Macron coupable d’ « inaction migratoire », par Ivan Rioufol

Ils savent très bien ce qu’ils font. Ceux qui sont au pouvoir mesurent parfaitement les conséquences de leurs actes. Ils n’entendent pas pour autant les corriger quand ils produisent des désastres. L’ancien ministre de l’Intérieur d’Emmanuel Macron, le socialiste Gérard Collomb, a dénoncé cette loi du silence à l’occasion de l’accostage à Toulon de l’Ocean Viking et de ses 230 immigrés clandestins, victorieux de l’Etat passoire.

Dans un tweet publié le 11 novembre, Collomb a écrit : « Au delà de l’émotion sur le sort des personnes, l’accueil en France de l’Ocean Viking marque un tournant dans la politique d’immigration en France. Lorsqu’en 2018 avait été envisagée la création d’un hot spot à Toulon, je m’y étais opposé de toutes mes forces et avait démissionné ». Dans un entretien au Point, l’ancien ministre de l’Intérieur va plus loin. Il explique pourquoi il n’avait rien dit alors des raisons de son départ : « Si j’avais dit cela à l’époque, j’aurais gravement nuit à Emmanuel Macron. Si je m’étais exprimé avant la présidentielle, mon intervention aurait pu inverser le résultat de cette élection et Marine Le Pen être élue. C’est pourquoi je me suis tu ». On peut saluer la lucidité de Collomb, qui avait également mis en garde le jour de son départ sur le possible « face à face » entre communautés rivales dans les quartiers dit « sensibles ». Reste cette omerta. Elle s’apparente à une complicité dans la mise en danger d’une société ouverte à ses ennemis.

Macron s’est plaint dimanche, sur YouTube, d’avoir été mis en cause pour « inaction climatique » pour des faits remontant à la période 2015-2018, c’est-à-dire quand il n’était pour l’essentiel pas encore président. « C’est pas pour ma pomme », a-t-il commenté en recherchant l’acquiescement du jeune public. En revanche, le chef de l’Etat mériterait d’être mis en cause pour « inaction migratoire », avec Collomb comme témoin à charge. Pour ce dernier, cet accostage du navire humanitaire « ouvre une nouvelle brèche, créant un précédent » Selon lui, avec cette décision de Macron « on renforce plus le problème qu’on ne le résout en créant un appel d’air ». C’est toute la politique prétendument ferme contre les clandestins qui laisse voir son laxisme idéologique. Il est regrettable néanmoins qui si peu de « progressistes » osent dénoncer les impensés de Macron et ses postures humanistes, indifférentes aux conditions d’accueil exécrables des immigrés illégaux. Cet aveu de Collomb me fait penser à celui de Jean-François Delfraissy, ex-président du conseil scientifique : il aura attendu sa fin de mission en juillet dernier pour reconnaître que les vaccins anti-Covid protégeaient « modérément », qu’ils n’auraient pas dû être conseillés aux plus jeunes et que les autorités ont eu tort de faire passer la santé avant l’humanité, singulièrement dans les Ehpad. La prosternation obligée devant le discours officiel et ses « fake news » fait perdre un temps précieux. La parole politique en sort éreintée.

Ivan Rioufol

Texte daté du 15 novembre 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol