Questions ethniques : la réalité revient toujours nous hanter

Questions ethniques : la réalité revient toujours nous hanter

16/08/11 – 14h15
LONDRES (NOVOpress)
-La France est un pays qui refuse le réel quand celui-ci ne colle pas avec les schémas idéologiques. Voilà la raison, par exemple, pour laquelle le ministère de la Justice ne s’intéresse pas à la composition ethnique ou religieuse des détenus dans les prisons françaises. Le résultat ne conforterait pas l’idéologie xénophile qui reste dominante dans l’administration de ce pays.

Les fonctionnaires ne sont pas les seuls coupables d’aveuglement collectif. Nous avons très régulièrement pointé les responsabilités des journalistes mais nous pourrions tout aussi bien ajouter celle des éditeurs. Le public français n’a pas accès à des ouvrages qui, dans d’autres pays, paraissent et connaissent un grand succès commercial  dans des domaines aussi différents que la critique du multiculturalisme ou celui de la génétique humaine.

Deutschland schafft sichA titre d’exemple, le livre de Thilo Sarrazin Deutschland schafft sich ab publié en 2010 n’a toujours pas été traduit et publié dans notre pays. Le lecteur qui souhaite en prendre connaissance ne peut même pas le trouver à la Bibliothèque nationale. Il lui faudra se rendre à Nanterre à la BDIC ou dans une poignée de bibliothèques universitaires.

Les Anglais sont paradoxalement à la fois plus contraints dans leur expression tant écrite qu’orale par le poids du politiquement correct, mais aussi plus sensibles aux faits. Les journalistes de toutes opinions politiques n’ont pas manqué de s’interroger sur le grand nombre de Noirs parmi les émeutiers et les pilleurs à Londres, mais aussi de souligner que dans les autres villes la majorité était claire de peau.

Le débat a été vif sur les ondes. L’historien David Starkey a été vilipendé pour avoir remarqué que les Noirs et nombre de Blancs sont les victimes d’une sous-culture criminelle en provenance de la Jamaïque. Des défenseurs de la vertu progressiste ont inondé la BBC de plaintes afin qu’il ne soit plus jamais invité à donner son avis à la télévision. Ce sont des membres de la communauté afro-caraïbe qui ont pris sa défense en rappelant que l’historien s’est contenté d’énoncer publiquement un fait connu de tous : le rôle moteur des voyous d’origine caraïbe dans le milieu du crime au Royaume Uni.

D’autres journalistes de gauche comme Dominic Lawson dans les colonnes de l’Indépendent ont rappelé des faits que nombre de leurs compatriotes ont du mal à accepter. Il va contre l’idéologie xénophile et antiraciste de mentionner que 50% des jeunes garçons afro-caraïbéens âgés de 14 ans savent à peine lire et écrire. Il est mal venu de publier le constat d’échec d’un système éducatif britannique égalitariste à l’extrême, et régenté par des syndicats parmi les plus obtus, que 63% des garçons et adolescents européens issus des classes « laborieuses » sont tout aussi illettrés.

Élève chinoisSi la question raciale ne joue aucun rôle, comment expliquer, insiste Dominic Lawson, sur le fait que les Chinois résidant au Royaume Uni ne connaissent pas une telle situation ? Que la différence entre les résultats scolaires d’un enfant de riches Chinois et celui issu d’une famille pauvre soit très réduite ? On peut ajouter que seulement 15% des familles chinoises sont monoparentales. Chiffre à comparer à celui de près de 50 % des familles afro-caraïbéennes.

Dominic Lawson n’est pas un journaliste téméraire. Il se contente courageusement de reprendre des chiffres publiés dans un rapport de décembre 2010 du Black Training and Enterprise Group, un groupe qui cherche à promouvoir au Royaume Uni le succès des minorités raciales.

Quand le journaliste de l’Indépendant a interrogé Jeremy Crook, le responsable de cette association, sur l’impact de ce rapport, il lui a répondu : « Au gouvernement, personne n’a voulu me recevoir car ces résultats ne les intéressaient pas. Peut-être seront-ils davantage intéressés aujourd’hui après les émeutes ? »