Baromètre politique du Figaro Magazine : la stratégie électorale de Nicolas Sarkozy produit ses premiers résultats

Baromètre politique du Figaro Magazine : la stratégie électorale de Nicolas Sarkozy produit ses premiers résultats

02/09/2011 – 18h00
PARIS (NOVOpress) —
Il est facile de donner pour mort un président en fonction impopulaire qui doit faire face à une crise économique à rebondissements.

Pourtant, il ne faut pas passer par pertes et profits un animal politique comme Nicolas Sarkozy qui va se battre jusqu’au bout pour remporter les élections présidentielles de 2012. La gauche ne va pas tarder à l’apprendre à ses dépens.

La préparation des élections est en marche depuis quelques mois selon un plan où l’on sent la patte de Patrick Buisson, le conseiller très à droite du président.

Après l’échec des élections régionales où le Front national a bénéficié de l’effet « bleu Marine » et repris des couleurs, il était pour l’UMP urgent de réagir. Cette fois, ce n’est plus le chef de l’État qui marche en tête, comme l’année dernière avec le discours de Grenoble sur la sécurité qui avait pris à rebrousse-poil les faiseurs d’opinion et laissé de marbre l’électorat populaire. Désormais, ce sont les seconds couteaux qui vont au charbon, comme le ministre de l’Intérieur, en multipliant les déclarations à l’emporte-pièce et les visites sur le terrain, comme récemment à Marseille.

Le président n’a pas besoin pour le moment de payer de sa personne sur le plan électoral car dans un paysage médiatique qui sera dominé par les primaires socialistes ce serait un gaspillage d’énergie. Il est bien plus rentable pour lui de rester à la barre de l’État pour engranger les bénéfices de l’opération libyenne et de son volontarisme dans la crise de la dette souveraine.

Le baromètre politique que va publier demain le Figaro Magazine offre au président des premiers résultats encourageants. Si sa cote de confiance demeure faible, Nicolas Sarkozy a enregistré une forte progression auprès des sympathisants de Marine Le Pen. Quant à la présidente du Front national, sa cote dégringole de six points en un seul mois.

La baisse du Front national ne s’explique pas seulement par un effet d’attrition dû à un moindre intérêt médiatique. Des experts l’attribuent à des prises de position controversées qui déconcertent une frange plus évoluée de son électorat. Ses projets de retour au franc sont un exemple des idées radicales puisées auprès d’une nouvelle génération de conseillers.

L’émergence de la Droite populaire de Thierry Mariani et la permanence du Bloc identitaire peuvent être des éléments d’inquiétude pour le Front national au cours des mois à venir.

L’Élysée ayant décidé de muscler le courant le plus droitier de l’UMP afin de le discipliner et le transformer en machine électorale sous la direction du ministre des Transports, il est probable que ce courant de l’UMP va séduire l’électoral évolué du Front national, celui-là même qui est décontenancé par son nationalisme « new look » intégrant des valeurs marqués à gauche.

Quant au Bloc identitaire, qui fera parler de lui la semaine prochaine à l’occasion de son Université de rentrée, il peut aussi inquiéter le Front national par son rôle de pôle d’attraction à l’égard de la jeunesse et par sa critique de ses contradictions, notamment sur l’islamisation.

Rien n’est donc joué pour les élections présidentielles de 2012. La gauche aurait bien tort de croire que l’impopularité actuelle du président Sarkozy annonce l’arrivée d’un socialiste à l’Elysée en 2012 et le Front national est loin de pouvoir rejouer l’année prochaine la même partition que le 21 avril 2002.