Retour du charbon et des coupures d’électricité : merci Macron !

2 décembre 2022 | France

Le fait a été peu ébruité : lundi, la centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle) a été rouverte. Elle va recommencer à produire de l’électricité et de la pollution. 500.000 tonnes de charbon y seront brûlées jusqu’en mars, avec émissions de CO2 à la clé. L’autre centrale à charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) a également été réactivée. Ces résultats écologiquement désastreux sont la conséquence de la décision d’Emmanuel Macron de fermer en 2020 la centrale nucléaire de Fessenheim ainsi que douze autres réacteurs, au nom de l’écologisme et de ses croyances.

Cet hiver, les Français pourraient bien subir des coupures d’électricité. Comme l’a annoncé mardi Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, « il se pourrait que, certains jours de grand froid, la demande et la production ne soient pas alignées ». En conséquence, Véran a déjà conseillé aux Français d’apprendre à « décaler le sèche-linge, à baisser la plaque électrique de la cuisine » : une politique infantilisante de « petits gestes » qui avait déjà conduit le premier ministre d’alors, Jean Castex, a publier le 22 mars 2021 ses « Dix commandements » anti-Covid : « Je ne reçois pas chez moi ; je ne me rends pas chez les autres ; j’aère régulièrement mon logement : je ne sors plus après 19 heures, » etc. . Mardi, Elisabeth Borne, qui lui a succédé, a repris les recommandations sur les masques et les « gestes barrières ».

Le retour du charbon doit tout au fanatisme anti-nucléaire des Verts et à la moutonnerie des « progressistes », à la recherche d’un électorat à flatter. Macron, en avalisant en 2018 la politique de réduction du parc nucléaire annoncée par François Hollande dès 2012, doit être tenu pour coresponsable du déclin énergétique du pays. Son revirement du 10 février 2022 (« Il faut reprendre le fil de la grande aventure du nucléaire civil en France ») n’efface pas sa décision première qui a conduit EDF à ne plus entretenir son parc. Il reste encore 20 réacteurs sur 56 en maintenance. Relire les déclarations de 2018 du chef de l’Etat donne une idée de son aveuglement idéologique d’alors : « Il ne s’agit pas de fermer des centrales si c’est pour importer de l’énergie produite, parfois moins bien, à l’étranger ». C’est pourtant bien ce qu’il va se passer.

Quant à Borne, qui est prête à morigéner les mauvais citoyens s’ils dépassent les 19 degrés chez eux, elle ferait mieux de s’excuser d’avoir déclaré péremptoirement en juillet 2020, comme ministre de la transition énergétique : « L’arrêt de Fessenheim incarne l’écologie de la responsabilité (…) Avec cette décision nous tenons nos promesses ». Un peu plus tôt, elle avait dit : « Il faut fermer les centrales nucléaires : il y a ceux qui en parlent et puis il y a ceux qui le font. Nous on le fait ». Se réclamant toujours de sa « radicalité écologique », le premier ministre compte accélérer les énergies renouvelables, en permettant de saccager encore davantage les paysages par des éoliennes coûteuses et peu efficaces. Ces gens-là ne sont décidément pas à la hauteur de leurs prétentions.

Ivan Rioufol

Texte daté du 15 novembre 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

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