La haine secrète qu'entretient le Pakistan à l'égard de l'Inde

La haine secrète qu’entretient le Pakistan à l’égard de l’Inde

18/07/2011 – 14h30
PARIS (NOVOpress) – Les médias français répètent tant et plus que les musulmans sont compatibles avec la République et que l’islam est une religion comme les autres. Les élites de gauche, comme Emmanuel Todd, reprennent également cette antienne pour dénoncer tous ceux qui contestent l’idéologie officielle de l’assimilationnisme. Comment prouver qu’ils ont tort ? Comment démontrer que la République, machine à fabriquer des Français, est un mythe ? Que le système ne fonctionne, tant bien que mal, que dans la mesure où les Français sont encore majoritaires ?

Une des solutions consiste à se tourner vers des pays qui ont connu des minorités musulmanes puissantes afin de voir si dans ce contexte les musulmans se sont comportés comme de bons citoyens et si l’islam a vraiment été une religion comme les autres.

Dans le Wall Street Journal, l’écrivain indien Aatish Taseer, le fils du gouverneur pakistanais Salman Taseer, récemment assassiné par un islamiste, a publié une intéressante tribune pour expliquer les raisons de la haine que les Pakistanais ressentent à l’égard de l’Inde.

En partant des relations difficiles du fils d’un Pakistanais et d’une Indienne, l’auteur analyse les raisons qui ont conduit à la partition de l’Inde et la création d’un État musulman.

Comme avant lui V. S. Naipaul dans son livre Crépuscule sur l’Islam puis Jusqu’au bout de la foi, Aatish Taseer met en lumière l’impossibilité pour les musulmans de se contenter d’être une religion parmi les autres. En Inde, dès 1930, écrit-il, les musulmans ont désiré la création d’un État à eux où ils pourraient vivre selon les préceptes de leur religion. En dépit de leurs divergences, les musulmans soutenant ce projet s’accordaient au moins sur un point : ce nouvel état ne serait ni pluraliste ni tolérant.

La partition, finalement acceptée et mise en pratique par les Britanniques en août 1947, s’est vite transformée en drame car les musulmans ne voulaient pas de non musulmans parmi eux. Cette politique de nettoyage ethnique a conduit à l’exode massif d’hindous et autres minorités vers l’Inde qui à son tour a suscité des violentes représailles.

Le nouvel État, islamiquement pur, a cherché par tous les moyens à se détacher de la culture du sous-continent indien. De la manière de s’habiller aux fêtes populaires, tout se qui rappelait l’Inde d’avant la partition a été suspecté d’impureté. Pour effacer ce passé rejeté, le Pakistan a voulu à se doter d’une nouvelle culture purement musulmane en cherchant son inspiration dans le monde arabe.

Malheureusement, s’il était possible d’ignorer le passé commun avec l’Inde, il était difficile de faire abstraction de l’immense voisin infidèle, innondant la société pakistanaise de ses productions culturelles, de ses chanteurs populaires aux films produits à la chaîne par Bollywood.

La faillite de l’État pakistanais, incapable de gérer pacifiquement une seule transition politique, contrastait puissamment avec la vigoureuse démocratie indienne. La croissance de l’Inde à partir des années 1990 a choqué un Pakistan englué dans une interminable faillite économique. Aatish Taseer insiste sur le mal être des Pakistanais, forcés d’admettre la réussite économique et culturelle d’un voisin qu’ils abhorrent parce que sa seule existence est un affront à leur religion.

Cette détestation de l’Inde imprègne toute la société pakistanaise, de ses élites éduquées aux classes les moins instruites. Elle explique la complaisance des autorités pakistanaises à l’égard des terroristes islamistes qui frappent en Inde, pas plus tard que le 13 juillet dernier à Mumbai. La lecture de l’analyse de Aatish Taseer doit nous inciter à reconsidérer l’analyse des populations musulmanes qui résident en France à la lumière de l’expérience des pays comme l’Inde qui nous ont précédés dans cette douloureuse expérience.

Ce sont des hommes comme Aatish Taseer ou V. N. Naipaul qui peuvent dessiller les yeux des Européens. Encore faut-il que nos compatriotes aient le courage de sortir la tête du sable. Le livre de Aatish Taseer dans lequel il relate son expérience personnelle, Étranger à mon histoire, a été publié en 2009 par Buchet-Chastel.