Pendant que les Iraniennes brûlent leur hijab, nos féministes continuent de se voiler la face…

Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà. Le hijab est sous nos latitudes un tissu inoffensif, une parure dans les cheveux comme une autre, équivalente au serre-tête des catholiques, à la mantille dominicale de nos grands-mères et au voile de nos mariées.

En Iran, cherchez l’erreur, des femmes risquent leur vie pour se débarrasser de ce « tissu inoffensif ». Dans l’indifférence générale de nos féministes occidentales qui continuent, elles, de se voiler la face : ce que ces Iraniennes dénoncent là-bas, elles le promeuvent ici. Et se moquent comme d’une guigne des dangers que ce « tissu inoffensif » fait déjà peser : pas plus tard que vendredi, à Paris, un homme a menacé une enseignante qui avait demandé à sa sœur de retirer son voile durant une sortie scolaire.

Rappelons qu’en mai dernier, parmi les 113 personnalités qui disaient oui au Burkini, dans une tribune intitulée « En mai, mets ce qu’il te plait » figuraient Caroline De Haas et Alice Coffin. Où sont donc passées les féministes de jadis, Benoîte Groult en tête, à laquelle Caroline de Haas, lors de sa disparition en 2016, avait rendu hommage dans les colonnes du Point, avec une tribune intitulée : « Pourquoi Benoîte Groult a compté pour moi ? ». Sans doute Caroline De Haas ignore-t-elle qu’en 1975, dans son célèbre livre « Ainsi soit-elle », Benoîte Groult avait repris à son compte, pour dénoncer la condition de la femme en pays musulman, la citation violente d’Ernest Renan : « l’islam est la chaîne la plus lourde que l’humanité ait jamais portée ».

On ne peut pas tout faire, n’est-ce pas ? Le grand chantier féministe de ces dernières années a été l’écriture inclusive. Une réussite puisqu’elle s’est imposée dans les grandes écoles, les universités, les grandes entreprises et les administrations. Et toutes les officines de gauche, bien sûr. C’est même en écriture inclusive qu’Adrien Quattenens a reconnu avoir giflé son épouse. Comme un éclatant symbole de la Bérézina féministe.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire