Censuré sur Twitter : entretien avec Grégory Roose

Grégory Roose est un influenceur politique, actif sur de nombreux comptes sociaux. Il est aussi auteur de nouvelles, comme Train de nuit. L’Ojim lui a posé quelques questions sur la censure dont il vient d’être la cible et sur la façon dont il a réagi.

Grégory Roose, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je me décrirais comme un écrivain assez actif sur les réseaux sociaux pour réagir et faire réagir face aux nombreux dangers du progressisme et du “wokisme”, entre autres périls qui nous guettent.

Comment utilisez-vous Twitter, pourquoi et comment en avez-vous été évincé ?

J’étais utilisateur actif de Twitter depuis 2017 et m’en servais pour publier mes réflexions sur l’actualité, les menaces qui pèsent sur notre société ainsi que des réactions, souvent sur le ton de l’humour et du sarcasme, aux tweets d’autres utilisateurs, ce qui m’aura finalement valu le bannissement définitif de cette communauté virtuelle. Car la raison officielle de mon éviction est d’avoir réagi avec sarcasme et lassitude à un article de Libération dans lequel une féministe notoire prétendait le plus sérieusement du monde être menacée de mort en cas d’arrivée de Marine le Pen au pouvoir. Ma réaction à ce délire de persécution érigé en outil de propagande par la presse militante subventionnée ? “On va encore devoir supporter longtemps ces déficients mentaux ?”. Voilà. J’aurais pu dire “ces imbéciles”, ce qui revenait à la même chose, mais un obscur modérateur de Twitter a obéi à un délateur en fermant mon compte définitivement pour ce “comportement haineux en raison d’un handicap”. Orwellien. Pendant ce temps, d’autres insultent, menacent, harcèlent sans être inquiétés.

Avec plus de 38 000 abonnés qui suivaient mon compte, Twitter était pour moi un formidable outil de communication et de militantisme, certains de mes tweets ayant pu être lus plus d’un million de fois et parfois être repris dans la presse nationale. Ce fut notamment le cas lorsque j’ai lancé la pétition contre la venue de Médine au Bataclan qui fut ensuite reprise par la presse et d’autres militants ou quand j’ai publié un premier article sur ce qui deviendrait le scandale Nick Conrad qui appelait à “tuer des bébés Blancs dans les crèches” et à “pendre leurs parents”. On notera que Twitter a supprimé mon compte, mais celui de Nick Conrad est toujours en ligne. Twitter interdit le sarcasme à l’égard une féministe hystérique, mais tolère l’appel au génocide des Blancs.

Comment avez-vous répondu à cette censure ?

J’ai fait appel, pour la forme, mais sans grand espoir d’être entendu. Il fut unilatéralement rejeté en 1 heure et 3 minutes. Mon compte de secours vient de subir le même sort, trois jours après son lancement. Pourtant, j’ai démontré sans grande difficulté que cette censure était abusive en ce que le tweet incriminé n’enfreignait pas le règlement de Twitter : je n’ai menacé personne, ni appelé à la violence, ni harcelé. Le dialogue est impossible. Il me resterait bien la voie de la justice, ce qui me coûterait beaucoup de temps et d’argent pour un piètre résultat : même en cas d’improbable victoire, mon compte réactivé serait de nouveau banni au premier crime de lèse-wokisme. Le meilleur moyen de répondre à cette censure est donc de produire un travail de qualité sur le long terme. Si j’y parviens, d’autres utilisateurs pourraient prendre le relais en diffusant sur leur compte les réflexions qu’ils trouveront pertinentes, la sortie de mes nouveaux livres ainsi que des extraits.

Quels conseils donneriez-vous à un utilisateur de Twitter ?

Chevauchez le tigre ! Utilisez l’arme des adversaires à votre avantage ! L’humour et le sarcasme restent selon moi la meilleure arme pour contourner la censure des modérateurs tout en restant pertinents. Ces moyens d’expression m’ont permis de survivre longtemps en milieu hostile, mais le moindre écart de langage sera fatal dans tous les cas. Twitter est, comme d’autres réseaux sociaux, soumis à de très fortes pressions des autorités de l’UE pour faire des réseaux un espace exempt de toute critique contre l’immigration massive, l’écologisme dressé en religion, l’ordre établi, etc. L’Union vient d’ailleurs d’imposer une régulation renforcée et sous astreinte aux réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, Twitter ou TikTok et aux sites de vente en ligne. Concrètement, il sera demandé aux grandes plateformes de supprimer sous 24 heures tout contenu jugé “problématique”, notion volontairement vague, ce qui va mettre en danger la liberté d’expression et engendrer une censure encore plus excessive. La parole libre et la critique, même constructive, sont compromises sur les réseaux sociaux.

Où peut-on vous retrouver maintenant ?

J’écris une chronique chaque semaine pour Valeurs actuelles et je continue à communiquer activement sur mon site internet ainsi que sur Telegram, l’un des rares réseaux où la liberté de parole n’est pour l’instant pas totalement menacée. Et pour ceux qui aiment la lecture, je prévois de sortir trois livres cette année, dont deux recueils de nouvelles.

Tribune reprise de Ojim