Pouvoir d’achat : la grande arnaque ? – Par Jean-Yves Le Gallou

« Demain on rase gratis » : la vieille devise des politiciens de la IIIe et IVe République est redevenue d’actualité. Les deux derniers mois de la campagne présidentielle ont été consacrés au thème du pouvoir d’achat. Et l’une des premières lois du nouveau quinquennat va porter sur ce sujet.

Et l’argent, vous le trouvez où ?

On peut comprendre les préoccupations des Français dont les revenus du travail sont rongés par les prix de l’essence ou érodés par l’inflation. On sera moins indulgent pour les hommes politiques qui ont camouflé les réalités et pour les médias qui se sont méthodiquement gardés de poser la seule question sérieuse : et l’argent, vous le trouvez où ?

Avec une dette de 2900 milliards (115% du PIB) et un déficit annuel du commerce extérieur de 100 milliards, la question se pose effectivement : quand les Français produisent 100, ils dépensent 104. Qui peut croire que cela durera éternellement. ?

Oui, la question du pouvoir d’achat se pose mais encore faut-il s’interroger sur les déterminants de l’effondrement français.

Des charges croissantes pour les ménages provoquées par les politiques publiques

Regardons d’abord ce qui pèse sur les dépenses des ménages.

Il y a d’abord le prix de l’énergie : gaz, essence, électricité. Leur hausse ont des causes politiques : l’embargo sur le gaz russe d’un côté, les politiques de « transition énergétique » de l’autre, le sacrifice du nucléaire, le coût de l’éolien et du solaire, l’ouverture à la concurrence du marché européen de l’électricité. Vous voulez sanctionner les Russes et « sauver la planète » ? Bravo, vous êtes une belle âme, mais cessez de déplorer la hausse du prix à la pompe ou du coût du chauffage.

Il y a ensuite le prix des voitures – dont la possession reste indispensable pour tous ceux qui n’habitent pas en centre-ville – qui augmente fortement sous l’effet des règlementations, sécuritaires hier, climatiques aujourd’hui. Il faut bien payer les batteries fabriquées en Chine des voitures électriques…

Il y aussi le prix des logements : là aussi les règlementations (sécurité, énergie, accès handicapés) pèsent sur les coûts des constructions et des travaux.

Pour le logement, il y a une autre variable à prendre en compte, les conséquences mécaniques de l’immigration : des logements HLM aidés et des logements dont les prix baissent dans les quartiers de l’immigration qui s’étendent avec l’arrivée de 400 000 étrangers supplémentaires chaque année. Avec comme résultat la hausse des prix de l’immobilier dans les quartiers paisibles et où les enfants peuvent suivre « une scolarité plus sereine » comme dirait Pap Ndiaye.

Il y a aussi le coût de l’école qui n’est plus gratuite pour ceux qui veulent préserver leurs enfants de ses défaillances. Et qui se voient contraints de recourir aux écoles payantes, sous contrats (voire hors contrat), ou bien de choisir un logement cher pour s’adapter aux contraintes de la carte scolaire ou encore de payer des répétiteurs pour que les enfants apprennent à la maison ce que l’école enseigne de plus en plus mal.

N’oublions pas non les questions de sécurité : les salaires des 200 000 employés de la sécurité privée (près de 10 milliards, 85% d’hommes généralement issus de l’immigration) pèsent sur les charges d’exploitation des entreprises qui les répercutent sur leurs clients.

Les recettes du travail subissent la concurrence mondiale

Quant aux recettes du travail elles sont triplement pénalisées.

D’abord par le libre-échange mondial qui a mis en concurrence les salariés français avec les salariés du monde entier. D’où les délocalisations. D’où la désindustrialisation. D’où les poches de chômage. D’où les pressions à la baisse sur les salaires.

Ensuite par les « délocalisations à domicile », entendez l’immigration sans contrôle, régulière ou clandestine, tirant à la baisse les salaires de l’aide à la personne, de la restauration, du BTP, de la logistique. Et dire comme depuis un demi-siècle que les « immigrés font le travail que les Français ne veulent pas faire » mérite d’être doublement précisé :

– parmi ceux qui refuseraient les emplois, il y a bien des Français de souche mais aussi des étrangers et des français issus de l’immigration dont le taux de chômage est souvent trois fois supérieur au taux moyen ;
– en l’absence d’une main d’œuvre abondante et précaire venue d’ailleurs, les conditions de travail seraient améliorées et les salaires moins chiches : cela s’appelle la loi du marché…

Enfin le coût de l’État-providence augmente les charges des entreprises et diminue le salaire net versé aux travailleurs.

Or si on cumule salaire tiré à la baisse par la concurrence mondiale, poids des charges et des impôts pour financer la redistribution, coût des déplacements pour aller travailler, le revenu d’un travailleur pauvre n’est guère différent de celui d’un assisté. C’est évidemment un problème majeur.

Dommage que ces questions aient été littéralement évacués des débats électoraux.
Est-il possible qu’ils reviennent à l’Assemblée nationale à travers les groupes d’opposition, non pas la NUPES, ces pompiers incendiaires, mais LR ou le RN ?

Tribune reprise de Polémia