Petit-fils d’immigrés italiens, fils d’ouvrier : portrait du cadet du groupe RN à l’Assemblée

Il n’est pas le plus jeune député de l’Assemblée nationale en 2022. Il ne marquera donc pas l’Histoire sur ce point, devancé par le député de Polynésie française Tematai Le Gayic (21 ans, pour le parti Tavini huiraatira) et Louis Boyard (21 ans, LFI). Bryan Masson reste néanmoins le plus jeune député du Rassemblement national de cette législature. Du haut de ses 25 ans, il en est fier : « Je serai le porte-parole de la jeunesse. »

Lorsque le doyen de l’Assemblée nationale José Gonzalez (RN) clame son amour de l’Algérie française à la tribune, provoquant l’ire de la NUPES, on pourrait penser que le RN a perdu la jeunesse. Mais Bryan Masson prouve le contraire. Ce jeune élu des Alpes-Maritimes a rejoint le Rassemblement national dès l’âge de 14 ans, juste au moment où la fille de Jean-Marie Le Pen prenait les rênes du parti. Pourquoi avoir adhéré si jeune ? « J’étais séduit par sa personne, son discours », nous explique cet admirateur de la première heure de Marine Le Pen.

Rien ne destinait Bryan Masson à une vie politique. Ses grands-parents étaient italiens, il est fils d’ouvrier : « Chez nous, on travaille avec nos mains », s’amuse-t-il à préciser, « cela montre qu’il y a des gens du peuple au Rassemblement national ». Les conditions difficiles de certains Français sont la préoccupation de ce jeune député qui souhaite avant tout protéger ce peuple des Alpes-Maritimes, département auquel il est très attaché. Lorsque, sur France Bleu, on lui demande s’il vise une carrière nationale, Masson répond avec calme et sérieux : « Ma priorité, ça a toujours été le local, l’intérêt du territoire. » Il aime sa région, ce qui l’amène à aimer la France.

C’est en amoureux de cette culture que Bryan Masson se lance dans les études. Il est l’un des seuls, dans sa famille, à avoir fait des études littéraires. D’abord en école préparatoire, puis à la faculté pour passer une licence d’histoire-science politique. Sans cesser de s’engager en politique.

À l’âge où beaucoup finissent leurs études, son expérience militante est déjà longue. Voilà onze ans qu’il côtoie les coulisses du Front national. De longues années durant lesquelles il s’investit au sein du FNJ de son département, s’implantant localement et durablement. Bryan Masson dirige l’opposition à la mairie de Saint Laurent-du-Var depuis les municipales de 2020. Cette même année, le maire de Fréjus, David Rachline, l’appelle à son cabinet. Par deux fois, le nom de Bryan Masson apparaît sur les listes électorales de Marion Maréchal Le Pen en 2015 et de Thierry Mariani en 2021 pour gouverner la région. Après deux échecs, l’actuel cadet du RN à l’Assemblée remporte un siège au Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur en 2021.

Il aurait pu s’arrêter là. Mais cette année, Bryan Masson se lance dans la campagne des législatives pour dépasser Jean-Bernard Mion, le candidat d’Ensemble, avec 51,35 % des voix au deuxième tour. Un véritable coup de tonnerre pour Bryan Masson qui gravit les marches de l’Assemblée nationale en juin 2022 en tant que représentant de la sixième circonscription des Alpes-Maritimes.

Ce vendredi matin, il est déjà sur pied pour rendre visite au marché de l’Hippodrome, à Cagnes-sur-Mer. Il veut être proche du peuple, à son écoute. « Les Français en ont besoin », dit-il. L’abstention a été forte, cette année encore, et la jeunesse, notamment, se déplace peu pour voter. Bryan Masson veut montrer à ses congénères que l’on peut faire porter sa voix. « On peut être jeune, avoir 25 ans et parler de tous les sujets. » Il invite les jeunes à renouer avec la politique, connaît bien sa région et les combats à mener. La première proposition de loi qu’il souhaite lancer à l’Assemblée aura pour thème la préférence nationale. Car Bryan Masson le constate avec désarroi : « On a d’un côté des migrants qui sont très aidés et de l’autre des Français juste bons à payer leurs impôts, c’est insupportable ! »

L’ancien élève Bryan Masson accorde beaucoup d’importance à l’école mais juge le système scolaire catastrophique, intellectuellement et matériellement. Or, « tout part de l’éducation », rappelle-t-il.

Le nouveau député RN ne souhaite pas s’arrêter là. Pour lui, le parti à la flamme ne peut plus rester simplement dans l’opposition. Il l’affirme avec force : « Le Front national a incarné une opposition constante à chaque gouvernement et à chaque politique, explique-t-il. Aujourd’hui, nous sommes le Rassemblement national. On veut gouverner et on se donne les moyens de gouverner. » Un député plein d’ambitions… pour la France.

Aymeric Rabany

Tribune reprise de Boulevard Voltaire