Marc-Édouard Nabe : Un grand vivant pour reprendre des forces

Jusqu’au 19 novembre, Marc-Édouard Nabe expose à la librairie Pierre-Adrien Yvinec, à quelques pas de L’École Militaire (Paris VIIe), une série de portraits peints ou dessinés d’écrivains « de droite ». Une exposition roborative à voir, et à conseiller mêmes aux antinabiens les plus forcenés !

Que du beau monde ! Dostoïevski, Bloy, Georges Simenon, Chesterton, Georges Bernanos, Sacha Guitry, Marcel Aymé, Dominique de Roux, André Suarès, Ezra Pound, Paul Morand, Lucien Rebatet, Balzac, Knut Hamsun y sont à l’honneur, parmi d’autres titans admirés par l’auteur de L’homme qui arrêta d’écrire et d’Au régal des vermines.

Voilà, en cette époque grise, un peu de feu et de sang frais, de quoi reprendre des forces. L’enthousiasme et la vitalité ne sont pas les moindres vertus de Nabe, et cette exposition prouve encore une fois que cet homme n’a pas été contaminé par cette épidémie d’acédie, d’aquoibonisme et de résignation dépressive qui touche un nombre croissant de nos contemporains. Nabe n’a pas perdu son swing, et ce serait vraiment mauvaise foi ou basses rancunes médiocrement politiques de ne pas reconnaître en lui un de nos grands vivants.
Effilé comme un poignard

Vous ne verrez pas dans cette exposition de sages exercices d’admiration. Cela éclate, cela explose et cela fuse. Des Bloy, des Guitry, des Morand verts, roses, bleus, jaunes, des Pound aussi majestueux que des dieux grecs, un Suarès aérodynamique, un Drieu sur son lit de mort qui pourrait être un Van Dongen, et d’hénaurmes Claudel, et de monumentaux Bernanos, tous bien possédés, définitifs… « Nabe est un écrivain qui peint comme il écrit et qui écrit comme il peint », affirme justement Pierre-Adrien Yvinec dans sa préface au catalogue. C’est dire ! Il nous semble en outre posséder le talent rare de saisir en quelques traits rapides et aigus la vérité de son sujet. C’est effilé comme un poignard. Nabe n’est pas un scrupuleux réaliste mais, mieux que cela, un véridique. « Il observe, dissèque, et trouve presque toujours le mouvement, le petit quelque chose qui donne le ton et la couleur de la vie » (Yvinec).

Nous recommandons donc à tous, et mêmes aux antinabiens les plus forcenés, cette roborative exposition. Elle vous aidera à passer l’automne et l’hiver ! Vous garderez pour longtemps le sourire aux lèvres…

Tribune reprise de Revue-elements.com