Répartir les migrants dans le monde rural?, par Maxime Tandonnet

L’idée (pas nouvelle) qu’il est nécessaire d’organiser une répartition volontariste des populations immigrées dans les campagnes révèle un double mépris, à la fois des migrants qui pourraient être déplacés autoritairement ou se voir imposer leur lieu de résidence et des habitants du monde rural auxquels il n’est pas question de demander leur avis sur l’implantation chez eux de populations issues de l’immigration.

Quel sens y aurait-il à forcer ou inciter ces populations – en besoin d’intégration (notamment par le travail) – à s’installer dans des territoires que les Français quittent faute de travail et de perspectives ? L’objectif de répartir le flux migratoire sur tout le territoire, faute de le maîtriser, conforte ainsi le point de vue de ceux qui voient dans l’immigration une révolution démographique favorisée par les dirigeants politiques à laquelle n’échapperait désormais aucune parcelle du territoire.

Elle contribue à attiser les déchirements de la société française et à favoriser la radicalisation de l’opinion qui déjà estime à 71% (CSA juillet 2022) que l’immigration est trop importante. Est-ce volontaire ? Est-ce aveuglement ? Les deux à la fois sans doute. Déchirer pour mieux régner. Elle relève de la provocation sur le mode du pompier pyromane : radicaliser l’opinion et la déchirure entre « progressisme » et « populisme ».

C’est toujours la même chose depuis 10 ans voire plus : attiser l’extrémisme et le désigner comme adversaire privilégié en comptant sur sa diabolisation historique pour assurer le maintien au pouvoir des héritiers du parti socialiste. Cela a marché en 2017 et en 2022. Jamais deux sans trois se disent-ils en pensant à 2027. Cela s’appelle jouer avec le feu.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet