La boucle de l’immigration, par Jean-Gilles Malliarakis

Deux affaires récentes pourraient bien conduire certains d’entre nous à penser qu’une nouvelle boucle du processus immigrationniste est en train de se refermer sur la France.

La première se situe dans le village de Callac en Bretagne où un projet baptisé Horizon suscite la colère de nombreux secteurs de l’opinion locale, sans que peut-être l’ensemble de l’Hexagone en prenne la mesure : il s’agirait en effet de repeupler d’Étrangers, bénéficiant d’un statut de réfugiés, des communes plus ou moins désertées par leurs habitants régnicoles. L’opération a d’ores et déjà suscité une manifestation de protestation de quelque 700 personnes. À l’autre bout du territoire, les militants identitaires de la Ligue du Midi font circuler une pétition dénonçant, non sans raison, l’abandon des petits villages par le pouvoir central. La discussion sur le projet de loi de finances pour 2023, nous donnera certainement d’ailleurs une nouvelle occasion de revenir sur ce dernier aspect du sujet lorsqu’il s’agira de comparer les DGF, « dotations de fonctionnement », allouées respectivement aux communes de banlieue et aux municipalités rurales.

La seconde éclaire le danger du processus et s’est produite aux Mureaux, en grande banlieue parisienne. Là, c’est un élu local socialiste de la municipalité, Boris Venon, qui, poussé à la démission et à l’exode, déclare : « Moi-même et ma famille nous sommes sentis menacés jusque dans notre intégrité physique ». Ses charmants concitoyens lui ont en effet enjoint : « Le Blanc quitte ma ville, on est chez nous ici ».

Ce « on est chez nous ici » rappellera sans doute aux Français qui se souviennent du théâtre de Molière, ça existe encore, le moment décisif où Tartuffe annonce à ce bon bourgeois d’Orgon : « la maison est à moi c’est à vous d’en sortir ».

Comme toutes les comparaisons historiques ou littéraires, celle-ci, cependant, rencontre ses limites. Tartuffe appartient à l’espèce de ces faux dévots que dénonce la pièce. Or, nous nous trouvons aujourd’hui en présence de vrais islamistes. Et surtout la scène suivante renverse la situation car « nous vivons sous un prince ennemi de la fraude ». Cela se passe au XVIIe siècle, au début du règne de Louis XIV : difficilement transposable de nos jours.

Au vrai, le slogan « on est chez nous » renvoie très exactement à cet étonnant mouvement qui se veut « indigéniste ». Loin de correspondre en effet aux descendants imaginaires de Vercingétorix ou des Peaux-Rouges d’Amérique, il est devenu le mot d’ordre des continuateurs du colonel Custer. Indigénisme étrange, appellation vraiment paradoxale, il se retourne contre les indigènes véritables.

Oui, si cela devait triompher, la boucle serait bouclée et l’expression de « grand remplacement », tant reprochée à Renaud Camus, cesserait de pouvoir être dénoncée comme un fantasme.

Cela doit donc être combattu et déjoué.

La double question qui se pose en France depuis maintenant des décennies, n’est pas tant celle de la nuisance que développe l’immigrationnisme à outrance. Faut-il vraiment répondre à un démographe médiatisé comme Le Bras quand il prétend, depuis des années, que le nombre des Étrangers n’augmente pas ?

Il faut d’une part s’interroger sur les responsabilités permanentes des grands intérêts dominants et des technocrates qui n’ont cessé d’encourager le phénomène. Votre chroniqueur tentera de les évoquer dans sa prochaine livraison.

Et compte tenu des conclusions qui s’en dégagent, il ne nous semblera pas inutile de s’interroger, d’autre part, au gré d’une chronique ultérieure, sur les erreurs commises de façon récurrente, depuis quelque 50 ans, par les nationaux de bonne foi, trop souvent des lions conduits par des ânes, qui ont tenté de s’opposer à la destruction du pays.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent