Dette grecque : les compagnies d'assurances s'en sortent bien

Dette grecque : les compagnies d’assurances s’en sortent bien

18/08/2011  17h30
PARIS (NOVOpress ) –
Les compagnies d’assurances sont également exposées à la dette souveraine grecque. Il était en effet tentant de se goinfrer avec les obligations émises par l’État grec lorsque les taux s’avéraient très rémunérateurs ; par exemple près de 18% le lundi 18 juilllet 2011 pour les obligations à 10 ans.

Ces établissements investissaient donc dans les titres de la Grèce et des autres pays malades (Portugal, Irlande, Espagne, Italie)  parce que ces États procuraient un rendement supérieur aux emprunts d’Etat français (3,34% le lundi 18 juillet 2011 pour les obligations à 10 ans) ou allemands. D’autant plus que, pendant longtemps, la dette grecque a bénéficié d’une bonne note – A+ jusqu’en 2003 – de la part des agences. Mais en 2004 le vent tourne et la note de la Grèce est régulièrement dégradée pour tomber à CCC en juin 2011, ce qui explique la montée des taux.

L’exposition nette à la Grèce de Groupama est de 540 millions d’euros ; sa participation au nouveau plan de soutien lui a valu de passer une provision de 88 millions d’euros, en appliquant une dépréciation de 21% sur les titres arrivant à maturité en 2020 et avant. Malgré cela l’assureur mutualiste réalise un bénéfice net de 147 millions d’euros au premier semestre 2011 soit une hausse de 16% par rapport à 2010.

CNP assurances a absorbé également une dépréciation de 21% sur la valeur de ses titres  d’Etat grecs.  Coût : 353 millions d’euros ; le groupe a pioché dans ses réserves pour éponger la facture. Donc pas d’effet sur le résultat net. Chez Axa, le montant de l’exposition à la dette grecque est estimé à 1,1 milliard d’euros, représentant moins de 0,3% des actifs placés. Axa termine en fanfare ce premier trimestre, avec un bénéfice net plus que quadruplé, à 3,99 milliards d’euros.

Comme les banquiers, les assureurs peuvent remercier les gouvernements de la zone euro d’appliquer une décote de 21% à des titres qui, à la veille du 21 juillet, s’échangeaient sur le marché de la revente, dit « secondaire », avec une diminution de 50% sur le prix initial. Une générosité pareille mériterait de bénéficier d’un sérieux renvoi d’ascenseur en 2012, année électorale comme chacun sait.