Giorgia Meloni : le retour des pleureuses, par Jérôme Leroy

À chaque fois que l’extrême-droite ou la droite populiste gagne des élections, c’est la grande sortie des drama-queens de l’antifascisme, qui oublient toujours de se rappeler pourquoi la gauche en est là: à cause d’elles.

On rappellera que Giorgia Meloni a été élue démocratiquement. On rappellera que l’extrême-droite est arrivée en Suède démocratiquement. On rappellera qu’Orban en Hongrie se maintient au pouvoir démocratiquement. On rappellera que les 89 députés RN ont gagné leurs circonscriptions démocratiquement. On constatera que ça gagne partout.

On constatera que l’abstention écrasante n’atténue en rien la chose. Ce sont ceux qui se dérangent qui ont raison et dans les élections comme dans la vie, ce sont les absents qui ont toujours tort.

On constatera aussi que ça gagne sur le même terreau: des gauches converties au social-libéralisme, des droites libérales qui reprennent les thématiques d’extrême-droite pour rester dans la course. Au hasard, ces dernières années : Blanquer et l’islamogauchisme, Pécresse et le grand remplacement, Macron et sa visite à Raoult, Ciotti voulant que la police tire à vue.

On constatera, pour finir, que certains dans la vraie gauche de gauche en France, c’est-à-dire la Nupes, trouvent que la question centrale, dans une société en voie d’effondrement écologique et social, c’est de s’occuper du sexe des anges et de décapiter ses dirigeants alors qu’on a un mal de chien à taxer les superprofits et que l’école, l’hôpital et les transports sont en voie de tiers-mondisation accélérée pendant que Macron veut passer en loucedé la retraite à 65 balais malgré une opposition massive de la population.

Les indignations vertueuses et les approximations politiques sur la Meloni vont fleurir.

Le problème, c’est que l’indignation et le manque de précision, ça empêche toujours l’analyse. Non, l’Italie n’est pas redevenue fasciste ni postfaciste: elle connait le sort de toutes les sociétés européennes qui n’ont plus de gauche marxiste, anticapitaliste et menant une guerre de classe mais une gauche qui se résume à faire la police du barbecue et de la braguette.

E basta cosi, comme on dit là-bas !

Je serais cruel, je remarquerais, en plus, que Marine Le Pen et Giorgia Meloni sont des femmes, et donc, si j’en crois quelques brindezingues essentialistes, ça devrait suffire à ce qu’elles restaurent l’Eden détruit par l’ « androcène » grâce à la magie sororale des sorcières anti-EPR…

Pour paraphraser Audiard, j’ai été prof et militant communiste pendant trente ans, c’est vous dire si j’en ai entendu des conneries, mais alors là…

Tribune reprise de Causeur