États-unis : Nouvel échec des négociations sur la dette

États-unis : nouvel échec des négociations sur la dette

26/07/2011 – 12h00
WASHINGTON (NOVOpress) —
Les négociations menées dimanche afin de parvenir à un accord entre parlementaires Républicains et Démocrates sur le relèvement du plafond de la dette américaine, ont à nouveau échoué. Chacun est en effet resté campé sur ses positions, alors que l’échéance du 2 août – date butoir au-delà de laquelle les États-Unis risquent de se retrouver en défaut de paiement – se rapproche dangereusement. Cependant, Hillary Clinton s’est déclarée «confiante dans le fait que le Congrès fera ce qu’il faut, et arrivera à un accord sur le plafond de la dette ». En effet, excepté certains élus du Tea Party qui brilleraient par leur inconscience, tous mesurent l’extrême gravité que constituerait un défaut de paiement et les conséquences dramatiques que cela aurait sur l’économie américaine et mondiale. Ainsi, il y a fort à parier qu’une décision de rehausser ce plafond interviendra au dernier moment.

Car en définitif,  le véritable point de blocage réside davantage dans le plan d’austérité qui doit nécessairement accompagner cette décision afin de freiner l’emballement de la dette et ne pas se retrouver confronté indéfiniment à une situation similaire. L’occasion est en effet trop belle pour les républicains, qui détiennent la majorité des sièges à la chambre des représentants, de monnayer leurs voix contre des mesures drastiques de diminution des dépenses publiques, là où les démocrates prônent une solution davantage basée sur la hausse des impôts et notamment la suppression des niches fiscales. In fine, les vraies clefs du problème se situent bel et bien dans la réduction du train de vie de l’Amérique. D’ailleurs, la principale préoccupation des agences de notation, lorsqu’elles menacent de dégrader la note de la dette US, est bien de savoir si les autorités américaines sauront prendre à ce sujet des mesures efficaces à long terme.

Et à ce titre, certains chiffres permettent de prendre conscience de l’ampleur de la tâche. Ce plafond de la dette qui avait été instauré en 1917 dans un esprit de maîtrise budgétaire a été relevé 74 fois depuis. Cela rappelle en quelque sorte les critères de Maastricht qu’aucun pays n’a jamais respecté et surtout pas la France. Le Figaro nous apprend également que l’Amérique doit emprunter environ 42% de ce qu’elle dépense.  Le journal LesEchos précise quant à lui que la dette devrait encore gonfler en 2012 pour s’établir à 103% du PIB. A ce rythme, il n’est même pas certain que les 4000 milliards d’économies sur 10 ans réclamées par les économistes suffisent à enrayer le phénomène. On mesure mieux à la lumière de telles données combien cette crise est en réalité celle du modèle américain de l’insouciance budgétaire, engeance de son consumérisme effréné, celle de ce mode de vie dont l’opulence avait été rendue possible par les avantages hérités des guerres mondiales et notamment de la reconnaissance du dollar comme monnaie de réserve internationale. Sauf qu’à l’heure de leur déclin, les marchés réclament des comptes aux États-Unis.