Émeutes : le Royaume-Uni envisage des mesures extrêmes

Émeutes : le Royaume-Uni envisage des mesures extrêmes

09/08/2011 – 12h45
LONDRES (NOVOpress) — La lecture de la presse conservatrice est éclairante sur l’état d’esprit du gouvernement britannique et sur les limites de l’action publique dans ce pays.

Face à une série d’émeutes dans un nombre de villes croissant, dans lesquelles sont impliquées des minorités ultraviolentes issues de la communauté afro-caraïbéenne mais aussi des secteurs les plus déclassés des « pauvres blancs », les forces de l’ordre manquent cruellement d’effectifs.

La crise que vit la police est illustrée par sa lenteur à répondre aux appels de citoyens en détresse. Dans la ville d’Acton, dans la nuit de lundi à mardi, les habitants qui subissaient dans leurs maisons l’intrusion d’émeutiers cherchant à les piller ont attendu près de 90 minutes les forces de police. C’est un miracle si ces cambriolages en force n’ont pas entraîné de pertes en vies humaines.

Paradoxalement, ce sont les équipes de la télévision qui, arrivées avant la police, ont contribué à protéger par leur présence les résidents des émeutiers.

À la suite de ces événements, les habitants les plus fortunés de ces quartiers à proximité des banlieues les plus pluriethniques de Londres prévoient de quitter leur domicile pour mettre leurs familles à l’abri comme, par exemple, dans les hôtels de la zone aéroportuaire de Heathrow.

Ce nettoyage ethnique par le crime et la violence a déjà commencé et il est probable que certaines banlieues de la capitale seront de plus en plus « monocolores » à la suite du phénomène bien connu de « white flight » (la fuite des Blancs) qui se produit quand la violence devient insupportable.

La police britannique, paralysée par une idéologie antiraciste incohérente, a du mal à répondre efficacement aux émeutes. Leur progressive diffusion géographique, Londres, puis Birmingham, Bristol, Liverpool, réduit les réserves disponibles. Si les populations islamo-pakistanaises se mobilisent et descendent dans la rue, la situation peut devenir incontrôlable.

Les options disponibles se réduisent. Le gouvernement qui se réunit aujourd’hui mardi peut autoriser l’emploi de canons à eau, mais leur nombre est réduit et les équipages formés à leur emploi insuffisants pour assurer leur mise en œuvre.

Les spécialistes font observer que ces véhicules sont adaptés contre des manifestations importantes, pas contre des petits groupes d’émeutiers très mobiles qui agressent les forces de l’ordre puis disparaissent pour attaquer à nouveau un peu plus loin.

En outre, les moyens électroniques de communication comme twitter garantissent aux émeutiers une mobilité inédite, les informant en temps réel de la présence des forces de police et des lieux de pillage en cours.

Pour forcer le gouvernement à prendre des mesures, des rumeurs circulent suggérant que des contacts existeraient entre le ministère de l’Intérieur britannique et son homologue français concernant le prêt de matériel antiémeutes et même de la possibilité de demander l’envoi des escadrons de gendarmes mobiles ou des compagnies de CRS.

Tout porte à croire que ces prétendus contacts n’existent pas. Toutefois, ces rumeurs ont pour objectif la publication d’articles vengeurs dans la presse populaire, du Sun au Daily Mail, stigmatisant la faiblesse d’un gouvernement tombé si bas qu’il en est réduit à demander l’aide de la France.

Cette levée de boucliers de la presse tabloïde deviendrait un argument psychologique décisif si le gouvernement en arrivait à imposer l’état d’urgence et à faire appel à l’armée ainsi que le demandent des commentateurs influents comme Toby Young dans les colonnes du très respectable Telegraph de ce matin.

[box class=”warning”]Crédit photo : Michael Elliot / image sous licence creative commons[/box]