Le recteur de la Grande Mosquée de Paris défend son choix de porter plainte contre l’écrivain Michel Houellebecq

4 janvier 2023 | Culture, France

La Grande Mosquée de Paris avait décidé de porter plainte, le 28 décembre dernier, contre l’écrivain Michel Houellebecq.

Il n’en démord pas. Chems-Eddine Hafiz, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, a défendu son choix de porter plainte contre Michel Houellebecq, ce mardi 3 janvier, dans les colonnes du Figaro. L’occasion, pour lui, de répondre à la tribune publiée le 31 décembre, dans le même journal, par le sociologue Mathieu Bock-Côté, qui tenait à défendre l’écrivain. « J’en appelle à la justice. […] Dans un Etat de droit, le recours au juge est un acquis précieux », a d’abord estimé le recteur auprès de nos confrères. « La France […] garantit cet acquis », a-t-il martelé ensuite. Avant de poursuivre : « Dans ce pays, il n’y a pas de place [pour les] ‘commissaires politiques’ qui seraient capables d’influencer la justice. »

« Provocation à la haine »

Auprès du même quotidien national, Chems-Eddine Hafiz a également jugé qu’un talent artistique n’était en aucun cas « un visa pour l’insulte ou la propagation de la haine ». Il a aussi tenu à souligner que sa plainte ne prenait pas la forme d’une « indignation communautaire ». Selon lui, en effet, « l’action en justice se nourrit d’un langage universel ». Quant à ceux qui lui reprochent de désigner un nouveau Salman Rushdie – en référence à l’attentat islamiste dont l’écrivain américano-britannique avait été victime le 12 août dernier, dans l’Etat de New York – Chems-Eddine Hafiz a rétorqué, dans le même contexte, qu’« une assignation devant le tribunal de Paris visant la liberté d’expression » n’était en aucun cas « une fatwa haineuse ».

Comme s’en était fait l’écho plusieurs médias, parmi lesquels Midi-Libre, la Grande Mosquée de Paris avait décidé de porter plainte, le 28 décembre dernier, contre l’écrivain Michel Houellebecq pour « provocation à la haine contre les musulmans ». Dans un communiqué publié sur Twitter et cité par nos confrères, le recteur Chems-Eddine Hafiz avait par ailleurs jugé que les propos de l’auteur étaient un « appel au rejet et à l’exclusion ». Afin de justifier le dépôt de sa plainte, la Grande Mosquée de Paris avait rappelé le récent jugement de la Cour européenne des droits de l’homme dans « l’affaire Zemmour », comme l’avait de son côté relaté BFM TV. Michel Houellebecq avait tenu les propos qui lui sont reprochés lors d’un entretien avec le philosophe Michel Onfray, publié dans la revue Front Populaire.

Texte repris du site Valeurs Actuelles

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