Le dispositif Sarkozy inquiète l'appareil du PS

Le dispositif Sarkozy inquiète l’appareil du PS

29/08/2011 15h00
PARIS (NOVOpress) – Alors que le Parti de gauche tente à Grenoble de se trouver un rôle en prenant la tête d’une croisade « anti Marine Le Pen », le Parti socialiste à La Rochelle s’est doté d’une unité de façade le temps d’un week-end.

En coulisse, les mines sont plus sombres. Les hiérarques du parti savent que le vrai combat vient après la désignation du candidat socialiste à l’issue des primaires, quand il faudra affronter pour de vrai une droite libérale au pouvoir qui n’est pas encore entrée en campagne.

Le discours de clôture d’Harlem Désir (photo ci-dessus), premier secrétaire par intérim, à l’université d’été du PS est très révélateur des inquiétudes de l’appareil dans l’hypothèse probable d’une campagne à couteaux tirés contre Sarkozy.

Jusqu’à présent, les socialistes se montraient rassurés par le lent effritement de Marine Le Pen. Ils souhaitent un score du Front national assez fort pour mettre en péril la droite parlementaire aux élections législatives, mais pas assez pour interdire au candidat socialiste d’être présent au second tour de l’élection présidentielle.

Or, les socialistes constatent avec inquiétude que l’Elysée semble jouer une nouvelle fois la droitisation du discours pour grignoter des points au Front national par la mise en avant de la Droite populaire.

La force des propos d’Harlem Désir est révélatrice ses craintes des socialistes à l’égard de cette stratégie électorale de l’Elysée :

“Oui, l’UMP a organisé en son sein, avec la bénédiction de son secrétaire général, M.Copé, une passerelle, un sas permanent avec l’extrême droite, qui s’appelle la Droite populaire et qui n’a de populaire que le nom puisqu’elle a porté les idées les plus antisociales de ces derniers mois.

Il y en a assez de cette droite rance, qui compare les homosexuels à des animaux, qui demandent des tests ADN pour les immigrés, ou qui veut interdire le droit de grève. La Droite populaire est une droite anti-républicaine, c’est une droite lepeno-compatible couverte cyniquement par la direction de l’UMP et M. Copé pour préparer de futures convergences avec l’extrême droite !

Face à cette droite dangereuse, il faudra faire vivre l’humanisme républicain qui est au cœur de la gauche. Je pense en ce moment aux mots de notre camarade le Premier ministre norvégien : ‘nous répondrons, nous, par encore plus d’ouverture, par encore plus de démocratie.’”

En renforçant la Droite populaire sous la houlette de Thierry Mariani, l’Elysée veut retrouver le soutien d’une frange plus dure de son électorat tentée de voter à nouveau pour le Front national. Cette carte présente aussi l’avantage de partager le fardeau de la droitisation lequel présente un coût médiatique pas toujours facile à digérer.

Enfin, la théorie d’Harlem Désir d’une Droite populaire servant de pont à l’UMP n’est pas dénuée de fondement. Seulement, ce n’est pas forcément le Front national qui pourrait devenir la cible de la Droite populaire.

Le principal grain de sable qui risque de gripper le délicat mécanisme que l’Elysée tente de construire n’est pas le Parti socialiste mais les rivalités internes à l’UMP et notamment la volonté de Jean-François Copé de ne voir qu’une seule tête et de conserver le contrôle de l’appareil sans voir apparaître un courant comme la Droite populaire pour lui aigrir l’existence.