La diabolisation de Benoît XVI : la tyrannie médiatique à l’œuvre

4 janvier 2023 | Actualité internationale, Médias

Joseph Ratzinger, Benoît XVI selon son nom de règne, pape émérite depuis 2013, est mort à l’âge de 95 ans. Une nouvelle qui a ému Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia. Sur Twitter, il a déclaré : « Grande émotion. Sagesse, bonté et luminosité émanaient de Benoit XVI. Avec son discours de Ratisbonne sur la foi et la raison ainsi que sur l’opposition entre islam et chrétienté, le Pape Benoit XVI rappela qu’il était un grand théologien et un grand Européen. Le dernier pape européen peut-être. »
Nous republions ci-après un texte paru sur Polémia en mars 2009 qui rappelle à quel point la caste politico-médiatique a tout fait pour diaboliser cette figure passionnante.

Amalgame, désinformation, insinuations malveillantes, répétition et orchestration des commentaires : la diabolisation du pape au moyen de la sidération médiatique est stupéfiante. Cette « médiabolisation » est d’autant plus forte qu’elle vient de loin.
Explications.

1/ D’abord, le cardinal Ratzinger n’était pas le candidat pape préféré de la classe médiatique. Instinctivement les faiseurs d’opinion se méfiaient de cet intellectuel et théologien brillant, attaché aux traditions. D’ailleurs le cardinal Ratzinger ne devint pape que parce qu’il prit rapidement la ferme décision de fermer aux médias l’accès aux assemblées préconciliaires, pour permettre aux évêques et aux cardinaux de préparer leur choix à l’abri (et à l’insu) du tumulte médiatique.
(voy. « L’Eglise entre immédiateté et éternité »
https://www.polemia.com/article.php?id=1044

2/ Le grand discours de Ratisbonne fut le deuxième point d’ « accrochage » du pape par la classe médiatique. En affirmant le rôle de la raison, le Saint-Père s’inscrivait en rupture avec un magistère purement émotionnel et par là même soumis à l’air du temps. Surtout, à Ratisbonne le pape s’est inscrit clairement dans l’helléno-christianisme en affirmant : « Est-ce seulement grec, de penser qu’agir contre la raison est en contradiction avec la nature de Dieu, ou est-ce une vérité de toujours et en soi ? Je pense qu’en cet endroit devient visible l’accord profond entre ce qui est grec, au meilleur sens du terme, et la foi en Dieu fondée sur la Bible. » En réaffirmant le rôle de la raison, en refusant la « déshellénisation », Benoît XVI s’inscrivait aussi dans la grande tradition européenne qui distingue profondément le christianisme des autres religions du livre.

En septembre 2006, à Ratisbonne, Benoît XVI souligna aussi, et sans concession inutile, l’opposition entre l’Occident et le monde musulman, entre l’islam et le christianisme : un discours qui lui valut l’hostilité de nombreux musulmans, bien sûr, mais aussi des « Turcs de profession » et, plus largement, du lobby « antiraciste » ainsi que des adversaires de l’hellénisme.
http://www.la-croix.com/documents/doc.jsp?docId=2280670&rubId=1306

3/ La levée des excommunications des évêques lefebvristes fut une nouvelle occasion de diaboliser le pape en lui reprochant cette fois les propos de Monseigneur Williamson sur la seconde guerre mondiale, propos qui pourtant ne relevaient pas du magistère de l’Eglise catholique et qui étaient sans rapport avec l’excommunication ou la levée de l’excommunication de cet évêque britannique (voy. « L’étrange affaire Williamson » :
https://www.polemia.com/article.php?id=1862

En fait, par delà le prétexte choisi, le tollé contre la levée des excommunications s’explique doublement :

– par le rejet par l’hyperclasse mondiale de la tradition européenne et chrétienne ;
– par l’attachement des autorités et des institutions juives à Vatican II, à ses suites et à ses interprétations progressistes, s’agissant notamment du rapprochement des positions de l’Eglise catholique de celles du judaïsme.

4/ Le maintien d’une ligne rigoureuse de respect de la vie contre l’avortement et l’euthanasie suscite aussi des positions hostiles au pape. Car, même si sur ce plan Benoît XVI n’innove pas par rapport à Jean-Paul II, le débat s’est durci. Dans de nombreux pays de nouvelles lois visent à allonger les délais d’avortement et à remettre en cause la cellule familiale (l’union durable d’un homme et d’une femme avec leurs enfants). En s’opposant à ces dérives le pape se heurte aux groupes philosophiques, souvent maçonniques, qui y sont favorables et aux activistes du féminisme et des minorités sexuelles.

5/ Le dernier épisode de diabolisation du pape est lié à ses déclarations sur le sida lors de son voyage en Afrique, déclaration qu’il convient ici de rappeler :
« On ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs ; au contraire, cela risque d’augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre ; et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent. »

Qu’un pape préconise la chasteté et la fidélité devrait paraître normal : sa mission est de rappeler les règles de la morale naturelle. Mais c’est justement cela qui lui est reproché au nom de la rupture avec les traditions et de la volonté de promouvoir une société purement individualiste reposant sur le principe de la jouissance sans entraves et sans règles.

C’est pour cela qu’avec ses propos le pape s’est aliéné les puissants lobbys –notamment homosexuels – qui militent pour la mise au ban de toutes les visions traditionnelles de la société.

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