L’Ocean Viking à Toulon : une défaite française, par Ivan Rioufol

Insulter l’Italie n’a pas de sens. Gérald Darmanin n’a pas à reprocher à Giorgia Meloni, la nouvelle présidente du Conseil, de veiller à l’inviolabilité des frontières de son pays et de tenir son engagement. C’est la France qui est à blâmer pour avoir capitulé, en ce 11 novembre symbolique, devant le chantage humanitaire des passeurs-négriers associés en l’occurrence à l’ONG SOS Méditerranée. Les 234 immigrés de l‘Ocean Viking attendus ce vendredi matin dans le port militaire de Toulon vont symboliser, aux yeux des trafiquants d’êtres humains prêts à poursuivre leur commerce, la faiblesse du pays. La France assurait il y a encore peu de sa fermeté vis-à-vis des clandestins.

En réalité, Emmanuel Macron refuse d’assumer son rôle constitutionnel de « garant de l’intégrité du territoire ». Son recul, présenté comme « exceptionnel », n’en reste pas moins révélateur de son renoncement à résister à l’immigration extra-européenne. Signataire en 2018 du Pacte de Marrakech – que l’Italie avait rejeté – le chef de l’Etat a avalisé à travers cette ode à l’immigration « sûre, ordonnée et régulière » une vision irénique de l’accueil de l’Autre. L’ONU et l’Union européenne partagent cette même conception d’une « société ouverte », indifférente à la préservation des nations fragiles et à l’opinion des peuples. L’Ocean Viking à Toulon, c’est pour Marine Le Pen la démonstration de visu de ses accusations en laxisme.

L’heure est venue de demander des comptes aux ONG pro-immigration qui affrètent des navires dans le seul but de favoriser des arrivées clandestines, en connivence avec les passeurs, et en forçant les portes de l’Europe. Personne ne s’indigne du silence des grands ports nord-africains qui sont pourtant les plus proches des zones de détresse des embarcations. Le chantage humanitaire auquel ces organismes se prêtent, en exhibant des enfants s’il le faut, est révoltant. Ce procédé incite les exilés à prendre des risques considérables pour franchir la mer. Les cales de ces bateaux « humanitaires », où s’entassent les gens, ressemblent à ce que devaient être peu ou prou les navires qui effectuaient jadis la traite des Noirs.

Un même esclavagisme à bonne figure s’exhibe en jouant sur les cordes sensibles. Il va de soi que les enfants et les malades doivent être pris en charge, et l’Italie a pris plus que sa part. Mais les bons sentiments n’ont jamais fait une bonne politique. La France est pleine : elle ne peut plus accueillir, sinon dans la misère. Ces ONG irresponsables sont les complices de malfaiteurs. La ville de Paris, qui croule sous les dettes, a offert 100.000 euros à SOS Méditerranée, également subventionnée par des dizaines d’autres municipalités. Cette situation doit cesser. Pour la plupart (hormis d’authentiques réfugiés politiques) il faut oser dire : « Qu’ils retournent en Afrique »…

Ivan Rioufol

Texte daté du 13 novembre 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol