Hassan Iquioussen : le lourd dossier de l’imam radical soutenu par les islamo-gauchistes

Il est marocain et prêche un islam particulièrement rigoriste… en France, dans la région de Valenciennes. Hassan Iquioussen vit sur le territoire français depuis une vingtaine d’années. Activement suivi sur les réseaux sociaux (sa chaine YouTube dépasse les 170.000 abonnés), l’imam réputé proche des Frères musulmans devrait être expulsé.

Antisémites, homophobes, antirépublicains, ce sont les propos d’Hassan Iquioussen qui ont poussé Gérald Darmanin à signer l’arrêté d’expulsion. Malgré l’évidente radicalité de l’islam prêché par l’imam, il s’est trouvé des soutiens au sein de la classe politique française. Ainsi, les députés Insoumis David Guiraud et Manuel Bompard ont réagi à cette demande d’expulsion en prêtant au ministre de l’Intérieur une stratégie électoraliste.

L’expulsion d’un imam radicalisé ? Une « procédure douteuse », selon David Guiraud qui y voit là une décision « du fait du prince ». Hassan Iquioussen est également soutenu par une trentaines de mosquées, dont certaines très proches des Frères musulmans. Elles ont publié une pétition en ligne demandant l’annulation de la procédure d’expulsion. Publiée il y a deux jours, la pétition cumule déjà près de 20.000 signatures. Partout en France, plusieurs institutions musulmanes ont condamné cette procédure. À Grenoble, le Centre culturel musulman (CCMG) a exprimé sa « profonde inquiétude et stupeur au sujet de la décision administrative d’expulser du territoire français le conférencier Hassan Iquioussen ». À Limoges, l’AMLF (Association des musulmans de Limoges pour la fraternité) a déclaré : « Notre incompréhension est d’autant plus grande que le fondement de cette décision – propos haineux et discriminatoires ne concordent pas avec ce que nous connaissons du discours de M. Iquioussen. » Enfin, en région lyonnaise, le Conseil théologique des imams du Rhône et le Conseil des mosquées du Rhône, sous la direction du recteur de la grande mosquée de Lyon Kamel Kabtane, ont annoncé leur étonnement et affirmé qu’Hassan Iquioussen « a toujours été dans une ligne de respect des principes et des lois qui fondent notre république ».

Hassan Iquioussen est-il antirépublicain ?

Pourtant, après visionnage de certaines vidéos d’Hassan Iquioussen, difficile d’y voir la démonstration d’un amour pour les lois républicaines. Dans une vidéo publiée, il y a deux ans, sur sa chaîne YouTube, intitulée « Les propos violents et haineux d’Éric Zemmour », l’imam dévoile son opposition ferme à toute assimilation. Selon lui, l’assimilation aboutit à la « désintégration du musulman ». Le musulman assimilé n’aurait « pas de morale ». Pis encore, ceux qui militeraient en faveur de l’assimilation sont des « ennemis de l’islam », assure M. Iquioussen qui qualifie Éric Zemmour, défenseur de l’assimilation, de « diable ».

En 2003, lors de ses premières années de prédicateur, Hassan Iquioussen s’en prend aux juifs en les qualifiant d’« ingrats […] Ils sont le top de la trahison et de la félonie », ajoute-t-il.

Un imam (trop) proche des Frères musulmans ?

Interdite d’existence dans de nombreux pays arabes (Égypte, Tunisie) mais aussi en Autriche, la confrérie des Frères musulmans n’est pas partout la bienvenue. En France, quelques organisations islamistes sont particulièrement proches des Frères musulmans et dispensent une approche de l’islam que l’on appelle « frériste ». Hassan Iquioussen en a longtemps été l’un des porte-voix. Dans un entretien accordé aux confrères de L’Express, un ancien compagnon de route d’Iquioussen raconte comment ce dernier a commencé à prêcher dans les mosquées, en français, aux côtés d’Hani Ramadan, le frère de Tariq Ramadan, actuel directeur du Centre islamique de Genève, interdit de séjour en France depuis 2017. Par la suite, Hassan Iquioussen actera son rapprochement avec l’islam frériste en collaborant étroitement avec l’UOIF, l’Union des organisations islamiques de France, un organe de propagande islamiste préempté par les Frères musulmans.

Les propos rigoristes d’Hassan Iquioussen rendent nécessaire son expulsion du territoire français. Mais la France, malgré la loi séparatisme votée en 2021, ne dispose pas de son entière souveraineté sur les questions d’expulsion. Instance supranationale, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pourrait mettre un terme à la volonté de Gérald Darmanin. Dans Marianne, maître Simon, l’avocat de l’imam, se dit prêt à aller « jusqu’au conseil d’État ». Elle envisage même le dépôt d’une « question prioritaire de constitutionnalité et la saisine de la Cour européenne des droits de l’homme »…

Geoffroy Antoine

Tribune reprise de Boulevard Voltaire