Sanctions contre la Hongrie : les invités triés sur le volet de la commission des affaires étrangères de l’assemblée nationale

4 janvier 2023 | Europe

Le 16 novembre, la commission des affaires étrangères de l’assemblée nationale a organisé une table ronde sur le respect des règles de l’état de droit par la Hongrie. A cette occasion, un député de l’opposition (RN) a souligné les liens entre trois invités à cette réunion et l’Open society foundations de George Soros. Sa remarque n’a suscité qu’une indifférence polie. Quelques jours plus tard, le 8 décembre, cette commission adoptait un avis politique sans équivoque. Celui-ci enjoignait le Conseil de l’Union européenne à ne pas autoriser le versement de fonds européens à la Hongrie, compte tenu du non-respect de certaines règles de l’état de droit par le gouvernement de ce pays. Le 12 décembre, le Conseil de l’Union européenne décidait de geler 6,3 milliards d’euros de financements communautaires et 5,8 milliards d’euros de fonds dus au titre du plan de relance et de résilience destinés à la Hongrie.

Les invités triés sur le volet de la table ronde

La commission des affaires étrangères de l’assemblée nationale constitue selon la présentation sur son site internet l’élément central de l’activité internationale de la chambre basse. Elle examine les projets de loi autorisant la ratification de traités et d’accords internationaux, auditionne des personnalités françaises et étrangères et crée des missions d’information sur des questions relevant des relations internationales ou de la politique extérieure de la France.

Cette commission a organisé le 16 novembre une table ronde sur la situation en Hongrie au regard des règles de l’Etat de droit. Outre des parlementaires membres de droit de cette commission, quatre personnalités extérieures y étaient invitées : Madame Gwendoline Delbos-Corfield, Messieurs Philippe Dam, Péter Balazs et Peter Kreko.

Un député du RN présent à cette réunion, Thibaut François, a marqué son étonnement sur le point commun entre trois de ces invités : « L’intégralité des personnes qui sont représentées autour de la table, à l’exclusion de Madame le député européen, ont tous été financées par la fondation de George Soros. Les chiffres sont publics, donc ce n’est pas un fantasme. La Central European University, 330 000 euros, le think tank Political Capital 250 000 euros de l’Open society foundations, et Human Rights Watch, 350 000 euros. Donc voilà un point commun que j’aurai trouvé entre tous les orateurs, à l’exclusion de Madame le député européen ».

Une rapide recherche permet d’établir des financements par l’Open society foundations des organisations auxquels trois des intervenants de la table ronde collaborent. Ces informations sont publiques et transparentes.

Le premier invité de la commission des affaires étrangères de l’assemblée nationale est Philippe Dam, directeur du plaidoyer pour l’Union européenne pour l’ONG Human Rights Watch. En 2010, le milliardaire George Soros s’engageait à verser 100 millions de dollars sur 10 ans à cette organisation.

Péter Balazs est un ancien ministre des affaires étrangères de Hongrie et un ancien commissaire européen. Il est aussi professeur émérite à la Central European University. George Soros est l’un des créateurs de cette université qui a commencé son activité en 1991.

Peter Kreko est directeur du Political Capital. Ce think-tank hongrois compte l’Open society foundations parmi ses donateurs.

L’autre invitée de la commission des affaires étrangères de l’assemblée nationale le 16 novembre est Madame Gwendoline Delbos-Corfield, une députée européenne membre du parti politique les Verts. Elle est aussi rapportrice du parlement européen sur l’état de droit en Hongrie. Madame Delbos-Corfield a un point de vue pour le moins tranché sur le régime politique du pays dirigé par Viktor Orban : ce serait « une démocratie en difficulté, une simili démocratie ».

L’Open society foundations (OSF) finance de nombreuses organisations dont la vocation est la défense des droits de l’homme, dans leur définition plus ou moins extensive. Il n’est donc pas étonnant que certains représentants d’ONG ayant reçu des financements de l’OSF soient auditionnés à une table ronde sur la situation en Hongrie s’ils ont des connaissances particulières à ce sujet. Néanmoins, force est de constater que les interventions des invités de la commission des affaires étrangères sont allées dans le même sens : celui d’une critique en règle de la politique menée par Viktor Orban. Le gouvernement hongrois n’avait pour sa part pas été invité pour répondre aux critiques et permettre une confrontation des points de vue sur les différents sujets évoqués.

Quelques jours après cette table ronde, le 8 décembre, la commission des affaires étrangères de l’assemblée nationale adoptait un avis politique enjoignant le Conseil de l’U.E. à « ne pas autoriser le versement des fonds de la politique de cohésion et ne pas approuver le plan hongrois de relance et de résilience sans garanties sur la mise en œuvre effective de mesures correctives en matière de passation des marchés publics, de lutte contre la fraude et la corruption et de prévention des conflits d’intérêt ».

George Soros et la Hongrie, un contentieux ancien

Viktor Orban est la bête noire de George Soros. Tout semble opposer les deux individus. L’un est pour la famille traditionnelle, les frontières, contre la propagande LGBT, en faveur de la défense de l’identité chrétienne de son pays. L’autre est pour l’instauration d’une société dite « ouverte » et la libre circulation des personnes. Les valeurs de George Soros peuvent être qualifiées de libérales-libertaires.

Pour ne citer que quelques passes d’armes entre les deux hommes, le premier ministre hongrois a tenté il y a quelques années de limiter l’influence du milliardaire américain au travers des organisations qu’il finance. Il a fait voter dans cet objectif en avril 2017 une loi appelée « stop Soros » visant notamment à priver de licence les instituts d’enseignement étrangers qui ne disposent pas de campus dans leur pays d’origine.

En novembre 2020, George Soros demandait dans une tribune à l’Union européenne de « tenir tête » à la Hongrie : « L’Union européenne ne peut se permettre de céder du terrain concernant le respect de l’Etat de droit ». Viktor Orban apportait rapidement une réponse cinglante dans laquelle il dénonçait la tentative de main basse de George Soros sur l’Union européenne. En novembre 2021, la cour de justice de l’union européenne estimait dans un arrêt que la loi dite « stop Soros » enfreignait le droit communautaire.

Pour lire la suite, c’est ici !

Novopress est sur Telegram !

Newsletter

* champ obligatoire
« Novo » signifie, en latin, « renouveler » ou encore « refaire ». Novopress se donne comme objectif de refaire l’information face à l’« idéologie unique ». Mais ce travail de réinformation ne peut pas se faire seul. La complémentarité entre les différentes plateformes existantes doit permettre de développer un véritable écosystème réinformationnel.