"Au temps des soviets" : l’adjointe au maire de Dinard s’explique

“Au temps des soviets” : l’adjointe au maire de Dinard s’explique

05/07/2011 – 12h15
DINARD (NOVOpress Breizh)
– En parallèle de l’exposition « Big Brother, l’artiste face aux tyrans », qui a lieu au Palais des arts et du festival de Dinard, une exposition consacrée aux peintures de l’art officiel soviétique se tient à la Villa Roches brunes. Une exposition qui fait débat.

Les œuvres présentées par l’exposition “Au temps des soviets”, qui étaient accrochées dans les bâtiments publics soviétiques, ont été récupérées par un collectionneur français lors de la chute de l’URSS. Un témoignage de la propagande picturale au service d’un système qui fit, pour la seule URSS, entre quinze et vingt millions de victimes, ce qu’aucun avertissement ne vienne le rappeler. Étonnant, pour une municipalité « divers droite ».

Tannette Herault, adjointe au patrimoine de la Ville de Dinard, a bien voulu répondre par courriel aux questions posées par NOVOpress Breizh.

Pouvez-vous nous préciser dans quel cadre se tient cette exposition ?

Goulag : l'exposition occulte le sujet, volontairement ?

Goulag : l'exposition occulte le sujet, volontairement ?

« “Au temps des soviets”, en parallèle de l’exposition “Big Brother, l’artiste face au tyran” prolonge le questionnement autour des relations complexes des artistes face à la dictature. Exposition de peinture au style” réaliste héroïque” face aux artistes d’art contemporain. Elle se trouve au rez-de-chaussée et au premier étage de la villa “Les Roches Brunes”, villa emblématique léguée à la ville par son propriétaire Paul Braud en avril 2007.Cette exposition a été inaugurée le 11 juin en présence de M. le Sous Préfet, de M. le Directeur Régional des affaires culturelles et d’autres personnalités, elle fermera ses portes le 11 septembre. »

Quel est le but d’une telle exposition ?

« Les œuvres présentées sont des témoignages de l’art officiel exposé dans les bâtiments publics de l’ex URSS, c’est donc une réflexion sur le rôle des artistes. Ces toiles retrouvées et achetées dans les années 90, portent le regard de ceux qui les ont vues. Les cartels situent et décrivent les scènes peintes sans parti pris, une frise chronologique de la fin du 19 siècle à la mort de Staline peut aider à cette lecture de l ‘histoire (guerres civiles, famines, révolution ,répression…guerre patriotique…). La réflexion de chaque visiteur est sollicitée.

Un film de 50 min, d’archives Gaumont Pathé, contraste avec le style académique des œuvres exposées. La rencontre il y a plusieurs années avec ce collectionneur a fait mûrir ce projet sur les artistes face à LA DICTATURE. Nous exposons, il n’y a ni complaisance, ni jugement, c’est l’histoire. »

Des associations nous ont fait part de leur inquiétude et de leur colère eu égard du traitement plutôt complaisant réservé à la période “patriotique”. Certaines se demandent même quel accueil serait fait à un collectionneur proposant d’exposer des œuvres de propagande nazie, l’autre totalitarisme du 20ème siècle. Quels commentaires pouvez-vous faire sur ces remarques ?

« Nous avons travaillé sur L ‘ART et LA DICTATURE à partir de rencontres. Dinard est une ville ouverte, exigeante de qualité et crédibilité. »

Remarquant que cette exposition fait la part belle aux œuvres de propagande soviétique, mais ne dit pas un mot sur les goulags et ne donne pas d’avertissement sur les millions de morts engendrés par un des pires totalitarismes de l’histoire, NOVOpress a demandé à Tannette Herault si cela était volontaire. Madame Herault n’a pas souhaité répondre sur ce point. Ni à la question lui demandant si la Ville de Dinard serait prête à accueillir une conférence sur le communisme et ses ravages, durant la durée de l’exposition.

Dinard se veut une ville « ouverte, exigeante de qualité et de crédibilité », mais manifestement il y a des sujets dont on préfère ne pas parler…

Jusqu’au 11 septembre, “Au temps des Soviets”, à la Villa Roches brunes. Tous les jours, sauf le mardi, de 14 h à 19 h. Entrée : 3 €.