Angleterre : un tiers de naissances étrangères en 2010

Angleterre : un tiers de naissances étrangères en 2010

07/09/2011 – 13h45
LONDRES (NOVOpress) —
Un tiers des enfants nés en 2010 en Angleterre et au Pays de Galles ont au moins un parent étranger. Alors que les émeutes anglaises viennent de mettre au premier plan la question ethnique – ceux mêmes qui nient que les émeutes aient été ethniques ne trouvant à proposer que des solutions ethniques –, l’Office for National Statistics vient de publier son rapport sur « les naissances en Angleterre et au Pays de Galles en 2010, selon le pays d’origine des parents » (pdf). On y découvre l’ampleur de la substitution de population en cours.

723 165 enfants sont nés vivants en Angleterre et au Pays de Galles en 2010. Seuls 465 519 (64,4% des naissances contre 64,5% en 2009 et 64,7% en 2008) sont de père et de mère nés au Royaume-Uni (ce qui inclut évidemment tous les immigrés de deuxième et de troisième génération). 128 322 (contre 121 851 en 2009 et 118 868 en 2008) ont deux parents qui ne sont pas nés au Royaume-Uni. 45 739 ont une mère étrangère et un père né au Royaume-Uni, 41 068 ont une mère née au Royaume-Uni et un père étranger, 7 766 sont de mère étrangère et de père inconnu (34 734 ont une mère britannique et un père inconnu).

Les enfants nés de mère étrangère ont représenté en 2010 25,1 % des naissances, contre 24,7% en 2009. C’est la plus forte proportion d’enfants nés de mère étrangère depuis que l’origine des parents a commencé d’être enregistrée en 1969 – juste un an après le discours « des rivières de sang » d’Enoch Powell, quand le phénomène de l’immigration n’a plus pu être ignoré. Cette proportion a augmenté tous les ans depuis 1990, quand elle était de moins de 12%, mais principalement depuis dix ans. En 2000, elle n’était encore que de 15,5%. Dans le district londonien de Newham, un des foyers des dernières émeutes, le pourcentage d’enfants de mères étrangères a atteint 76,4 %, contre 75,7% en 2009.

Cette envolée des naissances étrangères tient à la fois au nombre croissant de mères étrangères et à leur plus forte fertilité. D’une part, alors que le nombre de femmes britanniques en âge de procréer a diminué de 0,8% entre 2009 et 2010, le nombre des femmes nées à l’étranger en âge de procréer a augmenté de 4,2%. D’autre part, alors que le taux de fertilité des femmes nées au Royaume-Uni (y compris, encore une fois les immigrées de deuxième et troisième générations) n’a été en 2010 que de 1,88 enfants par femme (en-dessous du seuil de renouvellement des générations), le taux de fécondité des femmes étrangères vivant en Angleterre et au Pays de Galles s’est élevé à 2,45 enfants par femme.

Ces deux facteurs ne jouent cependant pas de la même manière selon les pays d’origine. S’agissant des mères étrangères, la Pologne est, pour la première fois, en tête en 2010. Dans son cas (19 762 naissances de mères polonaises en 2010, contre seulement 1 830 en 2004, quand la Pologne est entrée dans l’Union européenne), ce chiffre s’explique par l’augmentation vertigineuse du nombre de Polonais présents au Royaume Uni: entre 2003 et 2010, ils sont passés de 75 000 à 521 000. En revanche (même s’il faut attendre la publication du recensement de 2011 pour avoir des données complètes), il est très improbable que le taux de fécondité des mères polonaises soit plus élevé que celui des Britanniques de souche: en Pologne même, le taux de fécondité n’est actuellement que d’1,4 enfants par femme.

Dans le cas des pays qui viennent ensuite, le Pakistan (17 840 naissances), l’Inde (13 575), le Bangladesh (8 360), le Nigéria (7 332), la Somalie (5 882), le différentiel de fécondité est en revanche considérable. Le recensement de 2001 (le dernier disponible) indiquait que le taux de fécondité des femmes nées au Royaume Uni était d’1,6 enfants par femme, contre 4,7 pour les femmes nées au Pakistan et 3,9 pour les femmes nées au Bangladesh. La Jamaïque n’apparaît plus dans le groupe de tête, les mères d’origine jamaïcaine étant désormais pour l’essentiel des immigrées de deuxième et troisième générations. Tout porte du reste à penser que, si le taux de fécondité des femmes nées au Royaume Uni est remonté à 1,88, c’est dû à ces immigrées de deuxième et troisième générations. À la manière du Figaro en France, la BBC n’en a pas moins fait dernièrement un article sur « le mystérieux baby-boom britannique », avec photo d’un bébé blond. Car les médias et les mensonges du Système se ressemblent dans tous les pays d’Europe.

Quant à l’origine des pères, le Pakistan (19 091 naissances de pères nés au Pakistan) reste en tête, comme en 2009 et en 2008. Il est suivi par la Pologne (15 619), l’Inde (12 799), le Bangladesh (9 105), le Nigéria (8 129), la Somalie (5 311).

Les dernières statistiques sur l’immigration du ministère de l’Intérieur vont exactement dans le même sens. 241 000 immigrés ont obtenu un permis de séjour en 2010, un record absolu. 195 000 ont obtenu la nationalité britannique, ce qui est un peu moins que le record de 2009 (204 000) mais plus de deux fois supérieur au niveau d’il y a dix ans. En revanche, les expulsions de clandestins et de demandeurs d’asile refusés sont tombées entre avril et juin 2011 à 11 388, le chiffre trimestriel le plus bas depuis que les relevés ont commencé d’être publiés, en 2001.

Au total, le nombre (officiel) d’étrangers au Royaume Uni a dépassé pour la première fois en 2010 la barre des sept millions, soit un habitant sur huit.

Crédit photo : Andras Lienig via Flickr