Autriche : le FPÖ vole de succès en succès, selon Der Spiegel

Autriche : le FPÖ vole de succès en succès, selon Der Spiegel

16/07/2011 – 12h00
VIENNE (NOVOpress) – À l’instar du Frankfurter Allgemeine Zeitung il y a quelques jours, c’est au tour du très sérieux Der Spiegel, le “grand” hebdomadaire allemand de centre-gauche, de s’intéresser au “phénomène FPÖ”. Dans un article daté du 14 juillet dernier, Walter Mayr dresse un constat sans appel : le “parti populiste de droite” autrichien a non seulement le vent en poupe, il “est devenu une force qui compte dans le paysage politique autrichien depuis que son nouveau leader, Heinz-Christian Strache, en a pris la direction.”

"s’il est nommé chancelier, il ne fera pas tout différemment. Mais il améliorera beaucoup de choses.”

“s’il est nommé chancelier, il ne fera pas tout différemment. Mais il améliorera beaucoup de choses.”

Toujours selon Der Spiegel, “il est en effet désormais au coude à coude dans les sondages avec les deux grands partis traditionnels du pays, l’ÖVP (Parti populaire autrichien, chrétien-démocrate) et le SPÖ (Parti socialiste autrichien, social-démocrate). Les démocrates sociaux au pouvoir actuellement ont quant à eux toutes les peines du monde à renouer le dialogue avec les électeurs ordinaires. Heinz-Christian Strache, le regard clair et volontaire, se présente en homme raisonnable et réaliste dans son costume sombre. Le leader du parti populiste d’extrême-droite n’est pas là pour vendre du rêve : s’il est nommé chancelier, il ne fera pas tout différemment. Mais il améliorera beaucoup de choses.”

La victoire électorale est encore loin d’être gagnée pour le FPÖ, les grands partis traditionnels le considérant toujours comme infréquentable. Avec qui pourrait-il former une coalition en l’absence de majorité absolue ? “Heinz-Christian Strache reste confiant : après les prochaines élections, les têtes tomberont au SPÖ et à l’ÖVP. Et le FPÖ trouvera d’autres partenaires à qui parler. Les sondages placent désormais le FPÖ de Strache au coude à coude avec les deux « vieux partis ». En mai, il a même été le premier choix des électeurs. Strache promet que, s’il arrive au pouvoir, le pays ne versera plus un centime pour les pays de l’UE en faillite comme la Grèce. L’Autriche n’est plus disposée à subir les oukases de Bruxelles.”

Le FPÖ a renouvelé lors de son congrès de juin dernier son engagement patriotique en faveur de la communauté ethnique allemande, bien au-delà de ce qu’avait fait son fondateur Jörg Haider. “L’exploit historique de Haider, selon Strache, a été d’avoir détruit le système de copinage promu par le SPÖ et l’ÖVP. Mais il a aussi commis un grave péché : celui d’avoir fait entrer le FPÖ dans un gouvernement de coalition ÖVP sous l’ancien chancelier Wolfgang Schüssel en 2000. L’Union Européenne avait répondu à l’époque à cet événement en tirant un cordon sanitaire diplomatique autour de l’Autriche.”

Onze ans plus tard, face à des adversaires qui, selon Der Spiegel, ont renoncé à tous leurs principes, entre un SPÖ devenu héraut de l’économie de marché ou un apathique ÖVP dont l’immobilisme semble être la seule offre électorale, le FPÖ renoue avec la même faveur des électeurs qu’à l’apogée de l’époque Haider : 27%. La raison à cela selon Strache : “une guerre culturelle fait rage dans notre pays, et c’est nous qui menons le débat à son sujet.”