La leçon suédoise aux droites françaises désunies, par Ivan Rioufol

La social-démocratie suédoise se croyait exemplaire dans son ouverture à l’Autre. Elle est devenue pour beaucoup un repoussoir, à cause de son irresponsable angélisme. La Suède, vitrine du « progressisme », paie aujourd’hui ses aveuglements sur une immigration musulmane incontrôlée et inassimilable, à la source des insécurités et des violences. Ce lundi, l’issue des législatives de dimanche semblait donner la victoire sur le fil au bloc de droite qui décrocherait la majorité absolue de 175 ou 176 sièges. Le parti national des Démocrates de Suède, anti-immigration et classé pour cela comme infréquentable par les commentateurs, deviendrait le deuxième parti du pays avec 20,6 % des voix, contre 1,4% il y a 20 ans. La victoire annoncée de la droite a été rendue possible grâce à une alliance entre les modérés et les radicaux. Une fois encore, la révolution du Réel envoie valdinguer les idéologies, ces pensées sectaires indifférentes à la vie des gens.

L’Italie se prépare pareillement à repasser du côté de la droite nationale. Si le fait de critiquer l’immigration de masse, les fraudes au droit d’asile ou l’idéologie de conquête de l’islam reste, pour le discours labellisé, un marqueur d’extrême droite, l’opinion se détache de ces interdits moraux imbéciles. Pour la France, qui s’est offerte par défaut à un macronisme déraciné au service de l’idéologie mondialiste, l’exemple suédois démontre l’efficacité de l’union des droites. Mais les droites en sont encore à leur guerre de tranchée…

Le grand enlisement est le mal qui touche les Républicains, le Rassemblement national et Reconquête. Ce lundi, sur Europe 1, François-Xavier Bellamy (LR) expliquait sans convaincre que la culture de la coalition n’était pas dans les « habitudes » nationales. C’est justement ces raideurs qu’il faut changer si la droite veut espérer retrouver le pouvoir. L’histoire qui s’écrit, à travers les consultations populaires et les sondages, fait le procès réitéré du mondialisme et de son monde affreux, indifférencié et remplaçable. Aucune formation de droite n’a, seule, la prétention de gagner demain. Dimanche, dans son fief d’Hénin-Beaumont, Marine Le Pen (RN) s’est présentée comme « la force d’alternance », portée par le « grand basculement politique » d’une « révolution démocratique et pacifiste ».

Un peu plus tard dans la journée, Eric Zemmour, en clôture de l’université d’été de Reconquête, s’est replacé en surplomb de LR et du RN dans son « combat culturel » pour le « retour à la civilisation ». En réalité, ces trois formations deviennent de plus en plus cousines germaines, poussées par l’opinion excédée à assumer un discours de rupture. Hier, Zemmour a déclaré à l’adresse des Français : « Ne laissez plus rien passer ! ». Mais la droite désunie ne peut plus, elle, laisser passer les trains. La Suède montre la nouvelle voie.

Ivan Rioufol

Texte daté du 12 septembre 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol