Aéroport de Notre-Dame-des-Landes : les opposants

Aéroport de Notre-Dame-des-Landes : point de discorde de la gauche ?

11/07/2011 – 21h30
NANTES (NOVOpress Breizh) “Vinci, dégage !” La fresque humaine réalisée dimanche matin par les opposants au projet d’aéroport donnait le ton. Réunies ce week-end à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), les quelque milliers de personnes qui avaient fait le déplacement ont pris pour cible le groupe Vinci, retenu il y a un an par l’État pour construire et gérer ce nouvel aéroport nantais. A moins d’un an de la présidentielle, un projet bétonneur qui divise profondément la gauche.

Alors que Nicolas Dupont-Aignan, jugé trop à droite,  n’avait pas été autorisé à venir, la quasi-totalité des partis de gauche non socialistes étaient représentés  au meeting d’opposition qui s’est tenu samedi après-midi : Parti de gauche, Gauche unitaire, Parti communiste français (mais seulement celui de Vendée), Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et Alternatifs étaient présents aux côtés du Modem et surtout d’Europe-Écologie Les Verts (EELV), dont les trois principales figures avaient fait le déplacement. Aux côtés de la patronne Cécile Duflot et du très médiatique faucheur d’OGM José Bové, Eva Joly  – “l’écologiste de la dernière pluie” en passe de représenter le mouvement à la présidentielle – et son concurrent  Nicolas Hulot, qui a reçu samedi un seau d’épluchures (bio ?) sur la tête,  étaient au rendez-vous.

Madame Duflot a réaffirmé la motion d’EELV prévoyant qu’en cas d’accord avec le PS “l’une des conditions incontournables sera l’abandon du projet de Notre-Dame-des-Landes”. Une position selon elle non négociable. “C’est une question de valeurs, de choix de société, pas du tout un problème d’aménagement”, a-t-elle affirmé, précisant que “le sujet est éminemment politique et touche au cœur du projet d’alternative à la politique de l’UMP et de Nicolas Sarkozy sur lequel nous travaillons avec l’ensemble des partenaires de gauche.”

Beaucoup plus crédible, Evguenia Tchirikova, était venue apporter son témoignage de la lutte engagée en Russie contre Vinci, opérateur d’un projet d’autoroute entre Moscou et Saint-Pétersbourg qui détruirait la forêt de Khimki. “Vinci, dégage !”, a lancé en français la jeune femme russe, très applaudie. “Nous vaincrons ce monstre qu’est la firme Vinci, liée à Arkady Rotenberg, un ploutocrate ami intime de Poutine, par un montage financier via les îles Vierges, le Liban et Chypre, révélé par l’ONG Bank Watch”, a-t-elle affirmé sous les applaudissements.

L’engagement a été pris en public, devant les journalistes, qu’une alliance des écologistes avec les socialistes serait soumise à un abandon du projet.” Julien Durand, un des porte-parole de l’Acipa, la principale association mobilisée contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, veut y croire. Prudent, il précise “qu’en politique, on sait que rien n’est acquis tant que cela n’a pas été acté. Y compris avec  Europe Écologie-Les Verts”.

Quand on sait que quatre membres d’EELV (Bouchaud, Bringuy, Magnen et Orphelin) exercent sans broncher des fonctions de vice-présidents au conseil régional des Pays de la Loire, aux côtés de Jacques Auxiette (PS) devenu, depuis le 1er juillet, président du syndicat mixte aéroportuaire, on ne saurait lui donner tort.