Conflit russo-ukrainien : la liberté des peuples dans la configuration géopolitique mondiale

Que faire, nous Européens ? Éternelle question, éternel dilemme, qui se pose aujourd’hui avec une acuité renforcée en Ukraine face à l’interventionnisme américain.
Une tribune signée Arnaud Guyot-Jeannin.

Depuis le déclenchement de la guerre le 24 février par Vladimir Poutine, il n’est de jours qui passent sans que les Français et les Européens se sentent impuissants à agir en faveur d’une paix négociée pouvant mettre fin au désastre d’une guerre européenne préjudiciable à tous les peuples. Pourtant, c’est ce que tout le monde souhaite, à commencer par les Ukrainiens et les Russes, malgré l’activisme belliciste de leurs minorités ultra-nationalistes respectives. Les logiques de domination nationalistes et impérialistes à l’échelle globale aboutissent à des rapports de force ne pouvant conduire qu’à une montée aux extrêmes où l’Ukraine et la Russie ont tout à perdre. Mais, où les États-Unis pensent qu’ils ont tout à gagner ! En effet, les desseins mondialistes d’une Amérique prédatrice et présidée par le vieux gâteux de la Maison Blanche, Joe Biden, ne sont plus à démontrer.

L’aboiement de l’Otan

Il faut être équitable. Après avoir condamné l’intervention russe en Ukraine, le pape François a déclaré au Corriere della Serra, le 3 mai 2022 : « C’est l’aboiement de l’Otan à la porte de la Russie qui a poussé le chef du Kremlin à mal réagir et à déclencher le conflit. » De son côté, Thierry Mariani, député européen du Rassemblement national, observe, à juste titre, dans les colonnes de Valeurs actuelles du 2 juin dernier : « Les Russes ne supportent plus d’être environnés de nations dont les élites, les diplomaties et les dirigeants sont biberonnés à un atlantisme belliqueux. Oui, les Russes pensent que le déversement massif et continu d’armements américains chez leurs voisins est un danger pour leur sécurité. Longtemps, la Russie a souhaité parvenir à un rapprochement avec l’Europe de l’Ouest et a travaillé en ce sens. Il est désormais à craindre que Moscou ne se soucie plus de nos nations, les jugeant inféodées aux États-Unis et désormais incapables d’indépendance sur la scène internationale. »

L’impuissance diplomatique de la France et de l’Europe dans ce conflit s’avère une réalité terrifiante. Néanmoins, il faut continuer d’appeler à la Pax Europa. Que faire d’autre ? On nous reprochera de ne pas être réalistes. Mais, avec Bernanos, nous savons que « le réalisme, c’est la bonne conscience des salauds ». Et puis, en matière de realpolitik, que proposent exactement les pro-ukraniens russophobes et les pro-russes qui méprisent les Ukrainiens ? Pas grand-chose, il faut bien le dire. Alors ? Alors, nous ne pouvons qu’appeler à cette paix européenne avec toutes les âmes et hommes de bonne volonté de la société politique et civile, qui savent bien que l’Occident américanocentré ne fera qu’encourager la poursuite de cette guerre pour affermir ses intérêts qui ne sont pas ceux de l’Ukraine, de la Russie, de la France et de l’Europe.

Thierry Mariani peut conclure ainsi sa tribune libre par ses mots de bon sens : « L’intérêt de la France n’est pas la victoire de la Russie ou de l’Ukraine dans le conflit qui les oppose. Notre intérêt, c’est le retour le plus rapide possible à la paix et à des relations normales avec la Russie. Cette évidence stratégique est aujourd’hui diabolisée par des esprits soucieux de vivre leur guerre d’Espagne par procuration. Cette évidence sera pourtant partagée par toujours plus de Français à mesure qu’ils subiront les effets économiques et sociaux catastrophiques de cette situation. D’ailleurs, les médias finiront peut-être par se lasser des exigences débordantes du président ukrainien. » De même que celles de Vladimir Poutine, bien que ce dernier représentera toujours, quoi qu’il fasse, la figure du Spectre dans le nouveau James Bond international qui se joue actuellement…

Tribune reprise de revue-elements.com