Un lieutenant originaire de Rennes tué en Afghanistan

Un lieutenant originaire de Rennes tué en Afghanistan

Un lieutenant originaire de Rennes tué en Afghanistan. Camille Levrel. DR

Camille Levrel 36 ans, originaire de Rennes, était marié et père de famille. Photo : DR

15/08/2011 – 15h20
RENNES/ROAZHON (NOVOpress Breizh) – « C’est avec une très grande tristesse que le président de la République a appris la mort ce matin d’un lieutenant du 152ème Régiment d’Infanterie de Colmar, en Afghanistan. Au cours d’une mission d’appui à l’armée nationale afghane, en Kapisa, un tir d’insurgé l’a mortellement touché ». C’est par un communiqué de l’Élysée que l’on a appris la mort, hier matin, du lieutenant Camille Levrel, un Rennais de 36 ans. Ce nouveau décès porte à 11 le nombre de soldats français tués en Afghanistan depuis le mois dernier.

Né à Rennes en 1974 Camille Levrel s’était engagé en 1996 en tant que militaire du rang au 1er Régiment d’infanterie de Sarrebourg. Extrêmement motivé et montrant en permanence un sérieux et un grand professionnalisme, il est choisi en 2000 pour suivre la formation de sous-officier à Saint-Maixent. Huit ans plus tard, il présente le concours des officiers d’active des écoles d’armes (OAEA), auquel il est brillamment reçu.

Durant ses 14 années de service, le lieutenant Levrel aura effectué des missions à Mayotte en 1997, en Nouvelle Calédonie en 1999, au Kosovo en 2001, en Afghanistan en 2002 et au Tchad en 2004. En Afghanistan depuis le 31 mai 2011 dans le cadre de l’opération « PAMIR », il a été tué hier matin vers 08H30 (locales) par un tir isolé lors d’une opération de fouilles effectuée au cours d’une mission d’appui à l’armée nationale afghane dans le sud de la Kapisa, au nord-est de Kaboul. Un type d’opération qui « entre dans le cadre de la préparation du transfert aux Afghans de la sécurisation de la zone » selon le porte-parole de l’état-major. Titulaire de la médaille d’or de la Défense nationale, Camille Levrel était marié et père de trois enfants.

Dans son communiqué Nicolas Sarkozy a réaffirmé une fois de plus « la détermination de la France à continuer d’œuvrer au sein de la Force Internationale d’Assistance à la Sécurité pour rétablir paix et stabilité dans ce pays et contribuer à son développement ». On sait que pour le chef de l’État l’armée française a pour mission en Afghanistan, en tant qu’auxiliaire des troupes américaines, de tenter d’établir la démocratie et le respect des droits de l’homme.

Une position qui est loin de faire l’unanimité. Ainsi l’historien Dominique Venner s’interroge : « Quelle est la mission de nos troupes en Afghanistan ? Est-ce de faire la guerre (irrégulière) ou de convertir à nos mœurs des populations qui nous sont étrangères, comme à l’époque de la colonisation française si décriée ? Ces deux missions ne sont certainement pas compatibles. Certaines coutumes musulmanes sont inacceptables “chez nous”. C’est un fait. Mais ce sont “leurs” coutumes, “chez eux”. Il s’agit de “leurs” affaires et non des nôtres. »

Pour justifier l’intervention française, Nicolas Sarkozy a souvent donné l’exemple des petites filles afghanes que les talibans excluaient de l’école. Après dix ans de conflit, il n’est pas sûr que la condition féminine se soit réellement améliorée en Afghanistan. Ce qui est certain, malheureusement, c’est que lieutenant Camille Levrel n’aura, lui, plus jamais l’occasion d’accompagner ses trois enfants à l’école.

[box]Vidéo : à l’occasion des cérémonies du 8 mai 2011 à Colmar, les soldats du 152ème RI de Colmar, en partance pour l’Afghanistan, ont défilé avenue de la République. Neuf d’entre eux, déjà en mission dans ce pays, avaient reçu la croix de la Valeur militaire.[/box]


Cérémonies du 8 Mai à Colmar par dna_web