Famine en Somalie : les islamistes refusent les ONG chrétiennes©AfriqueRedaction

Famine en Somalie : les islamistes refusent les ONG chrétiennes

28/07/2011 21h00
MOGADISCIO (NOVOpress) –
La famine ne cesse de s’étendre dans la corne de l’Afrique (à l’est du continent). Plus de 11,3 millions d’enfants souffrent de la faim. Surtout en Somalie, c’est là que la situation est la plus critique. Dans deux régions du sud de ce pays notamment, l’ONU a déclaré l’état de famine. 10 000 personnes y meurent de faim chaque jour ; plus de 30% des enfants y sont sous-alimentés.

Beaucoup d’organisations humanitaires sont prêtes à apporter leur secours. Seulement voilà, certaines d’entre elles sont chrétiennes. Et de ça, la milice islamiste Al Shabab, qui contrôle une grande partie de la Somalie, ne veut pas entendre parler. “Elles ne sont pas les bienvenues”, a déclaré son porte-parole Ali Mohammed Rage. La déclaration des Nations unies quant à la situation de famine serait “fausse et politiquement motivée”. Il n’y aurait pas d’état de famine en Somalie, mais seulement une sécheresse, selon la milice.

Al Shabab ne fait que reprendre l’attitude qu’elle avait déjà adoptée en 2009. A cette époque, ce groupe avait banni du pays les organisations humanitaires non islamiques. Al Shabab avait déclaré n’accepter que les organisations occidentales qui poursuivent un objectif purement humanitaire, “sans aucune autre arrière-pensée”.

A noter que les actions humanitaires en Somalie sont les plus risquées au monde. A titre d’exemple, le Programme Alimentaire Mondial y a déploré la perte de 14 collaborateurs depuis 2008.

Cependant, contrairement aux allégations d’Al Shabab, la sécheresse n’est pas seule à l’origine de la famine. La violence à l’encontre des populations, le pillage et la corruption y ont largement contribué.

En dernier lieu, il ne faut pas non plus oublier la réalité démographique de la Somalie, qui rend la situation d’autant plus dramatique. Ainsi, de 1960 à nos jours, la population est passée de 2,5 millions à 10 millions d’habitants, avec un rythme de naissances de 7 enfants par femme en 2011. Sous réserve que ces chiffres ne changent pas, l’on peut aisément prévoir aux alentours de 40 millions d’individus en 2060.