Meurtre des touristes françaises : l'horreur se dévoile peu à peu

Meurtre des touristes françaises : l’horreur se dévoile peu à peu


22/08/2011 – 11h30
BUENOS AIRES (NOVOpress) — Alors que le juge d’instruction a fini par obtenir des aveux de Gustavo Lasi, le suspect incriminé par les traces ADN, les enquêteurs pensent que les personnes impliquées dans cette affaire ne sont pas encore toutes sous les verrous.

Selon les policiers chargés de l’enquête, les suspects appartiendraient à une bande organisée spécialisée dans l’attaque des touristes, nombreux dans cette région de Salta, une des principales destinations des visiteurs en Argentine durant l’hiver austral.

Les enquêteurs ont relevé un grand nombre de plaintes déposées auprès de la police locale par des touristes victimes d’attaques à main armée ou de vols à l’arrachée. La plupart des affaires ont été classées sans suite car les touristes ne voulaient qu’un récépissé de plainte pour leurs assurances.

L’astuce des criminels étant de limiter l’usage de la force et de voler de petits objets de valeur de sorte que les chances de déclencher une riposte policière étaient nulles. Le crime dont ont été victimes les deux jeunes femmes venues d’Europe a changé la donne et contrait la police à déployer les grands moyens pour retrouver les coupables.

L’horreur de l’attaque a suscité une vive émotion dans un pays pourtant habitué à des faits divers particulièrement cruels. Les photos des corps prises à l’institut médico-légal de Salta ont frappé les journalistes locaux qui ont reconstitué le fil des événements à partir des informations glanés à la porte du cabinet du juge et dans les couloirs fréquents par les policiers en charge de l’enquête.

De retour d’une partie de chasse et de pêche, les suspects ont aperçu les jeunes femmes et décidé de les agresser sur le parcours de visite. Mais la résistance des jeunes femmes a étonné les criminels et l’agression sexuelle s’est transformée en tragédie sanglante.

Largement alcoolisés durant l’après-midi au cours d’une partie de pêche et de chasse, les suspects ont brutalisé les Françaises dans un crescendo dramatique. Ils les ont frappées à coups de poing à de multiples reprises, couvrant leurs corps d’hématomes.

Dans un jeu sadique, ils les ont laissées s’enfuir à travers les buissons épineux ou même remonter des pentes abruptes car leur connaissance du terrain et leur force physique ne laissait aucune chance aux jeunes femmes. Une des victimes, Houria, avait ses ongles pratiquement retournées dans sa tentative de fuite.

Ne s’arrêtant pas là, une fois à terre les agresseurs ont brisé les jambes des jeunes femmes à coups de pied, l’une de ces fractures étant ouverte, un témoignage irréfutable de la violence des coups et de la volonté de faire souffrir les victimes.

Lassés par ce jeu cruel, les tortionnaires ont finalement abattu les jeunes filles avec les armes à feu emportées pour leur expédition cynégétique.

Les journalistes argentins, jamais avares de détails morbides, ajoutent dans leurs articles que les employés des pompes funèbres chargés de préparer les corps pour leur retour en France ont été horrifiés par l’étendue des blessures vaginales et anales des victimes.

Poussant le stylo très loin, dans El Tribuno, un des principaux quotidiens locaux, on lit : « la femme musulmane chargée de laver trois fois le corps de sa coreligionnaire s’interrompait régulièrement dans son travail en raison de vomissements incontrôlés et pour pleurer désespérément. »

Mince consolation pour les familles, c’est une procédure pénale inspirée par la tradition française qui a permis l’arrestation des coupables et une gestion plus tropicale du secret de l’instruction qui a permis aux journalistes de suivre pratiquement en direct les progrès de l’enquête.