Stade de non-France – Finale la Ligue des champions : la racaille a gagné

La finale de la Ligue des champions, principale compétition de football européenne, a donné lieu à d’importants débordements samedi soir à Saint-Denis. Contrairement aux affirmations de Gérald Darmanin, ce ne sont pourtant pas les amateurs de ballon rond anglais qui ont provoqué les incidents mais les innombrables racailles locales. La police a également montré ses limites.

Gestion calamiteuse, faux billets, vols et violences : le grand rendez-vous footballistique de samedi entre Liverpool et le Real Madrid a viré au cauchemar ! C’est un traitement on ne peut plus sauvage qui attendait les dizaines de milliers de supporters anglais qui avaient fait le déplacement, massés pendant des heures dans un espace restreint aux abords du stade. Tandis qu’ils patientaient dans le calme, ils ont été rejoints par des hordes de délinquants issus des quartiers voisins, certains les agressant, d’autres grimpant les grilles du stade afin d’y entrer sans ticket.

Sans aucun discernement ni aucune retenue, la police a alors projeté son gaz lacrymogène dans la foule, y compris vers les femmes et les enfants. Cerise sur le pudding pour les fans de Liverpool, nombre de billets qu’ils possédaient étaient des contrefaçons. La chasse aux faux billets a d’ailleurs privé d’accès au stade de nombreux supporters qui possédaient des tickets achetés en bonne et due forme et cette organisation chaotique a retardé le coup d’envoi du match de plus d’une demi-heure.

Dès 23 h 45, Gérald Darmanin se mettait pourtant en scène sur les réseaux sociaux, diffusant une photo de sa personne au PC sécurité du stade avec un commentaire totalement déconnecté de la réalité : « Des milliers de “supporters” britanniques, sans billet ou avec des faux billets, ont forcé les entrées et, parfois, violenté les stadiers. Merci aux très nombreuses forces de l’ordre mobilisées ce soir dans ce contexte difficile. »

Durant tout le week-end, vidéos et témoignages ont contredit cette version. Rodolfo Amaya, président du club des supporters de Liverpool en France, a déclaré qu’il avait vu des personnes billet à la main « se le faire piquer » et que l’avant-match était « très dangereux ». Mais, d’après lui, la fin de la soirée fut tout aussi effrayante : « J’ai vu des personnes isolées se faire agresser pour récupérer leurs sacs, soit se faire directement racketter. »

Une famille espagnole venue soutenir le Real Madrid a livré un récit terrible au média espagnol 20 minutos, racontant que « des centaines et des centaines de jeunes du quartier, armés de cutters, traquaient et agressaient les supporters ». Le cauchemar avait commencé dès l’arrivée dans la zone de non-droit : « Nous nous sommes garés dans le quartier et un type est arrivé, s’est mis devant nous et nous a demandé 50 euros pour protéger le van. On a fini par lui en donner 40. » Des propos corroborés par Jim Beglin, ancien footballeur professionnel qui assistait au match. « Des gangs organisés se sont mis à agresser les fans qui partaient. […] Pas un policier en vue. »

Le quotidien sportif Marca, équivalent espagnol de L’Equipe, la bien-pensance en moins, n’y est pas allé par quatre chemins : « Il est évident qu’en France, depuis quelques années, il y a un grave problème d’immigration et de ghettos. […] Le Stade de France est situé au nord de Paris, dans un territoire devenu dangereux et les autorités françaises doivent y remédier, mais pas pour le bien des Jeux. Pour le bien du pays. »

L’organisation des Jeux olympiques d’été dans la région parisienne en 2024 suscite des inquiétudes depuis samedi, notamment chez Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qui doutent tous deux des capacités de la France à organiser des événements d’une telle ampleur. Marine Le Pen a exigé une enquête parlementaire, demande qui fait écho à celle de Joanne Anderson, maire de Liverpool. Emmanuel Macron pourrait bien traîner comme un boulet cette soirée catastrophique dont il était à l’origine, la France ayant à sa demande remplacé au pied levé la Russie pour l’organisation du match.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 30 mai 2022