Gérald Darmanin, ministre des migrants, par Jean-Paul Garraud

6 décembre 2022 | France, Politique

Mardi 22 novembre, interrogé à l’Assemblée nationale sur le fiasco de l’accueil de l’Ocean Viking, Gérald Darmanin a qualifié l’Italie de pays « ennemi », préférant masquer son incompétence derrière le refus de Giorgia Meloni d’accueillir les 234 migrants. Le ministre de l’Intérieur pensait s’en tirer par ce grave affront diplomatique. Malheureusement pour lui, cela ne saurait effacer son bilan catastrophique dont les chiffres de l’insécurité grandissante, liée à une immigration cautionnée par le gouvernement, font état. Mais ce que l’on retiendra sans aucun doute de ce bilan, ce sont les fiascos qui s’accumulent depuis des mois.

Le premier d’entre eux, la finale de la Ligue des champions organisée au Stade de France, a fait le tour du monde. Pendant que les forces de l’ordre, obéissant à leur hiérarchie, gazaient les supporters anglais et espagnols innocents, des migrants et des racailles entraient sans billet dans le stade tout en dévalisant et agressant, y compris sexuellement, des spectateurs. Fermant les yeux sur le lien évident avec l’immigration, Gérald Darmanin s’est réfugié derrière des accusations ridicules à l’encontre des supporters britanniques qui seraient venus avec de faux billets. Un mois plus tard, il présentera ses excuses aux spectateurs victimes de la mauvaise organisation et des violences survenues en marge de la finale. Un mea culpa bien trop discret et tardif…

Cet été, le feuilleton de l’iman Iquioussen a accentué l’image ridicule de notre ministre. Alors que M. Darmanin avait annoncé vouloir expulser cet imam antisémite, homophobe et misogyne vers le Maroc (son pays d’origine), celui-ci avait ensuite fui en Belgique, où la Justice a refusé, pour l’instant, son extradition vers la France. La « victoire de la République » revendiquée par le ministre de l’Intérieur s’est donc rapidement transformée en cuisant échec.

Enfin, le scandale de l’accueil de l’Ocean Viking vient tristement parfaire ce palmarès. Face au refus de la Tunisie, de Malte et de l’Italie d’accueillir les 234 migrants à bord du bateau, c’est la France qui s’en est chargée, sous l’impulsion de la Commission européenne, de M. Macron et de M. Darmanin. Jeudi 10 novembre, la veille de l’arrivée du navire dans le port de Toulon, le ministre assurait, lors du journal de TF1, que les migrants « ne pourr[aient] pas sortir du centre administratif » dans lequel ils allaient être placés.

Deux semaines plus tard, il n’en reste que… quatre ! Face à la complexité des procédures, faute de magistrats disponibles, de traducteurs ou en raison de vices de forme, 123 clandestins, qui se sont vus refuser l’accès au territoire français, peuvent finalement y rester, au moins provisoirement. Pendant ce temps-là, 26 mineurs isolés ont disparu dans la nature et 66 migrants ont reçu un avis favorable à une admission sur le territoire. Plusieurs raisons expliquent donc ce fiasco, mais aucune ne disculpe M. Darmanin. La solution la plus efficace était de ne pas accueillir l’Ocean Viking. Le signal envoyé au monde entier est grave : il crée un appel d’air que suivront les passeurs et les migrants tentés par la venue en Europe, désormais certains d’y être accueillis d’une façon ou d’une autre. Un sondage de l’institut CSA, paru mercredi 23 novembre, relate que 77 % des Français considèrent que le gouvernement échoue à maîtriser l’immigration dans le pays. Ce n’est pas la polémique de l’Ocean Viking qui permettra de démentir ce constat, puisque désormais nos ministres facilitent la submersion migratoire.

En qualifiant l’Italie de pays « ennemi », le ministre de l’Intérieur commet une grave faute politique et diplomatique. Il profère, d’ailleurs, un mensonge puisque l’Italie est évidemment un pays ami. Entretenir de bonnes relations avec ce voisin stratégique est une nécessité pour la France, notamment dans la gestion de nos frontières communes. Gérald Darmanin n’a sans doute pas digéré la victoire écrasante des partis de droite en Italie, qui illustre le réveil des peuples européens. Il sait que la France connaîtra la même vague patriote qu’il redoute car cela mettrait, ipso facto, un terme à ses immenses ambitions.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

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