Violences communautaires à Montpellier : une préfiguration de la France de demain ?

22 décembre 2022 | France

L’affaire des violences intercommunautaires à Montpellier doit enfin tirer la sonnette d’alarme et briser nos illusions quant au grand récit progressiste du vivre-ensemble. Les tensions entre différentes communautés issues de l’immigration restent fortes et même s’exacerbent.

Si la couverture médiatique des évènements était proportionnelle à leur importance réelle pour ceux à qui les médias s’adressent, les violences qui se sont produites la semaine dernière à Montpellier auraient sans doute dû éclipser toutes les autres nouvelles. Bien loin devant la coupe du monde de football ou même la guerre en Ukraine.

Tout a commencé mercredi, à l’issue du match entre la France et le Maroc. Dans le quartier de la Mosson – un quartier dit « populaire », c’est-à-dire où vit une très forte communauté d’origine maghrébine, principalement marocaine – une voiture a le malheur d’arborer un drapeau français. Aussitôt le véhicule est encerclé par une vingtaine de « jeunes », qui tentent d’arracher le drapeau. Pris de panique, le conducteur démarre précipitamment et, dans sa fuite, renverse et tue Aymen, un mineur de 14 ans d’origine maghrébine.

– Il est environ 22h30 lorsqu’une Citroën C4 blanche renverse un groupe de jeunes. Quelques minutes suffisent pour identifier le probable conducteur, dont une photo tourne sur les réseaux. La chasse à l’homme peut alors commencer.

La voiture est rapidement identifiée comme appartenant à une personne issue de la communauté des gens du voyage, et aussitot les représailles s’organisent. Dès le mercredi soir, un homme est tabassé à coups de barre de fer par une vingtaine de personnes, qui le prennent pour le passager de la voiture qui a fauché Aymen. Dans la soirée de jeudi, 250 à 300 individus, armés pour certains de Kalachnikov, investissent une résidence où vivent des familles de la communauté gitane. Ils saccagent et incendient deux logements, deux camions et une voiture avant de repartir. Une vidéo – diffusée jeudi sur les réseaux sociaux – montre un groupe d’une vingtaine de « jeunes » en train de courir dans la rue en criant : « Allah akbar!», ou encore : « On va vous n***** vos mères, les Gitans…».

– Après avoir enfumé la voiture en question, à une centaine de mètres de l’accident, des membres de la communauté maghrébine continuent les représailles. Dans un contexte tendu, la famille d’Aymen appelle à l’apaisement.

Depuis, les tensions sont quelque peu retombées, après une réunion entre les deux communautés organisée à la mosquée Averroès, sous l’égide de l’iman et de deux pasteurs évangéliques.

Ces violences ne sont absolument pas un simple « fait divers ». Elles sont un démenti cinglant infligé au grand récit progressiste, qui nous promet l’effacement des différences ethniques, religieuses, nationales, et l’avènement d’une humanité enfin unifiée, communiant dans la même « religion de l’humanité ». Ce grand récit est ce qui informe la manière dont, depuis plus d’un demi-siècle, nous avons envisagé la question migratoire et ce qui, chez nous, est son corollaire, l’augmentation très rapide du nombre de musulmans vivant sur notre sol.

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