Dans le football français, le Grand Remplacement est déjà une réalité

Samedi soir, le championnat de France a livré son verdict : champion le PSG, dauphin l’Olympique de Marseille et troisième l’AS Monaco. Un podium 100 %… étranger !

Le PSG est la propriété de l’émir du Qatar qui en a confié la présidence à son compatriote Nasser Al-Khelaïfi. Le directeur sportif est le Brésilien Leonardo et l’entraîneur l’Argentin Mauricio Pochettino. À Marseille, propriété de l’Américain Frank McCourt, la présidence déléguée est assurée par l’Espagnol Pablo Longoria, qui a recruté le coach argentin Jorge Sampaoli. Monaco appartient au Russe Dmitri Rybolovlev et le club est dirigé par deux vice-présidents, le Russe Oleg Petrov et l’Uruguayen Juan Sartori, qui ont nommé comme entraîneur le Belge Philippe Clement. Dans notre football, le français n’a même plus droit à la parole. Lors des conférences de presse, les entraîneurs Pochettino et Sampaoli s’expriment exclusivement en espagnol, et pour pouvoir exercer leur métier et rédiger leurs articles, les journalistes français ont besoin d’un interprète !

Si, à la tête des clubs, les étrangers ont pris le pouvoir, sur le terrain, c’est la même musique. Les joueurs français, pour la plupart de jeunes footballeurs issus de l’immigration souvent condamnés au rôle de remplaçants, sont devenus une minorité. Les statistiques (consultables sur les sites des clubs concernés) de la saison 2021/2022 en témoignent.

À Marseille, sur un effectif de 36 joueurs, on compte 21 étrangers, soit un pourcentage majoritaire de 58,3 %.
À Monaco, sur un effectif de 26 joueurs, il y a 16 étrangers, soit 61,5 %. Au PSG, le taux dépasse les 65 % ; sur un effectif de 32 joueurs, on compte seulement 11 Français (et encore, seuls deux sont des titulaires indiscutables sur le terrain, Kimpembe et M’Bappé) pour 21 étrangers : 3 Italiens, 3 Espagnols, 1 Costaricien, 1 Marocain, 2 Portugais, 4 Argentins, 1 Sénégalais, 2 Allemands, 2 Néerlandais, 2 Brésiliens…

Au PSG, il faut parler anglais et espagnol.

Conséquence : dans le vestiaire parisien, on ne parle plus français ! Cette saison, sous le titre « Paris, Détours de Babel », le quotidien sportif L’Équipe (2/11/2021) a d’ailleurs consacré un article à ce sujet, où l’on apprend que les étrangers du PSG, « s’ils comprennent le français dans leur majorité, joueurs et staff parisiens préfèrent le plus souvent s’exprimer dans d’autres langues, par réflexe et par facilité ». Exit le français, les langues les plus parlées sont l’espagnol, l’anglais, le portugais et l’italien. L’entraîneur donne d’ailleurs ses consignes uniquement « en espagnol ou en anglais ». Quant aux joueurs francophones, ils sont contraints de faire « l’effort de s’exprimer en espagnol ou en anglais » ! Toujours dans L’Équipe (30/10/2021), le Français Arnaud Kalimuendo, ancien espoir du PSG parti jouer au RC Lens, expliquait pourquoi il se sentait mieux dans le club du Pas-de-Calais : « Il y a moins la barrière de la langue. C’est plus francophone, ça aide. Paris, c’est un grand club, [mais] il faut parler anglais et espagnol. »

Voilà, charbonnier n’est plus maître chez soi. Le football français n’est pas à vendre, il est déjà vendu. La LFP (Ligue de football professionnel), qui organise le championnat de France (sponsorisé par la société américaine Uber Eats), vient ainsi de confier la gestion de sa filiale commerciale à CVC Partners Capital, un fonds d’investissement basé au Luxembourg.

Olivier Annichini

Tribune reprise de Boulevard Voltaire