en faveur des droits de l’Homme un soir de juillet 2003, à Vilnius, sur les bords de la Baltique. « Il ne faut pas déshonorer la loi qu’imposent les dieux ». Cette leçon de l’Antigone de Sophocle, Catherine Blondeau, directrice du Grand T, agrégée de lettres modernes et docteur en littérature, serait bien inspirée de la méditer.