Les J.O. 2024 en Seine-Saint-Denis : une folie criminelle ?

C’est le 26 juillet 2024 à Paris que débuteront les prochains Jeux olympiques, dont nombre d’épreuves se dérouleront dans la Seine-Saint-Denis, où prendra place le fastueux « village des médias », édifié à Dugny sur l’Aire des vents qui accueillait autrefois la Fête de L’Huma et où seront logés plus de 2 000 journalistes venus du monde entier. Comment être sûr qu’à l’occasion de cette « grande fête du sport » l’on ne reverra pas l’invraisemblable chaos ayant régné le 28 mai dans l’enceinte et aux alentours du Stade de France, à Saint-Denis, avant et après la finale de la Ligue des champions remportée par le Real Madrid face à Liverpool ?
Une tribune signée Camille Galic.

Stade de France : Darmanin en flagrant délit de mensonge

Un mois, c’est le temps de la réflexion pris par Gérald Darmanin pour admettre, le 28 juin, que ce chaos n’était pas dû aux seuls supporters anglais, alors décrétés par lui ultra-violents et coupables d’une « fraude massive, industrielle et organisée de faux billets ». « Est-ce que le Stade de France aurait dû être mieux géré ? La réponse est oui. Est-ce que j’en ai une part de responsabilité ? La réponse est oui. Je m’excuse [sic] bien volontiers pour [re-sic] tous ceux qui ont subi cette mauvaise gestion », a en effet admis sur RTL le ministre de l’Intérieur.

Si grande soit sa mauvaise foi, il lui aurait en effet été difficile de maintenir que tout s’était passé pour le mieux dans le meilleur des mondes après les auditions menées par la commission d’enquête du Sénat et accablantes pour le pouvoir, pris par tous les témoins – spectateurs britanniques mais aussi espagnols ou représentants de l’Union des associations européennes de football, l’UEFA – en flagrant délit d’incapacité et surtout d’« effarant déni de la réalité » selon le mot d’Alain Finkielkraut. « Ce qui était censé être un week-end merveilleux à Paris s’est transformé en expérience terrifiante… Vos mensonges sans fin et vos faux récits n’ont fait qu’amplifier notre traumatisme. On ne les pardonnera jamais », avait ainsi exposé Ted Morris, président de l’Association des supporteurs handicapés de Liverpool, en enjoignant Gérald Darmanin « de retirer [ses] accusations sans fondement et d’avoir la décence de démissionner ». Ce que n’a évidemment pas fait le personnage qui, le 4 juillet, a été officiellement reconduit dans ses fonctions et promu numéro trois du gouvernement par Emmanuel Macron.

Au nombre de ces accusations infondées, « l’extrême violence » des visiteurs livipuldiens (alors que, les reportages l’avaient montré, beaucoup étaient venus en famille et que leur âge moyen dépassait la cinquantaine ; pas exactement des hooligans, donc) et le fait que « 30 000 à 40 000 d’entre eux » auraient été en possession de faux billets, évidemment refusés par les bornes d’accès électroniques avec pour conséquence une cohue contre laquelle la police avait dû déployer les grands moyens.

Or, devant les sénateurs, le représentant de l’UEFA a été formel : moins de 2 800 billets avaient été falsifiés, soit un dixième du chiffre avancé par Darmanin. D’où la cruelle conclusion de François-Noël Buffet, président de la commission des lois du Sénat, qui a présenté ses « excuses » aux Britanniques et demandé que justice soit faite : « Contrairement à ce qui a été dit ici même par le ministre de l’Intérieur, les supporteurs anglais n’ont pas été à l’origine des incidents. »

La Seine-Saint-Denis, territoire de non-droit

Passant ce léger détail par profits et pertes, celui qui a l’audace de se présenter comme « fils d’une femme de ménage » alors que sa mère est la concierge-intendante du siège de la Banque de France (où elle dispose d’un vaste et confortable appartement de fonction) a reconnu du bout des lèvres sur RTL que « s’il y a quelque chose qui s’est mal passé au Stade de France ce soir-là, c’est la lutte contre la délinquance », dont il s’est d’ailleurs bien gardé de préciser l’origine. Mais, là encore, les reportages et surtout les vidéos tournées par les visiteurs espagnols qui, comme les Anglais, en ont été victimes, sont édifiants. Les meutes de voyous qui, s’acharnant de préférence sur les femmes et les handicapés, les ont violentés et dépouillés, n’avaient rien d’européen. De même que les « jeunes » qui, escaladant les clôtures du stade et sautant bornes et barrières, avaient impunément occupé les tribunes auxquelles, brutalement refoulés par la police sur l’ordre exprès du préfet Didier Lallement, l’éborgneur des Gilets jaunes, les aficionados de Liverpool n’avaient pu dès lors accéder. Des méfaits que n’auraient pu commettre les racailles sans la complicité de certains stadiers, en grande partie originaires du « 9-3 » où est situé le Grand Stade.

Sur RTL, Darmanin a aussi convenu du « nécessaire changement d’organisation à faire ». En effet, cela urge, deux ans seulement nous séparant de la tenue des Jeux olympiques, notamment dans la Seine-Saint-Denis, Ce choix est-il judicieux ?

Le 15 février, le socialiste Stéphane Troussel, président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, lançait la plate-forme en ligne « Toutes et tous volontaires », « véritable outil de formation et de valorisation des compétences des Séquano-Dyonisien·ne·s » de 16 à 30 ans, invités à « adresser en avant-première leurs candidatures à PARIS 2024, avec l’ambition que plusieurs milliers de bénévoles des Jeux soient issu·e·s de Seine-Saint-Denis » sur les 45 000 participant à l’événement. « Afin d’encourager la réussite de ce dispositif, précise M. Troussel, le Département s’appuiera sur le soutien de ses partenaires locaux·ales, notamment sur les villes et leurs services jeunesse, sur les missions locales, les universités, les associations ou encore les clubs sportifs pour orienter les publics concernés et intéressés vers la plateforme “Toutes et tous volontaires”. »

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