Gérald Darmanin VS Hassan Iquioussen: on fait la guerre avec l’armée qu’on a

Le Conseil d’Etat a confirmé mardi 30 août la légalité de l’expulsion d’Hassan Iquioussen, prédicateur islamiste très en vue et affairiste peu scrupuleux. Mais celle-ci devra encore attendre pour être exécutée : l’imam est en fuite.

On se demande bien comment fonctionne le ministère de l’Intérieur au vu de ce énième raté. La fuite de l’imam était aussi attendue qu’annoncée. Le fait qu’elle ait été prévue par tous, sauf par les principaux intéressés, laisse assez dubitatif… mais confirme l’impression de manque de professionnalisme qu’a donné la mise en scène de ladite expulsion, alors même que sa nécessité était réelle.

Sur le fond, l’expulsion est parfaitement légitime. Hassan Iquioussen ne masque pas son appartenance à l’islam politique ni sa proximité avec les islamistes. Prédicateur star de Musulmans de France, ex-UOIF, il n’a jamais caché sa volonté de structurer un vote communautaire musulman et de réislamiser les jeunes musulmans en les mettant en opposition avec la civilité, les mœurs et les lois françaises. Pour cela il utilise un discours victimaire et falsificateur, mettant en scène une supposée persécution qui justifie la haine et le rejet des valeurs occidentales et des principes démocratiques et républicains. Il nourrit la logique séparatiste et communautariste qui structure l’idéologie des Frères musulmans et en diffuse tous les fondamentaux : appel à la haine des apostats de l’islam, des « mécréants », revendication d’un antisémitisme virulent, infériorisation de la femme et refus de lui accorder l’égalité, légitimation des attentats-suicide… Or ce travail d’ensemencement des esprits donne des fruits.

Le discours d’Iquioussen s’adresse-t-il à une si « infime » minorité ?

La réussite de la stratégie des islamistes en matière de radicalisation de la jeunesse a été mesurée à différentes reprises, et à chaque fois un différentiel énorme séparait les jeunes musulmans des autres jeunes croyants, témoignant de leur rupture avec la culture française. En 2016, une étude de l’Ined montrait que 85% des musulmans âgés de 17 à 25 ans déclaraient que la religion jouait un rôle important dans leur vie, ils n’étaient que 22% chez les catholiques. En 2021 selon l’IFOP, 65% des lycéens musulmans estimaient que les normes et règles édictées par la religion étaient plus importantes que les lois de la République, ils n’étaient que 33% chez les jeunes catholiques. Dans un sondage IFOP de 2020, on peut constater que 66% des musulmans sont opposés au droit des enseignants de montrer des caricatures (alors que l’enquête est menée juste après l’assassinat de Samuel Paty), c’est exactement l’inverse de ce que l’on constate dans le reste de la population française qui soutient ce droit à 75%, voire à 80% chez les catholiques. Le travail de radicalisation religieuse et la construction d’une identité communautaire séparatiste a été bien mené, et l’idéal séparatiste que prône les Frères musulmans est une réalité dans notre pays. Un autre chiffre le démontre : lors des présidentielles, un appel au vote Mélenchon a été relayé par tout un réseau de mosquées et par des relais d’opinion appartenant tous à la sphère islamiste (CCIE, Les frères Tariq et Hani Ramadan, Vincent Souleymane, Sihame Assbague, Feiza Ben Mohamed…). Le principal argument déployé pour obtenir ce résultat : l’éternel victimisation et l’accusation d’ « islamophobie » d’Etat à travers une charge violente contre la loi séparatisme.

Résultat, un vote communautariste massif : 69% des électeurs musulmans ont voté Jean-Luc Mélenchon, suite à une campagne dont les éléments de langage et les représentations concernant la communauté musulmane ont été empruntés à la logorrhée islamiste. Certes ce n’est pas pour rien si le clientélisme électoral à gauche s’est concentré sur le vote musulman depuis la fameuse note Terra Nova de 2012, l’existence d’un vote communautaire ne date pas d’hier. Ce qui s’est accentué c’est qu’aujourd’hui ce sont les islamistes qui le détiennent, comme ce sont leurs revendications et leur vision du monde qui le structurent. Une telle influence représente un poids électoral non négligeable et explique la complaisance d’une partie de la gauche à l’égard de l’islamisme. L’influence électorale de cette dernière étant en chute libre, elle ne se maintient sur certains territoires que grâce à ce vote. La droite l’ayant remarquée, elle a eu tendance à verser dans le même clientélisme en banlieue.

Clientélisme caricatural mais efficace

Cela aussi Hassan Iquioussen l’avait fort bien compris. Dans une vidéo datant de 2014, il explique la méthode pour placer ses pions dans les collectivités locales. Sa rhétorique est basique, mais en tant qu’ancienne élue, je peux assurer qu’elle est opérationnelle. Selon l’imam, il suffit d’aller voir le maire et de dire : « La dernière fois vous avez gagné avec 50 voix, je vous en offre 853 (ce sont les voix des fidèles de la mosquée qu’il compte ainsi.) Il fait quoi le Maire, il fait des génuflexions et des prosternations ». Caricatural ? Peut-être, mais c’est un discours efficace et qui fonctionne sur des territoires où parfois seuls 40% de la population se rend aux urnes et où les élections se jouent avec un différentiel de quelques centaines de voix. Peu importe que l’influenceur ait au moment du deal la réalité de ces voix entre ses mains. S’il est vu comme puissant et comme ayant le lien avec l’autorité politique, il gagnera en influence en devenant un intermédiaire communautaire. L’entrisme permet de renforcer l’emprise communautaire grâce aux alliances forgées à l’extérieur.

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