« Restaurer le politique » : les interventions salutaires du colloque de l’Institut Iliade

Les combines de bas-étage qui se succèdent inlassablement lors des scrutins électoraux abîment la grandeur du Politique. En pleine campagne présidentielle, l’Institut Iliade lui a redonné ses lettres de noblesse, devant un auditoire nombreux et attentif, dans l’enceinte de la prestigieuse Maison de la Chimie, au cœur du VIIe arrondissement de Paris.

Ce thème toujours plus actuel est introduit par Philippe Conrad, membre fondateur et président de l’Iliade. Il rappelle l’urgence de redéfinir l’essence du politique, à l’heure où la démocratie est menacée par une crise aiguë de confiance, où notre civilisation vit une entreprise de déconstruction sans précédent. C’est le rôle métapolitique de l’Institut Iliade. Travail qui s’ancre dans la durée et permet de mobiliser toutes les énergies disponibles : des générations d’hommes et de femmes formées intellectuellement pour constituer le creuset d’une nouvelle élite, pour le sursaut et le réveil de notre civilisation européenne. L’illusion de l’optimisme progressiste et la fin de l’histoire prônée par Francis Fukuyama a fait long feu. Ainsi, au-delà de la conjoncture des élections, restaurer le politique, c’est remettre en cause la primauté accordée à l’économie, c’est lui rendre sa liberté face au gouvernement des juges, c’est remettre en cause la figure de l’homo festivus (Philippe Murray), contrecarrer les entreprises de subversion intellectuelle dont le wokisme n’est qu’un aspect, et dépasser la contradiction entre peuple et élite.

Le jeune philosophe Ego non est donc intervenu sur les fondements du politique en revenant sur l’hypothèse de son autonomie. En effet, le politique ne peut se réduire ou se confondre avec la morale, à l’esthétique ou au juridique. Cette autonomie posée, il s’agit ensuite de définir les critères d’identification de ce qui est politique en s’appuyant particulièrement sur deux grands penseurs, Carl Schmitt et Julien Freund, et notamment les travaux effectués par le premier sur la distinction entre ami et ennemi. Agir politiquement, c’est accepter la possibilité du conflit, exercer l’autorité et manifester de la puissance. Restaurer le Politique est donc un défi. Une entreprise qui ne peut se faire correctement sans le retour du sacré, souligne Javier Portella. Ce dernier est enfoui et il faut qu’il rayonne de nouveau au grand jour afin d’embrasser avec joie l’ambivalence foncière qui marque notre sort en tant que peuple, en tant que communauté inscrite dans l’histoire.

Reconquête « cognitive »

Cela ne peut se faire en dehors du réel. Pour nous Européens, le géographe Olivier Eichenlaub démontre qu’il faut mener une politique de puissance, celle-ci étant inexistante dans l’Europe technocratique de Bruxelles. La renaissance doit s’appuyer sur un appareil politique renouvelé et débarrassé de la veulerie qui a conduit le continent à son lamentable état de « dormition ». Parallèlement, il est plus que temps d’entamer aussi une reconquête « cognitive » en se réappropriant ou en redécouvrant l’histoire, la géographie et les particularités de chaque peuple d’Europe.

Un impératif qui se couple à celui de lutter contre la davocratie qui transforme l’homme en machine, comme l’explique l’écrivain Renaud Camus. En effet, le système qui a besoin que l’individu devienne un simple consommateur est sous-tendu par deux exigences : une croissance démographique du nombre de ces derniers et l’interchangeabilité du produit consommateur « homme ». C’est donc logiquement qu’on procède au remplacement systématique des populations à faible taux de croissance (Européens). Ce remplacement n’est possible s’il est nié et dénié, que si l’on ne pose pas de différence fondamentale entre ce qui remplace et ce qui est remplacé. Interdire le mot race constitue donc la proclamation du dogme de l’inexistence des races. Ce négationnisme tient, entre autres inepties, par une répression idéologique organisée par un système aux ordres d’ « un gouvernement des juges » magistralement décrypté par le professeur Frédéric Rouvillois.

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