Patriotisme, sélection, excellence… ce qui fonctionne pour le foot, si on l’autorisait ailleurs ?

19 décembre 2022 | France

La France a perdu, mais n’a pas démérité. L’équipe de foot nationale a fait rêver, l’espace de deux heures et quart, le pays entier : les familles, toutes générations confondues, étaient réunies sur le canapé. Les personnalités politiques, tous partis confondus, sur Twitter. Allez les bleus, vive la France ! En ces temps de déclassement généralisé, renouer avec le sentiment d’être un GRAND pays. Elon Musk, présent dans les tribunes, note, dans un tweet liké 350.000 fois, que le but de la France – celui qui lui a permis d’égaliser -, a fait l’objet de « 24.000 tweets par seconde, ce qui n’était jamais arrivé pour une coupe du monde ».

Emmanuel Macron a voulu profiter d’une parcelle de gloire, n’hésitant pas, in fine, à se muer en cellule psychologique, numéro vert et Maman consolatrice tout à la fois, pour un Mbappé déçu qui l’a d’ailleurs snobé.

Le Président argentin Alberto Fernandez, lui, avait annoncé dès samedi qu’il ne se rendrait pas au Qatar « suggérant, selon L’Équipe, un facteur superstition, par lequel il ne voudrait pas porter la poisse à la sélection » : « Comme des millions de compatriotes, avait-il écrit sur Twitter, je vais profiter de la coupe du monde à la maison ». Chacun en tirera la conclusion qu’il voudra.

Mais quelles leçons à tirer de cette parenthèse de grâce, quelles recettes à retrouver pour le pays tout entier ?

– Tout d’abord, cultiver sans complexe le bonheur d’être français. Aimer son pays, le soutenir, être fier de lui, se sentir appartenir à un groupe, agiter en chœur le drapeau tricolore procure une joie ineffable qui fait oublier bien des soucis. Mais pour multiplier ces moments il faut cesser de cantonner le patriotisme au ballon rond, arrêter de traiter de facho quiconque arbore le drapeau français en d’autres occasions, et ne pas le laisser détrôner par le drapeau européen qui ne fait vibrer personne sinon peut-être Ursula von der Leyen.

– Reconnaître dans cette équipe les ingrédients de l’excellence, et l’étendre à tous les domaines : gageons que les joueurs n’ont pas été choisis, façon Science Po, sur une lettre de motivation en écriture inclusive et sur un entretien devant un grand jury autour de la transition écologique ou de la masculinité toxique. Ce sont, bêtement, à l’ancienne, sur leurs qualités à pousser le ballon, puisque c’est l’objet, qu’ils ont été évalués. Sinon, ce sont des épigones de Marine Tondelier et Louis Boyard qui se seraient trouvés, en petit short à leur place, sur la pelouse du Qatar. Sans garantie de résultat. De même, Didier Deschamps, osons le dire, n’a pas fait de sentiment. Il a même fait de la discrimination, au sens étymologique du terme. À chacun ses talents. Soit tu es bon, soit tu ne l’es pas. Et il n’a pris que les meilleurs. Ils les ensuite entraînés, et fait durement travailler. Car le don sans la sueur ne suffit pas. Puis il leur a donné des ponts d’or et en a fait les stars que l’on sait. Sélection, travail, mérite, argent, ascenseur social. Tout un vocabulaire aujourd’hui honni.

– Viser le bien commun, c’est-à-dire le succès de la France, dans une démarche holiste en non individualiste. Le jeu a été collectif. Pas de personnalité toxique ou d’ego surdimensionné façon Benzema, qui d’ailleurs a refusé de se joindre à Emmanuel Macron pour assister au match, proférant, sur Instagram, un laconique « Ça ne m’intéresse pas », qui a beaucoup fait gloser.

– Chasser l’idéologie dans tous les domaines où l’on recherche l’unité nationale. Grâce à l’équipe du Maroc qui a capté le capital sympathie de la gauche et attiré comme un piège à guêpes ses obsessions anti-racistes, l’équipe de France a été dépolitisée. Elle n’était plus black blanc beur mais bleu blanc rouge.

Las ce qui est permis, voire salué, dans le foot est interdit ailleurs.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

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