Italie : « Tour de vis » sur l’immigration clandestine

17/06/2011 – 14h52
ROME (NOVOpress) – Octroi massif de permis de séjour aux Tunisiens de Lampedusa, dans l’espoir de s’en débarrasser aux dépens de la France ; intervention suicidaire dans la guerre civile libyenne ; annulation du délit de clandestinité par la Cour de justice européenne : par le fait des événements et par la faute de ses propres choix politiques, le gouvernement italien a vu réduit à néant, en quelques mois, tout le dispositif qu’il avait mis des années à édifier pour endiguer un tout petit peu l’invasion migratoire. Le ministre Roberto Maroni, comme tétanisé, ne s’est plus occupé que de gérer l’intendance des clandestins, en organisant leur sauvetage en mer, leur transfert en centre d’accueil et leur répartition dans toute l’Italie.

Après une série de débâcles électorales, et alors que la Ligue du Nord s’apprête à tenir dimanche son grand rassemblement annuel à Pontida (où le mécontentement de la base devant les piètres résultats de l’alliance avec Berlusconi pourrait s’exprimer au grand jour), le gouvernement italien s’est enfin résolu à reprendre, ou à paraître reprendre, l’initiative. À l’issue du Conseil des Ministres d’hier, Silvio Berlusconi a annoncé qu’il avait pris un décret-loi sur l’immigration « qui permettra des procédures d’expulsion forcée immédiate pour les immigrés clandestins, et aussi pour les citoyens de l’Union européenne, qui commettent des délits ».

Roberto Maroni a ensuite expliqué les détails : le temps de rétention dans les CIE (Centres d’identification et d’expulsion) est porté de 6 à 18 mois « selon une procédure de garantie qui passe par le juge de paix », afin de rendre possible « l’identification et la procédure d’expulsion »voilà qui fera en tout cas les affaires de GDF-Suez. À défaut du délit de clandestinité aboli, le nouveau décret-loi permet « de remettre en vigueur l’expulsion forcée immédiate des clandestins pour ceux qui menacent l’ordre public et la sécurité, ceux qui ont déjà été expulsés, ou ceux qui violent des mesures de garantie prévues par la préfecture de police. » Selon le ministre, ces mesures sont pleinement conformes aux normes de l’Union européenne.

Berlusconi a en outre annoncé que le gouvernement était sur le point de conclure un accord avec le Comité national de transition libyen pour pouvoir renvoyer en Libye les immigrés arrivés en Italie. Cet accord, qui devrait être signé aujourd’hui par le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, prévoit entre autres la construction d’un centre d’accueil pour « réfugiés » directement à Benghazi.

Tandis que « Il Giornale », quotidien de la famille Berlusconi, parle de « tour de vis sur l’immigration clandestine », l’hystérie de tous les lobbies immigrationnistes s’est immédiatement déchaînée. Pour Mario Staderini, secrétaire du parti des Radicaux italiens (gauche), le décret-loi va soumettre les immigrés à « une détention arbitraire et punitive qui frise le concept de torture » (ça veut dire quoi, au juste, friser un concept ?). Le porte-parole du haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés, Laura Boldrini, s’est hâté de son côté de rappeler « l’opposition du haut commissariat à toute action de refoulement en mer des migrants qui se dirigent vers les côtes italiennes ».

Empêcher les envahisseurs de débarquer : rien ne serait plus simple sur le plan pratique (il suffirait même, dans neuf cas sur dix, de ne pas les aider à débarquer en les faisant guider et remorquer par les gardes-côtes) et cela seul serait efficace. Voilà bien pourquoi toute la machine immigrationniste mondiale s’y oppose passionnément. Tout le reste, malgré les effets d’annonce du gouvernement et l’indignation sur commande de la gauche bien-pensante, tient du cautère sur une jambe de bois.

Sources : 1) ilgiornale.it 2) corriere.it 3) stranieriinitalia.it