La Nupes victime de sa police des mœurs, par Ivan Rioufol

La police des mœurs de la Nupes ébranle la fragile coalition d’extrême gauche. Les néo-féministes ont fait de ce mouvement une secte immaculée exigeant de l’homme un comportement sexuel exemplaire. Ce mercredi, sur Europe 1, la sénatrice Laurence Rossignol, partie prenante de la Nouvelle union populaire fédérée par Jean-Luc Mélenchon, a ainsi rappelé : « Notre déontologie politique n’est pas la même que le code pénal ». A l’instar des tribunaux ecclésiastiques, les mères-la-morale de la Nupes entendent mener leurs propres enquêtes sur les comportements déviants des mâles, en s’autorisant des intrusions dans les vies privées et des mises en accusation dans le domaine public. Dans cette épuration éthique, les juges de l’ordre judiciaire ne sont pas appelés : le linge sale se lave en famille.

C’est ainsi qu’Adrien Quatennens, numéro 2 de LFI, a été « mise en réserve » de son parti après des soupçons de violences conjugales (une gifle donnée il y a un an dans le cadre d’une séparation) ébruitées par la police ou le parquet à la suite d’une main courante déposée par son épouse dans un commissariat. Julien Bayou, secrétaire général d’EELV, vient de connaître le même sort après avoir été mis en cause par sa collègue Sandrine Rousseau, qui l‘a accusé d’avoir « brisé la santé morale » de son ancienne compagne. Cette fois, on croit comprendre qu’il ne serait pas reproché à Bayou une « violence sexiste ou sexuelle », mais une « vie sexuelle » parallèle. D’ici à ce que les puritaines de la Nupes interdisent l’adultère ou le divorce, il n’y a peut-être plus qu’un pas…

Il y a cependant, il est vrai, une cohérence apparente chez ces femmes. Elles exigent des hommes de leur chapelle qu’ils appliquent à la lettre leur ralliement au combat contre les violences faites aux femmes. Les donneurs de leçons se doivent évidemment d’être irréprochables. La liste des Tartuffe progressistes, qui se dispensent d’appliquer les commandements qu’ils récitent, est déjà longue. DSK fut le plus fameux, qui aligna ses butins jusqu’à sa chute. Denis Baupin fut le plus grotesque, qui se mit du rouge à lèvre pour feindre une cause commune contre les violences faites aux femmes avant de se faire accuser de violences sexuelles.

Mais ces prétendues féministes ne disent jamais rien quand il s’agit de venir en aide aux femmes musulmanes disqualifiées par le Coran. C’est la sourate IV verset 34 qui dit que l’homme à autorité sur la femme, qui, elle, doit obéissance à son mari. « Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. » Or, ces sont ces femmes de la Nupes qui ont défilé avec les islamistes en novembre 2019, au côté de femmes voilées. Ce sont ces prétendues indignées qui se gardent de manifester en soutien aux femmes iraniennes qui ôtent le voile que leur impose la police des moeurs de là-bas. Un même intégrisme moral rapproche tous ces ayatollahs, aveuglés par leurs croyances.

Ivan Rioufol

Texte daté du 16 septembre 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol